No Pasara
No Pasara
No Pasara  - Leila Alaoui,  Courtesy GALLERIA CONTINUA, San Gimignano / Beijing / Les Moulins
No Pasara - Leila Alaoui, Courtesy GALLERIA CONTINUA, San Gimignano / Beijing / Les Moulins
No Pasara - Leila Alaoui, Courtesy GALLERIA CONTINUA, San Gimignano / Beijing / Les Moulins
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Résumé

Où il sera question d'un adieu, d'une traversée impossible, d'un voyage en mer agitée, d'intellectuels face à Trump, de révoltes chinoises, et de chemins vers la liberté.

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C’est un regard que l’on ne voit pas. Un regard qui se perd vers un avenir incertain. Un regard vers la mer qui tente de se fixer sur l’autre rive. Un jeune garçon brun, à la peau sombre, est assis sur des rocher, les mains jointe, la tête droite. Une posture qui suggère une longue pose, au bord de l’eau. Une divagation dans tous les sens du termes. Voyage dans les vagues et dans ses pensées. Il regarde fixement cette mer calme d’un bleu timide. Il porte un tee-shirt bleu et blanc, sans manche, à l’allure d’un maillot sportif, sur lequel, le mot France est imprimé en lettres blanche sur son dos. Le ciel est blanc, les nuages épais. No Pasara. Il ne passera pas. C’est le titre sans issue d’une photo qui ouvre pourtant le champ des chemins possibles à l’infini. Des mots emprunts d’une histoire qui se prend en main, qui refuse les idées obscures, qui refusent la fermeture. Ici, avec ce corps adolescent de dos, la France flanquée sur le dos, cette négation renvoie à une impossibilité. A la peur d’un voyage dont on sait, dont il sait qu’il pourrait être long, difficile. Une traversée qui ne peut avoir lieu quand dans des rêves. No Pasara, c’est une photo que l’on peut voir en ce moment et jusqu’à dimanche dans le cadre de l’exposition géante Paris/Photo, au Grand Palais. Une photo signée Leïla Alaoui, jeune photographe morte en janvier dernier à l’âge de 34 ans, dans les attentats qui ont frappé Bamako. C’est une image faite d’eau et de rêves là encore. Les rêves d’un voyage impossible, qui se noient dans la mer. Un regard qui tente de se fixer, malgré l’impossibilité sur une rive imaginaire plus lointaine encore que la terre que l’on voit se dessiner dans le brouillard au dernier plan de l’image. Il ne passera pas. Qui peut prononcer, se faire garant de cette négation-là ? Est-ce lui assis sur les rochers ? Nous qui le regardons en train de regarder la mer ? Qui peut jeter, rejeter cet espoir là d’un ailleurs ? C’est une photo qui accolée de son titre se transforme en brutale contradiction. Celle qui existe ici entre l’envie d’un autre monde, et le mouvement impossible. Une autre vie possible dont le rêve se perd dans le vague, dans les vagues.

JUKEBOX

« These books weren’t made for burning » titre de l’orchestre Tout puissant Marcel Duchamp, sur leur album Rotorotor. "Ces livres n’étaient pas faits pour brûler", où l’initiative surprenante relayé par le site de Libération, un reportage signé Julie Brafman, intitulé l’enfermement à livre ouvert. Reportage dans la maison d’arrêt de Chalons en champagne, où est né le programme « Lire pour en sortir », une initiative lancé par les deux avocats Alexandre Duval-Stalla et Vincent Ollivier, Inspiré d’un programme brésilien crée en 2012 et qui réduit de 4 jours par livre lu une peine de prison. Un article du code pénal prévoir ainsi des réductions de peine pour les condamnées qui je cite « manifestent des efforts sérieux de réadaptation sociale, en s’investissant notamment dans l’apprentissage de la lecture, de l’écriture ou du calcul ». Les romans proposé aux débutants vont de la brièveté de la vie de Sénèque aux Lettres au père de Franz Kafka, ou Si c’est un homme de Primo Levi. En tous cas la directrice du SPIP, (Service pénitentiaire d’insertion et de probation(, de Chalons en champagne, parle d’un succès. Plusieurs centaines de détenus en France suivent ce programme Lire pour en sortir. Et cela devrait s’étendre à d’autres prisons en France.

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Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Production