Dans la "Jungle" le 6 mars
Dans la "Jungle" le 6 mars  - Marie Magnin pour Libération (avec l'aimable autorisation de l'auteure)
Dans la "Jungle" le 6 mars - Marie Magnin pour Libération (avec l'aimable autorisation de l'auteure)
Dans la "Jungle" le 6 mars - Marie Magnin pour Libération (avec l'aimable autorisation de l'auteure)
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Où il sera question de Calais, de nulle part, de Zorro, d'ivresse, de langue râpeuse, de la meilleure manière de faire le mort, de la meilleure raison pour faire la gueule.

Tu n’as rien vu à Calais. La référence durassienne pourrait apparaître hasardeuse à plus d’une oreille. Mais le fait est que la question se pose. Alors que l'idée d'une fermeture définitive du camp de réfugiés, on peut se poser la question : a-t-on tout vu de Calais. Probablement non. Il y a même beaucoup de choses que l’on imagine pas. De ce lieu où des milliers de migrants attendent de pouvoir continuer leur périple, dans les pires conditions qui soient, en France. A-t-on tout vu de Calais ? ici, l’image qui nous apparaît, est celle d’un grand calme, d’un grande solitude. Une photo qui nous fait entendre comme un silence. En plein ce qu’on appelle la "jungle". Quelques baraquements, cabanes et tentes apparaissent en noir et blanc, tout en bas de la photo en noir et blanc, comme une première couches de petits espaces confinés, qui contrastent avec le ciel, gris blanc, qui prend toute la place restante sur cette photo. Au centre, un arbuste mort se dresse au milieu des abris. A droite au premier plan, un homme de dos, grosse veste en cuir, bonnet sur la tête, mains dans les poches. C’est une photo prise le 6 mars dernier par Marie Magnin que l’on peut voir aujourd’hui dans le journal Libération. Une photo qui illustre l’article du géographe Gilles Fumey, Jungle de Calais : lieu de nulle part. Des mots se posent sur ce vide et ce silence que l’on perçoit au premier plan de l’image. Nulle Part. Que dirons-nous de ce lieu aux générations futures, pourrons-nous encore le situer. Voudrons-nous ? A Calais il y a quelques mois, nous circulions sur les routes boueuses des abords du camps avec une collègue reporter. Une serveuse rencontrée dans un bar du centre ville de Calais, avait accepté de nous y emmener. Sur la route, elle nous explique qu’à l’emplacement ce que l’on appelle maintenant « la jungle », il y avait un centre de vacances pour enfant. C’est là qu’elle passait tous les étés. Elle nous en situait l’entrée, les vestiaires, les bâtiments, et ses souvenirs d’enfance, qui contrastait avec ce paysage désolé que nous découvrions. Qu’y aura-t-il dans quelques décennies à la place de ces tentes, de ces baraquements ? Pourrons-nous oublier cette histoire si facilement. Devons-nous l’oublier ? C’est donc aujourd’hui, la photographie d’un nulle part que notre image du jour. Ce même genre de sensation qui peut surprendre au réveil, dans le noir, ces moments où dans un univers familier, nous nous demandons pendant quelques secondes où nous sommes tombés.

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Je fais le Mort, par Juniore, sur son disque éponyme sortie au printemps dernier. Le Monde a publié hier une enquête de l’Insee selon laquelle 14% des sans abris environ ont suivi des études supérieures, et 10% sont diplômés. Rencensement effectué il y a 4 ans dans d’hébergement des lieux de distribution de repas et des banques alimentaires. Le nombre de personnes privées d’un domicile personnel était, à l’époque, estimé à 143 000, dont 30 100 enfants nous apprend le journal en ligne. Enquête qui nous dit aussi que un quart des SDF ont un emploi. Ses auteurs le démographe Philippe Cordazzo et le sociologue Nicolas Sembel, soulignent que "le phénomène de déclassement s’étend, et le diplôme ne protège plus de la précarité".

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L'équipe

Emilie Chaudet
Emilie Chaudet
Emilie Chaudet
Production
Élodie Piel
Collaboration
Mydia Portis-Guérin
Réalisation