Avia Terai (Province de Chaco - Argentine), issue de la série El Costo humano - Pablo Ernesto Piovano (avec l'aimable autorisation de l'auteur)
Avia Terai (Province de Chaco - Argentine), issue de la série El Costo humano - Pablo Ernesto Piovano (avec l'aimable autorisation de l'auteur)
Avia Terai (Province de Chaco - Argentine), issue de la série El Costo humano - Pablo Ernesto Piovano (avec l'aimable autorisation de l'auteur)
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Résumé

Il sera question de tenir debout, de la meilleure façon de marcher, d'une route à faire ensemble, de la fin des intellectuels, de visages qui hantent, de corps courageux.

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Notre image du jour, il faudrait pouvoir tenir son regard. Accepter que cette photo a été prise un jour, dans notre monde, à notre époque. Là encore il s’agit d’une série de photographie. Mais j’en choisis une. Celle peut-être qui, sortie de son contexte, cache le mieux son jeu. On devine un ciel gris dans le noir et blanc de cette image. Le décor c’est un champ de tournesols. Les fleurs sont lourdes, et baissent la tête. La terre dans laquelle elles poussent est sèche. Entre deux rangées de tournesols, il y a un enfant, assis parterre. Un corps qui semble minuscule parmi les fleurs géantes. Il doit avoir 2 ans tout au plus. Son visage souriant, lumineux regarde une femme au dessus de lui, qui doit être sa mère. La tête baissée sur l’enfant, on ne voit pas ses yeux, cachés par une mèche de cheveux. On devine simplement un sourire. Et encore. En tous cas, un visage absolument tournée vers l’enfant, qui le surveille, l’interroge, le prend tout entier en considération. Leurs mains se rejoignent presque sans se toucher. Cela se passe dans le village d’Avià Terai, dans la province de Chaco. Dans le Nord de l’Argentine. Une des provinces qu’a sillonnées le photographe Pablo Ernesto Piovano, récompensé en 2015 pour son travail photographique menée dans les villages argentins où les cultures transgéniques au glyphosate sont autorisées depuis 1966. Sa série, el Costo humano, le coût humain, nous fait entrer dans les maisons, les jardins, les écoles, où les adultes, les enfants, les nouveaux- nés, présentent, mal formations et maladies grave en nombre. En 2012, nous apprend-il, 60% des terres argentines sont cultivées aux pesticides. Le gouvernement s’appuyant depuis des décennies, sur les études mêmes de Monsanto. Etudes qui nient le danger de ces produits sur la santé humaine. L’enfant dans le champs de tournesol est assis parce qu’il ne marche pas et ne le pourra sans doute jamais. Il y a dans cette série de Pablo Ernesto Piovano des dizaines de photos dans ce genre, enfants au visages souriants, ou regard lointain, debout, attelles aux jambes, soutenus fermement par leurs parents. Des visages qui nous disent que tenir debout, et le rester, est une question de regard, et qui nous demandent en fait, une bonne fois pour toute, de nous lever.

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The end of intellectuals, la fin des intellectuels. Chanson de The Absence. Une chanson qui n’a de concordance avec notre thème que dans son titre. Un titre auquel j’ai pensé en lisant cette interview du sociologue Laurent Jeanpierre parue dans le Télérama de cette semaine, et disant qu’il fallait "se résigner au deuil de l’intellectuel universel". "La France est devenu un trait d’union plutôt qu’un centre, dans ce domaine".

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Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Emilie Chaudet
Emilie Chaudet
Production
Élodie Piel
Collaboration