Jerry Schatzberg et Olivier Lorquain commissaire de l'exposition "Off grand Concourse" au Château de Chamarande, jusqu'au 1er septembre 2019.
Jerry Schatzberg et Olivier Lorquain commissaire de l'exposition "Off grand Concourse" au Château de Chamarande, jusqu'au 1er septembre 2019. - ©Alexis Harnichard
Jerry Schatzberg et Olivier Lorquain commissaire de l'exposition "Off grand Concourse" au Château de Chamarande, jusqu'au 1er septembre 2019. - ©Alexis Harnichard
Jerry Schatzberg et Olivier Lorquain commissaire de l'exposition "Off grand Concourse" au Château de Chamarande, jusqu'au 1er septembre 2019. - ©Alexis Harnichard
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Jerry Schatzberg vous parle de l'exposition qui lui est consacrée, et Jean-Pierre Cabestan des manifestations à Hong Kong. Les chroniques s'intéressent à la menace des dérives des GAFA et à la retraite de Tony Parker.

Avec

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Jerry Schatzberg. Ce jeune cinéaste photographe de 91 ans qui travailla pour Vogue, Esquire, Glamour, dans les années 50-60 et fit partie de cette génération d´artistes qui firent descendre la mode dans la rue, obtint la Palme d’or au Festival de Cannes en 1973 pour son film L’Epouvantail. Il est aujourd'hui mis à l'honneur à l'occasion d'une première rétrospective en France de ses photographies, Off grand Concourse, exposées au Château de Chamarande, jusqu'au 1er septembre 2019. Traduction : Oona Seiler. 

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J'ai commencé à travailler dans l'entreprise familiale, c'était des fourreurs, j'ai détesté ça, et je prenais mes déjeuners dans un magasin où on vendait des appareils photos. Je me perdais là-dedans, je passais plus de deux heures, j'arrivais en retard à l'usine, mon père me grondait. Ensuite, j'ai travaillé comme assistant photographe pour le New York Times, j'ai dit que je n'y connaissais rien en photographie, que petit, j'avais un appareil photo en plastique, que surtout j'avais envie d'apprendre. On m'a dit : viens, on va voir ce qu'on peut faire. 

Sharon Tate, Californie 1967 - Tirage argentique - 39 x 58 cm.
Sharon Tate, Californie 1967 - Tirage argentique - 39 x 58 cm.
- ©Jerry Schatzberg
1h 00

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les récentes dérives des GAFA rappellent que la constitution de monopoles représente une menace pour l’économie et la société.

C’est ce que souligne Nicolas Baverez dans le FigaroVox : « les Gafa se sont érigés en une hyperpuissance technologique hors de tout contrôle, que ce soit celui de l’État, du droit ou des citoyens. Ils fonctionnent comme une alliance de monopoles qui, par leur taille et leur avance technologique, concentrent un formidable pouvoir de marché en quadrillant l’économie numérique ». L’industrie numérique « a engendré deux monstres » : face au monopole des Gafam s’érigent désormais les bras armés du capitalisme totalitaire chinois - Baidu, Alibaba, Tencent, Huawei ou Didi – « alimentent un Big Brother digital fondé sur la reconnaissance faciale et le système du crédit social. Ces deux blocs technologiques sont au cœur de la guerre froide qui oppose désormais les États-Unis et la Chine ». C’est pourquoi, s’il faut introduire de la régulation dans la puissance phénoménale des géants du net, et notamment les astreindre à une fiscalité plus juste, l’éditorialiste estime que « le rétablissement de la concurrence dans l’industrie numérique ne doit pas être mis au service d’une réglementation paralysante mais bien de la recherche et de l’innovation », face au défi chinois. Il rappelle qu’« un tournant décisif est intervenu à partir de 2016. L’Union européenne, dont le grand marché est vital pour les Gafam – exclus de la Chine et de l’Inde – a institué le premier régime de protection des données personnelles en mai 2018 » et les a lourdement sanctionnés « pour la violation des règles de concurrence et les pratiques d’évasion fiscale – Google cumulant 8,3 milliards d’euros d’amendes ». Les États-Unis lui ont emboîté le pas : un accord « est intervenu entre le département de la Justice et l’autorité de la concurrence confiant au premier le soin d’enquêter sur Apple et Google, à la seconde la supervision de Facebook et Amazon ».

« Les États du monde entier vont-ils se mettre d’accord sur une grande réforme fiscale pour taxer les entreprises multinationales là où elles réalisent leurs activités et engrangent des profits ? » C’est la question que pose Marc Vignaud sur le site de l’hebdomadaire Le Point en évoquant la réunion des ministres des Finances du G20, qui s’est tenue ce week-end à Fukuoka, au Japon. Preuve de l’importance du moment, les ONG comme Oxfam expriment beaucoup d’espoir : « Si les gouvernements adoptent les mesures nécessaires, ces négociations pourraient fortement transformer la manière dont toutes les multinationales (et pas seulement les géants du numérique) sont imposées. » Un processus qui pourrait sonner le glas des paradis fiscaux, et « marquer le début d’une ère de plus grande justice fiscale, où les pays pauvres seraient en mesure de réclamer leur juste part de recettes fiscales aux multinationales », afin de « combattre la pauvreté et les inégalités ». Parmi les mesures envisagées, un taux d’imposition minimal, avec la possibilité de le faire évoluer dans les pays de consommation. Pour la France, la médaille a son revers : dans le domaine du luxe, « l’Hexagone voit remonter de juteux profits de ses multinationales », qui seraient diminuées en cas d’imposition par les pays consommateurs. « Mais ces pertes pourraient être compensées par une meilleure taxation des multinationales implantées sur son territoire, américaines notamment. » Le Royaume-Uni soutient quant à lui l’application de ce principe aux seules entreprises du numérique. Or la numérisation croissante de l’économie a tendance à effacer les frontières entre les activités. Résultat des courses d’ici fin janvier 2020.

Si vous voulez tout savoir sur le numérique, la différence entre internet – l’infrastructure – et le web – la toile et le système des réseaux, des liens et des nœuds, voire des hubs qui concentrent un nombre très élevé de liens, je recommande le livre de Fabien Tarissan, publié aux éditions Le Pommier sous le titre Au cœur des réseaux. Pour être outillé plutôt qu’instrumentalisé… L’auteur enseigne la science des réseaux, une discipline nouvelle, née dans les années 90 de la théorie des graphes, une branche des mathématiques qui s’intéresse aux structures relationnelles. Elle trouve aussi des applications dans le champ des sciences humaines, pour étudier comment se structurent les relations entre individus. En particulier ce que le sociologue Mark Granovetter a défini comme « la force des liens faibles ». Contrairement aux liens forts – familiaux et personnels, ou encore de travail – les liens faibles – rencontres de circonstance, déterminées par une cause aléatoire – contribuent « à élargir le cercle social de ceux qu’ils mettent en contact ». Le web l’illustre parfaitement, et c’est particulièrement vrai dans les sites de rencontre amoureuse, étudiés pat trois livres dont Xavier de la Porte rend compte dans les pages idées de L’Obs. Aller « au-delà de son cercle de sociabilité » sans pour autant s’engager, multiplier les rencontres le plus souvent éphémères, la Toile est le royaume des « liens faibles ». Tout en constituant un réseau dont la solidité et l’étendue se mesurent à la multiplicité de ces liens.

57 min
En savoir plus : Qui a peur du RGPD ?
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Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Hongkong a vécu, dimanche l’une de ses manifestations les plus importantes depuis sa rétrocession, en 1997 : plus d'un million de personnes ont manifesté contre le projet de loi prévoyant d’autoriser les extraditions vers la Chine. Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif a écarté tout abandon du projet. Chine - Hong Kong : un pays, toujours deux systèmes ?

Xavier Martinet s'entretient avec Jean-Pierre Cabestan, Directeur du département de sciences politiques à l’université baptiste de Hong Kong, directeur de recherche au CNRS et chercheur associé à Asia Centre.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Tony Parker prend donc sa retraite.

Et oui, tous vos journaux l’évoquent, même ceux qui ne se soucient absolument pas de basket, après 20 saisons professionnelles, dont 18 aux Etats Unis, Tony Parker, le meneur de jeu de 37 ans a donc décidé de mettre un terme à sa carrière. Et les réactions vis-à-vis de ce départ nous renseignent plus sur l’époque plutôt que sur le basket, un sport auquel on peut s’intéresser ou pas… 

Alors, avouez qu’il y a quand même quelque chose d’étonnant dans le fait d’admettre sans sourciller qu’une personne prenne sa retraite à 37 ans, alors même que d’ordinaire je crois que les régimes spéciaux de retraite indignent. Bien sûr, cette retraite précoce se justifie par l’exigence physique de cette profession, et précisément, Tony Parker a déjà particulièrement duré. Mais au-delà de ça, il y a le fait que Parker prenne sa retraite avec une retraite panier, puisqu’il s’agit de basket, les sommes amassées durant sa carrière lui permettent d’entreprendre, une manière là aussi de voir comment la valorisation du travail d’un sportif est sans commune mesure par rapport à la valorisation du travail commun. 

Alors on connaît les explications, les sommes que les sportifs rapportent, etc. Eh bien je vais en rajouter une autre, qu’aux Etats-Unis on appelle le « Winner Take All », autrement dit le « gagnant prend tout ». Finalement, si l’on s’est si bien habitué à ces inégalités, c’est parce que le principe du « gagnant prend tout » nous est devenu complètement familier, on l’a complètement intégré, même si l’on en connaît pas le nom. Le « Winner Take All », c’est l’idée que les uns prennent tout et que les autres se partagent le reste, l’idée qu’il y a une telle différence entre le premier et le second que cette différence est impossible à combler. 

Tony Parker c’est le « Winner Take All », ce n’est pas tellement qu’il a surplombé le basket pendant toutes ces années, c’est le fait qu’au terme de cette carrière, un immense écart l’a gratifié, lui, plutôt que le second, second d’ailleurs dont tous les ignorants du basket, dont je fais partie, ignorent le nom. 

Le « Winner Take All » est une conséquence de ce qu’on appelle aussi « l’effet Mathieu », du nom des évangiles selon Saint-Mathieu, où il est dit qu’à ceux qui ont tout, tout sera donné au surplus. Tony Parker a marqué le haut du panier, et la morale du basket, c’est que le panier aujourd’hui a un haut, mais n’a plus de bas. 

@PetitsMatinsFC