France Culture
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Où il sera question de boucles d'enfance, d'un paysage qui renaît, de femmes disparues, d'un musée qui revit, de l'évolution du travail, de l'anti-démocratie dans l'union européenne, de la désinformation climatique, de la démission en politique.

C’est l’hiver qui abrite une renaissance. Un paysage blanc comme un épais tapis. Qui impose le silence. On en profite pour dormir encore un peu. Rester là. Et attendre que ça change. Que le silence se brise Attendre que le silence se brise. Attendre de voir ce qui va sortir de la glace. Regarder la chute. Celles des boucles rousses de l’enfance, coupées, au ciseau comme pour sonner la fin du jeu. C’est un visage rond. Qui gagne en sérieux. Qui porte encore sur lui les traces d’une enfance en train de fuir. Le corps tout blanc d’une petite fille qui se confond avec les draps. Des cheveux roux ébouriffés de sommeil. Et un regard lui bien éveillé. Un regard bleu clair, qui fixe l’objectif. Sur son visage joufflu et grave, sur la blancheur douce de sa peau, elle porte sur elle, les boucles coupées de ses cheveux. Disposés sur son front, sur ses joues, comme un déguisement. Un jeu qui ne la fait pas rire. C’est comme ça qu’elle a décidé d’apparaître aujourd’hui, ça veut dire quelque chose. C’est le déguisement qu’elle a choisi aujourd’hui. Un masque fait d’elle même. Une manière de se révéler plutôt que de se cacher. Porter sur elle, en elle, encore enfant, les trace de ce qu’elle est, de ce qu’elle va cesser d’être. Les petites boucles douces de son enfance envolées. Le temps qui avance sous la neige, inexorablement. Avec le paysage qui fond, il y a les cheveux roux qui repoussent, d’autres, de nouveaux. Il y a ce corps qui grandit et qui attend de se lever.Un corps qui attend ses propres aspérités. Tout comme le paysage dehors recouvert de son tapis. Les reliefs ne vont pas tarder à s’élever. C’est une métamorphose silencieuse. On ne cherche pas la révolution ici. On se contente de changer. De " caresser les légendes" tout comme le titre de cette exposition à la galerie du Crochetant dans la ville suisse de Monthey. Caresser les légendes, là où l’on peut voir les photos d’ Elodie Ledure. Cet hiver qui nous prend tout entier, qui nous enroule dans son tapis. La photographe qui a constitué cette série de silence et de froid nommée Apnée. Des paysages en suspens, en attente de renaître. "Des images qui dit-elle, pourtant ont une musique".

(TAPIS MUSICAL : Flunkie - Real People Having Fun)

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