Montego Bay / Photo qui figure dans la Revue Gasp (http://hanslucas.com/mag/gasp02) - Francesca Mantovani (agence Hans Lucas, avc l'aimable accord de ses représentant
Montego Bay / Photo qui figure dans la Revue Gasp (http://hanslucas.com/mag/gasp02) - Francesca Mantovani (agence Hans Lucas, avc l'aimable accord de ses représentant
Montego Bay / Photo qui figure dans la Revue Gasp (http://hanslucas.com/mag/gasp02) - Francesca Mantovani (agence Hans Lucas, avc l'aimable accord de ses représentant
Publicité
Résumé

Où il sera question d'une attente infinie, d'une mer invisible, du rêve de la matière, de gauches "inconciliables", de politique alimentaire en Chine, du bon usage des guillemets et de l'exploitation de ses propres enfants.

En savoir plus

C’est une image du temps. Celui qu’il nous est permis de retrouver. Tout d’un coup. Après avoir eu longtemps la sensation d’en manquer, d’avoir couru après. C’est l’image d’un arrêt avec enfin, ce temps et cet espace libre, vide qui nous envahit. Et même nous accable. Il y a sur cette photo autant de vide que de silence. Au centre, un piscine vidée de son eau, dans laquelle un berger allemand a fait son lit. A l’abri du paysage. Au bord de cette piscine au carrelage blanc et bleu, deux jeunes garçons au teint pâle, sont assis et regardent dans la même direction. Un regard qui traverse la barrière de leur enclos de vacances. Il y a une bouteille de bière posée parterre entre eux deux. Deux regards dans la même direction et sans aucune émotion. Ils ne montrent rien. Visages gris, silencieux et impassibles, tournée vers l’arrière plan. Un gazon vert pâle parfaitement tondu, quelques maigres buissons, la maison blanche d’à côté, des palmiers qui dépassent de peu les fils électriques, fêlures d’un ciel couvert. On se demande à première vue, ce qui peut accrocher à ce point ces deux regards. Ce qui peut à ce point, sur cette photo, imposer le silence. Il y a sur cette image comme un filtre grisâtre, une intensité que l’on a essayé de faire taire un peu, et qui donne à cette situation quotidienne de vacances, un air un peu incongru. C’est une photo d’Andrea Mantovani que l’on peut voir dans le deuxième numéro de la revue Gasp, paru hier. Revue bimestrielle de l’agence Hans Lucas, dédiée à la photo de rue. Il est 14h en Jamaïque, écrit-elle. Il fait chaud. Très chaud. Elle trouve ces deux adolescents sur la terrasse, d’une maison d’ami. C’est leur premier jour de vacances. Elle nous apprend, car vraiment ce n’est pas évident, qu’ils regardent la mer. Une mer lointaine que cachent les arbres. "Je sais qu’ils n’iront pas", écrit Andrea Mantovani. Rester loin. Rester assis. Regarder l’eau et les vagues, au bord d’une piscine vide. Comme s’il était permis dans ce temps infini, de faire en sorte que l’espace nous obéisse un peu. C’est un peu ce que l’on trouve dans cette revue Gasp. Des lieux qui viennent à nous. Qui viennent inattendu aux yeux des photographes. Il y a par exemple, le travail aussi de Lou Camino. En Tunisie, où attendant ce métro couleur d’espoir dit-elle, elle prend en photo presque sans le savoir ce visage de femme qui la regarde par la fenêtre avec une étrange douceur. Il y a aussi cette image d’un chauffeur de taxi à Tokyo que la photographe disait ne pas attendre, mais être contente de trouver là. Des photographies de rue avec ses hasards, ces corps qui débarquent, ces lieux qui se transforment, pile au moment où l’image choisit de se figer.

JUKEBOX

Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Production