Alina Serban dans Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019.
Alina Serban dans Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019.
Alina Serban dans Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019. - Copyright Destiny Distribution
Alina Serban dans Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019. - Copyright Destiny Distribution
Alina Serban dans Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019. - Copyright Destiny Distribution
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Résumé

Marta Bergman vous parle de son film "Seule à mon mariage", et Adrien Fauve de la transition dans l’ombre de Nazarbaïev au Kazakhstan . Les chroniques s'intéressent aux hommages et émotions qui se multiplient après l’incendie de Notre-Dame de Paris.

avec :

Marta Bergman (Réalisatrice), Adrien Fauve (Enseignant chercheur à l'Université Paris-Sud).

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@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Marta Bergman, réalisatrice belge, qui sort son premier long-métrage de fiction Seule à mon mariage qui retrace l'histoire d'une jeune femme rom, Pamela, qui décide de changer son destin.

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Je suis née en Roumanie, j'y ai vécu dix ans et c'est via la musique que j'y suis revenue. J'ai eu envie de filmer non seulement la musique mais aussi des gens complètement différents de ce que j'avais l'habitude de voir ; qui étaient fantasques, drôles, insolents et qui voyaient les choses d'une manière très libre. J'ai vu là-bas un potentiel d'histoires et de personnages et de choses que moi j'avais envie de voir au cinéma. 

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Affiche de Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019.
Affiche de Seule à mon mariage de Marta Bergman, en salles le 17/04/2019.
- Copyright Destiny Films

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Dans la presse, les hommages se multiplient après l’incendie de Notre-Dame de Paris : historiens et géographes, écrivains, philosophes… Morceaux choisis

« Nous commençons par construire des édifices ; ce sont eux qui nous construisent ensuite » disait Churchill. Le philosophe Mickaël Labbé évoque dans Libération l’émotion collective suscitée par l’incendie de la cathédrale, « incarnation quintessenciée de cet « art de faire chanter le point d’appui » dont parlait Auguste Perret. Notre-Dame, plus que tout autre monument, symbolise les puissances d’une architecture qui donne sens et présence à la signification non mesurable d’une communauté ». C’est, à travers « les scènes de stupeur et de larmes » de la foule sidérée par le gigantesque brasier, la signification qu’il attribue à l’événement : « la forme et la possibilité même d’être un nous dépendent essentiellement des lieux que nous habitons ». 

Et sous le visage familier, l’image vraie de notre histoire collective, se profilent aussi d’autres horizons, comme le rappelle le géographe Gilles Fumey. « Car il a fallu la pile romaine, la voûte persane, l’arc arabe, l’émail sassanide, la peinture copte, la miniature byzantine, les traditions d’Euclide et d’Aristote, la science de Pline, la Bible venue de Bethléem et du Sinaï, la théologie des pères du désert. »

« Nous étions venus de partout, croyants et incroyants », souligne François Sureau dans La Croix. « Derrière nous se formait l’immense cortège des ombres invisibles que la cathédrale avait protégées Vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois revivaient dans la lueur des flammes, dans l’étreinte de ces deux jeunes gens qui n’avaient pas vingt ans et dont je n’oublierai jamais le visage ravagé par les larmes.»

Pour Régis Debray dans Le Figaro, « difficile de ne pas attacher une portée symbolique à la catastrophe ». Selon lui, « d’être située au cœur de la capitale donne à la basilique métropolitaine la résonance d’un bourdon d’orgue étrangement patriotique » et, du coup « c’est une certaine substance populaire et nationale qui est atteinte, à travers un point nodal de la communauté civique, un facteur de concorde et non de discorde, le point zéro des routes de France, où ont pu converger deux filiations souvent brouillées, la religieuse et la politique. » Même si nous avons débouté « l’alliance entre les Églises et l’État, le plus laïque d’entre nous ne peut récuser cette continuité millénaire » : c’est à Notre-Dame « que fut célébrée sous la Révolution la prise de la Bastille, et ensuite la déesse raison. Il y fut chanté le Te Deum pour Charles VII et pour Charles de Gaulle, et célébré les funérailles de Turenne comme du général Leclerc. On y bénissait les étendards, on y suspendait nos drapeaux. » Que reste-t-il dans les ruines encore fumantes, de « sa charpente et ses flèches, ses secrets et ses rites  ? » Notre civilisation, réduite à passer « de l’ère de la commémoration à celle de l’archéologie » et ce qui irriguait nous laissant à sec  ?

Dans le regard distancié du britannique Graham Robb, si Notre-Dame est bien un chef-d’œuvre de l’art médiéval, c’est aussi « un grand monument romantique, tant l’édifice actuel est le fruit de l’imagination de Viollet-le-Duc, assisté de Victor Hugo et des névroses de son temps ». En particulier les gargouilles et chimères, destinées au départ à l’évacuation des eaux de pluie, érodées au fil du temps par leur fonction. Graham Robb, écrivain amoureux de notre pays, rendait compte de l’ouvrage de Michael Camille Les Gargouilles de Notre-Dame (Alma, 2011) dans le mensuel Books qui a eu l’heureuse idée de remettre son article en ligne. Au moment où l’on commence à parler de la reconstruction, à l’identique ou non, il faut se souvenir que Viollet-le-Duc s’est en partie inspiré du roman de Victor Hugo. Les sculptures perchées sur les tours et les galeries, « n’étaient pas le fruit d’une simple restauration, mais le dernier avatar en date de la conception hugolienne du style gothique ».

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Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Une élection présidentielle anticipée le 9 juin : l'annonce du président intérimaire Tokaïev il y a une semaine est une deuxième surprise après la démission de Noursoultan Nazarbaïev au bout de 30 ans de pouvoir. Le calendrier accélère : pour verrouiller l'héritage ou favoriser une transition ? Kazakhstan : une transition dans l’ombre de Nazarbaïev ?

Xavier Martinet s'entretient avec Adrien Fauve, professeur à l'Université Paris 8, spécialiste du Kazakhstan.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Tout le monde a-t-il manifesté de l’émotion après l’incendie de Notre-Dame ? 

Eh bien oui, et c’est une figure moderne : toute la France ou presque a manifesté de l’émotion après cet incendie, à deux ou trois exceptions près, et lorsque je dis deux ou trois exceptions près, c’est pratiquement à entendre au sens propre. Alors, avec les réseaux sociaux, de nouveaux thèmes récurrents sont apparus comme après chaque catastrophe, depuis l’attentat de Charlie jusqu’à l’incendie de Notre-Dame, on les voit réapparaître.

1) Il y a des théories complotistes : et après l’incendie de Notre-Dame, celles-ci prolifèrent comme on pouvait s’y attendre, toutes expliquent en substance qu’un incendie accidentel n’aurait jamais produit de tels effets 

2) Une poignée de personnes, et c’est vraiment un tout petit nombre de personnes, signalent qu’elles ne communient pas avec l’émotion collective, et les réseaux sociaux de les lyncher comme ils savent si bien le faire… 

Mais, en réalité, le complotisme va de pair avec le refus de l’émotion collective, puisque dans les deux cas il s’agit de dire que la communauté nationale est manipulée, alors dans un cas par un pouvoir occulte, et dans l’autre par une émotion qui en réalité n’a pas lieu d’être. Le paradoxe, c’est que notre société décomposée se recompose à chaque catastrophe, comme s’il lui fallait fabriquer du sacré pour retrouver temporairement sa cohésion, or le sacré, c’est l’une de ses caractéristiques, appelle le sacrilège. 

Et c’est précisément parce que tout le monde est d’accord pour communier dans la tristesse après l’incendie de Notre-Dame qu’un nombre homéopathique de personnes se saisissent de cet événement pour signaler leurs différences, leur désappartenance à la communauté nationale — c’est une désappartenance toute relative puisque même les marges appartiennent à la feuille. Et de manière plus contournée, probablement moins consciente aussi, ceux qui adhèrent à des théories complotistes se distinguent également de la communauté nationale en signalant par leur adhésion à des théories de ce type, parce que disent-ils, ils ne veulent pas être dupes de la version officielle. 

C’est quelque chose finalement d’assez rassurant, plusieurs siècles après le Moyen Âge de Notre-Dame, de se rendre compte que toute orthodoxie continue à appeler son hétérodoxie — il ne peut pas toujours y avoir de création de règles : quand il y a création de règles, il y a à chaque coup des exceptions. 

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