Le Fleuve Amour à Nergen, 2018. - © Claudine Doury
Le Fleuve Amour à Nergen, 2018. - © Claudine Doury
Le Fleuve Amour à Nergen, 2018. - © Claudine Doury
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Résumé

Claudine Doury parle de ses 2 expositions, et Jean-François Di Meglio de la guerre économique sino-américaine. Les chroniques s'intéressent à l'impact sur la mémoire individuelle et collective des attentats du 13 novembre 2015 et aux cars Macron.

avec :

Claudine Doury (Photographe française.), Jean-François Di Meglio (Président d’Asia Centre et enseignant à l’université Paris Dauphine).

En savoir plus

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Claudine Doury, photographe, qui expose, à Paris, un travail autour du voyage, de la mémoire, après être retournée en Sibérie pour poursuivre un projet débuté plus de vingt ans auparavant sur les bords du fleuve Amour : "Une odyssée sibérienne", à l'Académie des Beaux-Arts, jusqu'au 25 novembre, et "Le long du fleuve Amour", à La Galerie Particulière, jusqu'au 1er décembre.

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J'avais un peu appris le russe à l'école, j'ai commencé à être photographe au moment où la Russie s'ouvrait. J'avais envie d'aller dans les coins les plus reculés, voire interdits, j'ai ouvert un atlas et j'ai vu ce nom fabuleux : le fleuve Amour. Et c'était parti pour une histoire qui dure depuis trente ans, que je pensais clore avec cette odyssée sibérienne mais qui, finalement, ne fait que ré-ouvrir des mondes et me donne envie de retourner, retourner infiniment là, sur l'Amour.

Dasha, Nergen, 2018.
Dasha, Nergen, 2018.
- © Claudine Doury

Je commençais à être photographe, je rêvais de faire un travail plus personnel, et j'ai pensé à l'histoire de ce fleuve, Amour, long, pas si facile d'accès. J'avais juste vu quelques photos, c'était les tout débuts, et j'ai fait un premier voyage de 4000 kilomètres, de la naissance du fleuve à son embouchure. J'ai photographié la vie le long du fleuve, un été de 1991, et ça a été un déclic. Je suis retournée après ce premier voyage.

Sur le fleuve Amour près de Blagovechtchensk, 1991.
Sur le fleuve Amour près de Blagovechtchensk, 1991.
- © Claudine Doury
59 min
1h 01
59 min
50 min

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Un vaste programme de recherche pluridisciplinaire a été mis en place au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 pour évaluer leur impact sur la mémoire individuelle et collective.

Et l’on apprend qu’un projet de musée mémorial dans le Palais de justice de l’île de la Cité, « comme acte de résilience de la nation », est à l’étude. L’historienne Isabelle Backouche, dont le fils a été blessé le 13 novembre 2015, estime dans Le Monde que l’Etat devrait assurer une meilleure prise en charge des victimes avant de penser à la question mémorielle. « Comment mettre en musée la mémoire d’événements aussi récents » demande-t-elle, tout en exprimant sa perplexité face à l’ambition affichée d’impliquer « les victimes et leurs proches, les témoins et secouristes, les chercheurs et les journalistes » dans « l’élaboration du sens de ces attentats ». Selon elle, « Il est prématuré de vouloir élaborer et clore une histoire des attentats. Il faut laisser la justice opérer, les témoignages se sédimenter, les travaux scientifiques se mener, avant de créer un établissement susceptible d’encadrer ce travail et d’en exposer les fruits. » 

Dans Les Echos.fr, Yann Verdo revient sur le programme 13-Novembre, mis en place sous l’égide du CNRS et de l'Inserm. Destiné à s’échelonner sur une dizaine d'années, il « regroupe un ensemble de sept études coordonnées, visant toutes à explorer l'impact d'un événement aussi traumatisant non seulement sur la mémoire individuelle des individus qui l'ont vécu de près ou de loin, mais aussi sur la mémoire collective de la société ». Pour l’un des deux responsables du projet, l’historien des questions mémorielles Denis Peschanski, du CNRS, « mémoire individuelle et mémoire collective ne peuvent s'étudier qu'ensemble, l'une par rapport à l'autre, car elles sont étroitement articulées ». L'objectif de cette étude sociopsychologique est également de suivre l’évolution du discours sur les attentats au fil des ans (par l'analyse statistique du vocabulaire employé), « mais aussi de répondre à diverses questions d'ordre sociologique : pour celles et ceux qui ont été victimes des attentats, quel impact cet événement traumatisant a-t-il eu sur leur couple, sur leur vie professionnelle ? » Une proportion élevée de victimes a par exemple « complètement changé d'orientation professionnelle. Comme s'il leur était devenu impossible de continuer à faire le même métier », observe Denis Peschanski. Sociologue de la famille, Laura Nattiez a participé à ce programme de recherche dès son lancement en 2016. « Il semblerait que les couples qui ont déjà vécu une épreuve socio-existentielle (deuil, maladie, chômage) s’en sortent un peu mieux que les autres. Ces couples ont développé une compétence conjugale pour faire face. (Laura Nattiez, sur le site de La Croix) »

La place des enfants est ambivalente. Pour beaucoup ils ont représenté « une image d’avenir », ou tout simplement des tâches à accomplir, « qui raccrochent à la vie ». « Mais parfois, certains n’ont pas réussi à s’en occuper ce qui a pu être dur à vivre, pour le parent comme pour son ou sa conjoint(e) ». 

Le site d’information Les Jours a entrepris une enquête au long cours sur les différents volets du programme 13-Novembre : « Le souffle des attentats ». Le deuxième épisode porte sur l’un de ses aspects essentiels : l’Étude 1000. En suivant 1 000 volontaires pendant dix ans, les chercheurs veulent comprendre comment ils se souviennent du 13 Novembre. Charlotte Rotman détaille le protocole : les témoins – directs ou indirects – se sont engagés à s’exprimer à quatre reprises sur dix ans. « Filmés, guidés par un enquêteur, ils racontent leur soirée du 13 Novembre, et l’après : comment son souvenir s’immisce et trouble (ou pas) la vie de tous les jours, le travail, les habitudes, le sommeil, les rêves. Ils sont aussi invités à proposer des explications au terrorisme, la leur en tout cas ; un exercice vertigineux. Les vidéos sont archivées et deviennent une matière exceptionnelle à la disposition des chercheurs. »

À partir des mêmes questions, « la comparaison entre les récits effectués à deux ans d’écart permet d’évaluer le traumatisme, mais aussi la résilience à l’œuvre ». Dans le cadre du programme, le sociologue Gérôme Truc étudie les messages commémoratifs du 13 Novembre pour cerner ce que les attentats provoquent en nous. C’est le troisième épisode de l’enquête : Saisir la sidération. « Les jeunes semblent avoir une mémoire spécifique des événements du 13 Novembre – résume Charlotte Rotman. Ceux qui ont la vingtaine sont ceux qui ont peur (davantage que les plus âgés, d’ordinaire plus enclins à exprimer ce sentiment), car « ce sont eux qui se sont sentis visés, leur mémoire du 13 Novembre est liée à un phénomène générationnel ». Parmi les messages laissés sur les lieux des attentats, il y a ceux qui disent « je », notamment ceux qui font part d’une expérience similaire. Une étude espagnole a montré « que les étudiants et familles qui ont participé aux manifestations après les attentats avaient plus tendance à avoir une perception positive de leur environnement social (confiance en autrui, espoir en l’avenir, sentiment d’être solidaires) que les autres ». Un indice de la capacité de résilience due à l’empathie ?

4 min
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Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Le 33ème sommet de l'Asean s'ouvrait hier à Singapour. Entre la proximité affichée avec la Chine et une première venue pour Vladimir Poutine, l'Association démontre sa position renforcée en Asie du Sud-Est et dans le système international : au point d'échapper à la rivalité sino-américaine ?

Xavier Martinet s'entretient avec Jean-François Di Meglio, président d'Asia Centre, professeur à l'Université Paris Dauphine et à la Public School of International Affairs de Paris.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Vous voulez dire du mal des Macron ?

Non, vous avez loupé un mot, des cars Macron. Parce qu’il est arrivé quelque chose d’amusant hier, quelque chose qui mérite explication. Blablacar a acheté les cars Ouibus à la SNCF. Bon, jusque-là personne ne rigole… Là où cela devient plus intéressant, c’est que cette activité de transport de voyageurs par bus sur de longues distances est la fameuse activité dite « car Macron ». 

Et pourquoi a-t-elle été cédée ? Eh bien tout simplement parce qu’elle n’est pas rentable, et même, si j’ose dire, elle est très pas rentable. En 3 ans, Ouibus a cumulé 165 millions de pertes ; en 2017, Ouibus a enregistré une perte de 36 millions d’euros, mais surtout, cette perte de 36 millions d’euros est à mettre en rapport avec un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros, ce qui veut dire que cette activité, donc, est super pas rentable, les cars Macron vérifient la très fameuse règle, on perd un peu sur chaque voyage mais on se rattrape sur la quantité. 

J’ajoute, pour éviter toute remarque désagréable, que cela n’a rien à voir avec les prix du gazole… Tout cela pour dire que l’idée des cars Macron, bonne et généreuse, est juste absolument impossible à rentabiliser. D’ailleurs, Blablacar, en rachetant Ouibus, n’a pas vraiment d’idée pour rendre ces bus rentables, sauf à se transformer en une sorte d’Uber des bus, autrement dit en pressurant les petites compagnies locales de bus pour qu’elles fassent le boulot de la Sncf — au lieu d’avoir une grosse perte, c’est effectivement mieux d’avoir plein de petites pertes. 

Mais alors pourquoi Blablacar cesse d’être une entreprise capitaliste pour devenir une ONG en rachetant une activité non rentable ? Eh bien parce que Blablacar est aux prises avec plein de participations croisées avec la SNCF, Blablacar s’est donc dévoué pour enlever cette petite épine du pied de la SNCF. 

Et la morale de cette histoire ? Eh bien elle est assez simple : un système de transport collectif à l’échelle d’un pays a toute une série de mérites — il est utile aux individus et à l’économie, mais il n’est pas rentable. Parce que tout ce qui est utile n’est pas forcément rentable et vice et de Versailles.  

6 min

@PetitsMatinsFC