Au temps où les Arabes dansaient, Radhouane El Meddeb
Au temps où les Arabes dansaient, Radhouane El Meddeb
Au temps où les Arabes dansaient, Radhouane El Meddeb  - Agathe Poupeney / Photoscene
Au temps où les Arabes dansaient, Radhouane El Meddeb - Agathe Poupeney / Photoscene
Au temps où les Arabes dansaient, Radhouane El Meddeb - Agathe Poupeney / Photoscene
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Résumé

Où il sera question d'une danse du ventre masculine, d'un apprentissage du corps, d'un oiseau des tempêtes, d'une économie qui n'existe pas, d'une mémoire incomprise, d'une population mal entendue.

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Ce sont des corps qui s’apprivoisent en direct. Sur un plateau noir, privé de décor, juste jonché de petits tapis à franges. 4 hommes sont alignés sur la scène dans la pénombre, pantalons, chemise, barbe bien taillée quand elle existe. Ca commence par un mouvement des pieds comme s’ils essayaient de s’entortiller sur eux-même, puis les jambes suivent, pour très vite arriver au bassin qui se balancent doucement, très lentement, comme au ralenti Il y a le silence, les souffles de chacun des danseurs. Un souffle qui accompagne, qui scande les mouvement du bassin. Bientôt il y a aussi les bras. A ce moment là, il n’ y a aucun sourire possible sur les visages. Il y a de la concentration, de l’application dans les mouvements. Une tentative de précision, et de froideur qui s’immisceraient dans les ondulations sensuelles du corps. Comme un apprentissage. Comment maîtriser le mouvement pour mieux s’abandonner au geste. Le faire sien. Et le donner ce mouvement du bassin, à l’autre. Offrir son corps de cette manière. Et puis dans le silence, 3 danseurs s’assoient accroupies en tailleur ou avachis à même le sol, et regardent un 4è danseur, qui décomposent non pas le geste mais sa sensualité. La lenteur et le silence. La transpiration, le souffle et la proximité des corps. Un deuxième danseurs enlève sa chemise noire pour en faire un foulard, attraper par la taille celui qui offre sa danse du ventre. Les deux hommes se tournent autour. Puis le deuxième, celui a enlevé sa chemise enveloppe la tête de son partenaire de cette même chemise noir, lui couvre, la tête puis le bas du visage, le visage tout entier. Comme pour faire taire son corps et sa danse. Ce n’est qu’au bout de 40 minutes de spectacle, que la voix de la chanteuse égyptienne Asmahan se fait entendre, Habibi Taala. Les quahommes dansent ensemble, s’abandonnent aux tremblements, aux soubresauts, aux ondulations de leurs corps, et leur visage au fil de la danse collective, s’illuminent. Ils dansent ensemble, et s’y abandonnent. Au temps où les Arabes dansaient c’est ce spectacle du chorégraphe Radhouane El Meddeb qui se joue ce soir, au TANDEM, scène nationale, à l’hippodrome de Douai. Une danse collective, ici masculine. Une danse faite des souvenirs d’un monde que le chorégraphe considère comme disparu. Un mouvement du corps qui cherche à se sortir de lui-même. Trouver son propre geste, sa propre jouissance, sa vie propre.

JUKEBOX

Woman is the nigga of the world. "La femme est le nègre du monde", si on traduit de manière littérale cette chanson de John Lennon et Yoko Ono. John Lennon qui avait d’ailleurs expliqué en parlant de cette chanson, il ne s’agit pas d’être Noir pour être considéré comme un nigga dans notre société, il s’agit de toute une partie de la population pour lesquels on se permet de décider, de dicter les comportements. Ce qui m’amène à vous parler de cette nouvelle polémique apparu surtout dans la presse britannique, et notamment the Guardian, ces dernières semaine, sur le dernier ouvrage de mémoires, de l’actrice Tippi Hedren, icône Hitchcockienne, héroïne des Oiseaux ou de Pas de printemps pour Marnie. Mémoires dans lesquels elle décrit le caractère tyrannique du cinéaste qui l’a faite connaître au monde. Des tentatives de viols répétées, une porte secrète qui communiquait entre le bureau du cinéaste et le dressing de l’actrice. La comédienne qui raconte encore comme le tournage des scène clés du film les Oiseaux ont finalement été tourné avec de vrais oiseaux et de vrais risque pour l’actrice. Comme une punition, selon elle, pour avoir refusé les avances d’Alfred Hitchcock. Des accusations rejetés par les experts et biographes du cinéastes notamment John Russel Taylor ou Tony Lee Moral, cités dans The Guardian, qui accusent Tippi Hedren de mentir, par amertume. Ses propos ne concordent pas en effet selon eux, avec les récits d’autres proches du cinéaste.

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Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Production