Sigmar Polke, Sans titre, 1970-1980, Collection de Georg Polke.
Sigmar Polke, Sans titre, 1970-1980, Collection de Georg Polke.
Sigmar Polke, Sans titre, 1970-1980, Collection de Georg Polke. - © Sigmar Polke, Cologne/ADAGP, 2019
Sigmar Polke, Sans titre, 1970-1980, Collection de Georg Polke. - © Sigmar Polke, Cologne/ADAGP, 2019
Sigmar Polke, Sans titre, 1970-1980, Collection de Georg Polke. - © Sigmar Polke, Cologne/ADAGP, 2019
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Résumé

Bernard Marcadé vous parle de l'exposition "Les infamies photographiques de Sigmar Polke", et Barbara Loyer du poids de la "question territoriale" sur la crise politique en Espagne. Les chroniques s'intéressent à la psychiatrie et à la PMA.

avec :

Barbara Loyer (Politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII), Bernard Marcadé (Historien de l’art et professeur d'esthétique et d'histoire de l'art, critique d'art, commissaire d'expositions).

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Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Bernard Marcadé, critique d'art et commissaire de l'exposition "Les infamies photographiques de Sigmar Polke", à voir au BAL, à Paris,  jusqu'au 22 décembre 2019. Une présentation d'un ensemble de photographies inédites de l'artiste allemand, des années 1970-1980.

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Sigmar Polke [1941-2010] est un artiste allemand contemporain dont l'œuvre protéiforme comporte aussi bien de la photographie que de la peinture, du cinéma, des installations. Il fallait bien rendre hommage à la dimension corrosive de l'art de Polke, à sa mauvaise réputation, dans l'art de faire de la peinture comme de la photographie. 

Sigmar Polke, Sans titre (Hannelore Kunert), 1970-1980, Collection de Georg Polke.
Sigmar Polke, Sans titre (Hannelore Kunert), 1970-1980, Collection de Georg Polke.
- © Sigmar Polke, Cologne/ADAGP, 2019

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La semaine dernière un rapport parlementaire sur la situation de la psychiatrie en France a été rendu public. Le constat qu’il dresse est alarmant.

« La filière psychiatrique, et en particulier la psychiatrie publique, est au bord de l’implosion, et la sur-occupation des lits est un fléau pour les patients comme pour les soignants » résument les députées Martine Wonner (LREM) et Caroline Fiat (France insoumise), les auteures du rapport, avant d’ajouter : « L’hôpital psychiatrique, tel qu’il existe aujourd’hui en France, peut-il encore soigner les malades ? » Au-delà du manque de moyens, c’est aussi l’organisation en « mille-feuille » des structures qui est mise en cause, héritée selon elles du modèle mis en place dans les années 1960 : celui de la psychiatrie dite « de secteur ». 

Comme le rappelle Mathilde Goanec dans Mediapart, « pour sortir de la logique asilaire et ouvrir les malades vers la cité, l’institution psychiatrique se divise en « secteur », crée des équipes d’infirmiers extra-hospitalières, des structures d’accueil pluridisciplinaires en ville (comme les CMP, centres médico-psychologiques), le tout tournant autour de l’axe central que reste l’hôpital psychiatrique public. Chaque secteur correspond à un bassin de population. » Ce modèle est jugé en échec, mais pour le pédopsychiatre et psychanalyste Yann Diener « le dispositif qu’on appelle la sectorisation marche en soi. Le problème, c’est qu’il a été déshabillé depuis vingt ans ». Et de prendre l’exemple du XIVe arrondissement de Paris, qui dépend de l’hôpital Sainte-Anne. « Dans cet arrondissement, en pédopsychiatrie, le dernier centre médico-psychologique (CMP) a fermé il y a quatre ans. Il ne reste plus, à proprement parler, de structure, en ville, accessible aux enfants et à leurs familles. Pour plaire à l’Agence régionale de santé (ARS), Sainte-Anne a tout regroupé dans un centre au bord du périphérique, délabré en plus, pour mutualiser et faire des économies. » Résultat : les centres médico-psychologiques restants, censés proposer une aide au plus proche du domicile, sont saturés. « Dans ceux destinés aux enfants, le délai d’attente serait d’un an en moyenne » précise François Béguin dans Le Monde.fr. De ce fait, ajoute-t-il « les urgences psychiatriques deviennent la porte d’entrée du système et se retrouvent engorgées, au détriment des patients et des soignants ». 

Une conséquence relevée par Caroline Fiat et Martine Wonner dans leur rapport : « Face à l’impossibilité d’avoir rendez-vous au CMP ou chez un psychiatre libéral au début de la crise, en particulier le soir et le week-end, les patients se retrouvent inévitablement aux urgences, puis hospitalisés, alors que la crise, si elle avait été traitée en amont, aurait pu être évitée ». L’une des solutions selon les députées serait de développer la prise en charge en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation. Et « par le biais du financement de la sécurité sociale, demander aux cliniques psychiatriques privées de participer à un soin de proximité, ou aux médecins de prendre tout type de malades en charge, de faire du soin d’urgence ». 

Autre mesure, prônée notamment par Pierre-Michel Llorca et Marion Leboyer, auteurs de Psychiatrie : l’état d’urgence (Fayard, 2018) : mettre en place une agence nationale en charge des politiques de santé mentale, sur le modèle de ce qui avait été fait pour lutter contre le cancer avec la création de l’Institut national du cancer. Le psychiatre était l’invité des Chemins de la philosophie, un entretien à retrouver dans la dernière livraison de la revue Papiers, la revue de France Culture, qui consacre un dossier au soin de l’âme

En savoir plus : Service de psychiatrie
29 min
55 min
1h 11
43 min
En savoir plus : Psychiatrie

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Les Espagnols vont devoir voter à nouveau. Après cinq mois de tractations, le Premier ministre Pedro Sanchez n'a pas réussi à constituer une majorité parlementaire. Julie Gacon s'entretient avec Barbara Loyer (politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII), pour laquelle on ne peut comprendre cette crise sans la rapporter, entre autres choses, au régionalisme espagnol.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

La PMA marque-t-elle une « rupture anthropologique majeure » ?

C’est ce que pense l’Académie de médecine, et c’est une bonne nouvelle. La bonne nouvelle c’est qu’une académie spécialisée à priori dans les sciences exactes s’intéresse enfin aux sciences humaines, et on ne savait pas que l’Académie de médecine s’intéressait à l’anthropologie. 

Sur le fond en revanche que penser de cette assertion ? Chacun peut défendre ou critiquer la possibilité de concevoir un enfant sans père mais peut-on le faire en invoquant la rupture anthropologique que cela créerait. Alors, si vous demandiez à Claude Lévi-Strauss je suis sûr qu’il vous répondrait « non » sans hésiter. Dans son Anthropologie structurale zéro, qui vient d’être publiée, Lévi-Strauss critique l’idée de rupture dans les sociétés humaines et considère que l’on a au contraire affaire à des évolutions progressives, lesquelles s’opposent à l’idée d’une quelconque nature humaine. Pour Lévi-Strauss, le naturel existe, mais moins qu’on ne le pense. 

Or, ce qui est intéressant dans cette accusation de l’Académie de médecine, c’est que l’on voit clairement qu’elle utilise un mot pour un autre, l’Académie dit qu’il s’agit d’une rupture anthropologique comme s’il s’agissait de dire que la PMA sans père était contre nature… Et comme on ne peut plus associer l’homosexualité et une supposée contre nature, l’Académie utilise cette périphrase « rupture anthropologique ». Mais précisément, le propre de l’anthropologie, par rapport à une hypothétique nature humaine, c’est d’être constamment en mouvement. Toute l’œuvre de Lévi-Strauss sur les systèmes de parenté visent à illustrer l’assertion selon laquelle il n’y a pas d’invariants humains, depuis les sociétés matrilinéaires jusqu’aux sociétés patrilinéaires, avec des communications incessantes entre les unes et les autres. La France a subi, par exemple, une rupture anthropologique au 13ème siècle en matière de système d’héritage, le Béarn a échappé à cette rupture, les béarnais n’en sont pas moins humains et français, enfin je crois. L’anthropologique, à la différence du naturel, c’est ce qui supporte la rupture. 

En revanche, la bonne nouvelle, c’est que la PMA préserve le naturel en la personne, puisque la nature, c’est aussi le désir de se prolonger, non pas le droit à l’enfant comme cela est dit souvent sur un mode péjoratif, mais le désir d’enfant qui semble être inscrit en la plupart d’entre nous. D’où cette question : au nom de quel système anthropologique une académie de médecine voudrait-elle interdire un désir aussi naturel chez l’humain que le désir d’enfant ? 

En savoir plus : PMA hors la loi

@PetitsMatinsFC