BD : Kamel Khélif / La vulgarité moderne / Conflit syrien / La guerre européenne du parmesan

Même si c'est la nuit (détail), éd. Otium.
Même si c'est la nuit (détail), éd. Otium. - Kamel Khélif
Même si c'est la nuit (détail), éd. Otium. - Kamel Khélif
Même si c'est la nuit (détail), éd. Otium. - Kamel Khélif
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Kamel Khélif vous parle de son nouvel album "Même si c'est la nuit", et Bassma Kodmani de l'offensive sur Idlib. Les chroniques s'intéressent à la vulgarité et aux enjeux européens du parmesan italien.

Avec
  • Kamel Khélif Auteur, illustrateur de bande-dessinée
  • Bassma Kodmani directrice du think tank Arab Reform Initiative et membre du Comité des Négociations de l'opposition syrienne (CNS)

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur de bande-dessinée, Kamel Khélif, à l'occasion de la parution de son nouvel album, Même si c'est la nuit, aux éditions Otium : 98 planches, textes et dessins de Kamel Khélif. Un homme traverse de nuit sa ville - déambulation dans les rues d'une ville jamais nommée et pourtant, reconnaissable - Marseille.

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J'avais envie de faire un livre, un peu comme une lettre qu'on envoie à des amis. Mon personnage n'a pas de nom, la ville non plus n'est pas nommée, juste montrée, peut-être, à cause du manque de distance avec cette ville qui fait si complètement partie de lui qu'il ne peut la nommer. Et puis, de toutes façons, on est toujours nommé par les autres...

Même si c'est la nuit, éd. Otium.
Même si c'est la nuit, éd. Otium.
- Kamel Khélif

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

On trouve notre époque vulgaire, et il est vrai que même certains dirigeants politiques ont adopté un ton vulgaire comme signe de ralliement. Mais la vulgarité est-elle si moderne ?

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Les Etats-Unis accusent de nouveau le régime syrien d'utilisation d'armes chimiques alors que les bombardements s'intensifient dans la province d’Idlib. Ce dernier fief rebelle et jihadiste, un temps épargné par un accord russo-turc, est depuis 2 mois la cible d’une nouvelle offensive de Damas. Syrie : offensive sur Idlib, objectif militaire ou diplomatique ?

Xavier Martinet s'entretient avec Bassma Kodmani, directrice du think tank Arab Reform Initiative et membre du Comité des Négociations de l'opposition syrienne (CNS).

Le Journal des idées
5 min

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

L’Europe on n’y est pas… Non, mais alors pas du tout, je sais bien que l’on parle de paix européenne pour évoquer ces années de paix depuis 1945, années de paix apportées par la construction de l’UE, mais voilà la guerre recommence comme cela un vendredi matin sans crier gare, et ô malheur, à quelques heures du début du scrutin européen en France... 

Cette guerre vous le savez peut-être est la guerre du parmesan, elle est largement détaillée dans Les échos : le premier exportateur de parmesan, alias Nuova Castelli, est sur le point d’être racheté par un français, Lactalis pour ne pas le nommer. Du coup les italiens protestent, peut-être parce qu’ils redoutent que le sort réservé au parmesan italien soit celui de la feta, vous savez la feta Salakis, personne n’a envie de devenir de la feta Salakis, un machin blanc en polystyrène baignant dans de l’eau salée. Le parmesan Lactalis c’est un peu comme le saucisson Ferrero Rocher : c’est quelque chose qui écœure déjà les italiens, et leur fait peur, peut-être aussi parce qu’ils appréhendent que les producteurs laitiers italiens connaissent le même sort que leurs homologues français, lesquels sont écrémés depuis des années par Lactalis. 

Mais il y a aussi du patriotisme culinaire dans la réaction italienne, réaction tout de même amusante lorsque l’on sait que Nuova Castelli est détenu depuis 2014 par Chartehouse, un fond d’investissement aussi soucieux de gastronomie que Volkswagen l’est de qualité de l’air. Du coup, le ministre de l’agriculture italien lequel appartient à un gouvernement qui s’est fait élire sur une plateforme de reconquête du ravioli, explique qu’il faudra le râper tout cru pour qu’il accepte cette vente, déclaration purement verbale : il est à peu près aussi impuissant à empêcher cette vente qu’à arrêter la cuisson des Barilla avec le pouvoir de son esprit. 

Bien évidemment, tout ceci a l’heure où l’on parle de l’Europe unie, ça la fiche un peu mal, il faudrait juste que nous, les français, ne nous vexions pas trop à l’idée que les italiens préfèrent laisser le parmesan aux anglais plutôt que de nous le vendre. A croire qu’ils redoutent la panzanification du parmesan, lequel deviendrait à l’avenir l’équivalent fromager de ce que sont pour nous, gaulois, les nouilles trop cuites. 

@PetitsMatinsFC

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