Gustave, 75 ans, sans-abri assis devant sa tente sur le boulevard Périphérique le 30 août 2016 ©AFP - Philippe Lopez
Gustave, 75 ans, sans-abri assis devant sa tente sur le boulevard Périphérique le 30 août 2016 ©AFP - Philippe Lopez
Gustave, 75 ans, sans-abri assis devant sa tente sur le boulevard Périphérique le 30 août 2016 ©AFP - Philippe Lopez
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Résumé

Où il sera question du périphérique parisien, de ses habitants, des rois de la comédie, de la politique à "l'ère du bobard", de temps de paroles à Hollywood, d'envie et de pitié.

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C’est une image d’un entre-deux, entre deux lieux. Se faire une place à soi, au milieu du mouvement incessant, du bruit envahissant, à côté du danger, de l’arrêt impossible. Pouvoir s’arrêter quand même, et pourquoi pas dormir, dans ce tumulte. Y arriver. Faire sien l’espace le plus hostile. Parce qu’il n’y a pas le choix. On va faire encore mieux qu’avec. C’est un entre deux dans lequel on choisit de rester. Parce que cet inconfort là, même s’il n’est jamais de l’ordre du choix pleinement consenti, peut pendant un temps, faire partie de la vie, dire quelque chose de nous, nous apprendre à dire autre chose de nous. D’aller chercher du côté de nos extrêmités. Devenir invisible. C’est un reportage signé Pauline Froissart, pour le texte, Philippe Lopez pour les photos, de l'AFP. Une rencontre avec les habitants du périphérique parisien. Un ensemble de cabanes en carton, d’affiches en papier. De bâches, un ensemble d’objets, éparpillés des produits d’hygiène, un petit miroir, une vieille chaise en bois, une autre pliante, des couvertures. Et il y a un homme, il est âgé, de fins cheveux gris, le visage marqué de rides, une fine moustache brunes jaunie, qui surligne de très fines lèvres quasi-inexistantes, chemise bleu ciel, pantalon noir. Gustave 75 ans, a de grands yeux bleus, qu’il perd dans le vide, assis sur une chaise en plastique, une tasse à la main. Gustave porte son histoire sur son visage, il ne raconte pas vraiment ce qui un jour l’a fait atterrir, en bordure de route. Il vit ici pour "être tranquille" dit-il. La journaliste Pauline Froissart, qui note une propreté de son lieu de vie, qu’elle qualifie d’étonnante, écrit aussi de lui : « cet enfer est son paradis". « Ici, dit-il je suis en liberté ». Il y a les voitures, mais après tout, pour lui, elles ne font que passer. Le passage, même bruyant, même incessant, ne dérange pas. Personne ne s’arrête, les maraudes humanitaires ne viennent pas jusque là. Etre tranquille. Se faire un espace à soi. Une forme de bonheur qui passe par l’inaccessibilité, pouvoir se protéger de tout ce qui constitue l’extérieur, tout en y étant constamment exposé. Se donner dans son sommeil, comme au réveil dans ce monde, ce pouvoir de l’invisibilité.

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Trophée, nouveau titre de la Féline qui paraîtra sur son prochain album en 2017. Héroïnes mystérieuses, guerrières, qui m’amènent à vous parler de cette étude menée par l’institut américain Polygraph sur le temps de paroles des personnages féminins dans les productions hollywoodiennes. Plus de 8000 scripts ont été étudiés dans le cadre de ce décompte, nous apprend le site des Inrocks dans un article signé Alexandre Buyukodabas, qui a relayé les résultat de l’étude. On apprend notamment que Disney et Pixar font partie des plus mauvais élèves. Sur 30 films d’animation étudiés, 22 d’entre eux accordent un temps de parole plus important aux personnages masculins et ce même si la plupart des héros sont des héroïnes. Même constat dans les comédies romantiques. Et même si certaines productions importantes optent de plus en plus pour des héroïnes féminines, comme l’observe le journaliste des Inrocks en donnant l’exemple du dernier volet de Star Wars, les personnages masculins secondaires sont plus nombreux et finissent tout de même par faire pencher la balance du côté des hommes.

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Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Production