Simon et Capucine Johannin
Simon et Capucine Johannin - © Hélène Tchen Cardenas @Editions Allia
Simon et Capucine Johannin - © Hélène Tchen Cardenas @Editions Allia
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Capucine et Simon Johannin vous parlent de leur roman "Nino dans la nuit", et Georges Lefeuvre du Pakistan, stabilisateur ou perturbateur régional ? Les chroniques s'intéressent à l’égalité et à l'agression d'Alain Finkielkraut.

Avec

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec les romanciers Capucine et Simon Johannin, à l'occasion de la parution de leur roman, Nino dans la nuit, aux éditions Allia.

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J'avais envie d'un livre qui fasse du bien même si on parle de sujets durs, on s'est amusés à dénoncer beaucoup de choses dans Nino, mais on n'a jamais voulu que ce soit misérabiliste. On s'est beaucoup inspirés de nos histoires personnelles, on n'a pas inventé grand-chose. Nos personnages ont conscience qu'ils font un choix, et en même temps, c'est un non-choix.   Capucine Johannin

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On mesure bien la différence, comment la société va miser à fond sur certaines personnes de certains milieux, en investissant massivement de l'argent, on constate en grandissant que l'inégalité est réelle, mais que personne n'est heureux, que la perte de sens est partagée, qu'elle est transversale au niveau des classes sociales.    Simon Johannin

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1h 00

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Au terme de trois mois de mobilisation des « gilets jaunes », c’est l’heure des bilans.

Le quotidien La Croix sort aujourd’hui une édition spéciale : 18 pages consacrées au diagnostic et aux solutions, avec notamment l’analyse du philosophe italien Gianni Vattimo qui fait un parallèle éclairant avec le Mouvement 5 étoiles. Il relève dans les deux cas l’absence de structuration politique : « les individus se révoltent, font masse, mais ne s’organisent pas. Ils n’appartiennent pas. On est devant un phénomène d’individualisme collectif. » Selon lui, cette situation reflète « une sorte de fracturation de toute forme de sociabilité », liée à l’érosion des collectifs de travail. « Il n’y a plus ni classe, ni conscience de classe. Le travail a été fragmenté, pulvérisé. Chacun est tout seul en face du système de la production et de l’exploitation. Et l’individualisme croît… » Ce qui pose un problème d’éthique et de morale, au sens de la responsabilité à l’égard de la communauté. Et pourrait expliquer la difficulté de ces mouvements à entrer dans « la logique du compromis ».

Pour le psychanalyste Jean-Pierre Winter, dont le grand entretien ouvre le dossier, « Nous vivons une crise de la parole autant qu’une crise économique ». La parole quotidienne s’est raréfiée dans l’espace public avec la disparition de ses lieux emblématiques, la boulangerie du coin, le bureau de poste ou l’atelier de l’artisan… D’où la difficulté manifeste du mouvement des « gilets jaunes » à se trouver un porte-parole : quand la parole « est privée d’expression, il n’y a plus rien à porter ». 

Dans les pages idées de L’Obs, l’épidémiologiste britannique Richard Wilkinson donne un entretien sur son dernier livre, co-écrit avec Kate Pickett et qui vient de sortir aux éditions Les Liens qui libèrent sous le titre Pour vivre heureux vivons égaux, avec un sous-titre éloquent : Comment l’égalité réduit le stress, préserve la santé mentale et améliore le bien-être de tous. L’épidémiologie sociale, qu’il a contribué à fonder, s’intéresse aux conditions vie et aux facteurs sociaux comme facteurs de risques en matière de santé. Les inégalités seraient à l’échelle de la planète la première cause d’invalidité, selon l’OMS. « Ces sociétés où les hiérarchies sont très prononcées fragilisent l’estime de soi, rendent les comparaisons stressantes » et provoquent en permanence « la menace d’évaluation », dont des psychologues américains ont mesuré les effets : dans un environnement bruyant ou devant une tâche désagréable, dès qu’entre en jeu le regard des autres, « la sécrétion de cortisol, une hormone centrale dans le stress, est multipliée par trois ». Face à cela, deux réactions sont possibles : la phobie sociale ou la surévaluation de soi, comme dans les fanfaronnades de Donald Trump, doté d’une légitimité démocratique déficiente.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Alors que l'Iran et l'Inde l’accusent de déstabilisation terroriste, le Pakistan reçoit en grande pompe le Prince MBS d'Arabie Saoudite. Au pouvoir depuis 6 mois, le Premier Ministre Imran Khan veut éviter l'asphyxie financière du pays : peut-il aussi gagner la confiance diplomatique ?

Xavier Martinet s'entretient avec Georges Lefeuvre, anthropologue spécialiste de l'Afghanistan et du Pakistan, ancien diplomate, consultant directeur de "Af-Pak Reserach".

6 min

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Est-ce qu’il a dit sale juif ?

C’est effectivement l’une des questions qui a agité les stars du commentaire ce weekend. Notre camarade Alain Finkielkraut a-t-il été agressé aux cris de sale juif ou pas ? Lui ne l’a pas entendu, check news non plus, le caractère antisémite de cette agression peut-il pour autant être nié ? Peut-être le « rentre chez toi en Israël » était-il une invitation au voyage ? Cette controverse montre une fois de plus de plus que les images brutes ne disent rien ou pas grand-chose, on a beau désormais tout filmer ou presque, cela n’a pas, mais alors pas du tout, mis fin aux querelles d’interprétations. 

Entre agressions de policiers, de manifestants, et là l’agression d’Alain Finkielkraut, l’affrontement est finalement toujours le même : faut-il croire ce que l’on voit, première proposition, célèbre depuis un saint célèbre, une proposition qui doit être immédiatement retournée, faut-il voir ce que l’on croit ? Car finalement, dans l’utilisation de ces deux verbes, voir ce que l’on croit et croire ce que l’on voit, on trouve la base de la plupart des polémiques qui nous ont occupé ces derniers temps. 

Croire ce que l’on voit, autrement dit considérer que l’information n’a pas été manipulée, qu’il n’y a pas eu d’éléments hors contexte qui auraient été masqués ou seraient demeurés masqués, lesquels auraient pu changer le sens à donner à la scène. Mais, autre perspective, voir ce que l’on croit, formule de base de l’idéologie, une manière de considérer que le réel vérifie toujours les croyances, comme la vieille boutade chérie des épistémologues, ces philosophes qui travaillent sur la validité de la connaissance scientifique, si les faits contredisent la théorie, eh bien changeons les faits. 

Comme vous peut-être, j’ai regardé mille fois cette scène, ce qui est probablement une mauvaise idée, et je crois avoir vu la haine à l’état pur, une haine que ne justifie en rien le désaccord, tout désaccord que l’on peut avoir avec Alain Finkielkraut ou un autre, une haine où justement il n’est pas question de laisser l’autre voir ce qu’il croit.

Alors qui pourrait nous mettre d’accord ? Peut-être Péguy, écrivain qu’Alain Finkielkraut affectionne pour qui, « la liberté consiste à croire ce que l’on croit et à admettre (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie à ce qu’il croit ». 

@PetitsMatinsFC