Les Espaces d'Abraxas de Ricardo Bofill
Les Espaces d'Abraxas de Ricardo Bofill
Les Espaces d'Abraxas de Ricardo Bofill ©AFP - VALENTIN BONTEMPS
Les Espaces d'Abraxas de Ricardo Bofill ©AFP - VALENTIN BONTEMPS
Les Espaces d'Abraxas de Ricardo Bofill ©AFP - VALENTIN BONTEMPS
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Résumé

Où il sera question de lieux utopiques, d'architecture organique, d'hommage à Dickens, d'anti-Lumières, de possibles réconciliations, de guides touristiques des rues et de politique à la corbeille.

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Pas de mur, juste une table et un escalier. Présents dans l’obscurité. Seul un lustre suspendu éclaire le décor. Une silhouette passe et derrière elle, une rivière fait son entrée dans l'histoire. Elle serpente le long d’une frontière transparente. Espace immense où imaginer un plafond n'aurait de sens que pour marcher dessus.

Nous avançons sur les marches d’un escalier en colimaçon qui n'en finit pas. Sur notre chemin apparaît une surface inconnue, comme l'étage d'une cabane dans les bois. Un enfant blond joue sur ce nuage solide. Des pierres irrégulières percent les murs où des lianes ont pris racine. De l'épaisse moquette blanche au sol ralentit nos pas. Nous tournons la tête pour regarder à travers un hublot qui soudain prend la forme d'un œil géant à la verticale. Tomber mystérieusement à la renverse. Un haut le cœur, sursaut du pied, puis du noir.

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Une autre histoire commence. C’est un tas de bois posé au milieu d'un désert américain. On le sait parce qu'une vieille Chevrolet est garée là. Dans cet amas de morceaux de forêt, les cloisons ont une vie. Sur les murs, des tuiles de bois se chevauchent les unes aux autres, organiquement. Comme la carapace d'un reptile. D'un dragon de bois qui ferait soulever les parois par sa respiration et s’envolerait au moindre bruit.

Puis plongée dans un cauchemar. Des murs de bétons émergent d'un lac. Dans un château gris, des fenêtres qui grimpent à l'infini. Et des pièces qui jaillissent des murs, d'autres qui disparaissent laissant des vides sur une surface lisse.

Une succession de rêves qui s’enchaînent sans logique, comme des diapositives d'utopies architecturales projetées dans notre sommeil.

Des lieux imaginés mais bien réels : imagés et racontés dans l'ouvrage The Tale of Tomorrow, le conte de demain, publié aux éditions Gestalten. Sofia Borges y compile les monuments de l'architecture utopique du mouvement moderne du 20ème siècle. Le Corbusier, John Lautner, Bruce Goff, Herb Greene, Ricardo Bofill et des dizaines d'autres, y font leur apparition. Une concrétisation d'idéaux qui s'est révélée parfois imparfaite, mais a permis la création de lieux hybrides et mouvants pour nous faire passer d'une page d'un conte à une autre. Comme une maison qui prend la forme d'une bulle de savon, une école aux lignes dignes d'un décor de science-fiction, des églises aux intérieurs roses, bleus et jaunes. Des rêveries qui se dessinent sur le sol et dans le ciel. Sans avoir à fermer les yeux.

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Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Production