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Résumé

Où il sera question de rêves comestibles, de rêves de paix, d'une incarnation douteuse, de démocratie liquide et des pires candidats du monde.

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C’est une autre manière de raconter la guerre. Autrement que par la peur, les blessures, autrement que par le chagrin du deuil, autrement que par ces images aussi injustes qu’insoutenables de la mort. Je rêve d’un fruit. Je rêve d’un poulet. Les desserts n’existent plus. Ce sont les titres de vidéos prises à l’aide de téléphones portable, dans des cuisines ou ce qu’il en reste à Alep, à Madaya ou à Damas. Ce sont des recettes faites de 2 aliments. C’est une nourriture qui s’apprécie surtout de manière quantitative. C’est la possibilité de se procurer du pain ou de l’eau sans y laisser ses dernières économies, ou sa vie. C’est l’histoire d’un repas par jour qui ne permet même pas de faire d’oublier ce qui se passe autour, qui ne permet même pas de ressentir le peu de plaisir qu’il y aurait à avoir passé une journée de plus à vivre là. Je sens la mort approcher. La faim est un assassin dit Hala Abdulwahab dans l’une des vidéos que l’on peut voir publiés sur le site du New York Times. Hala a 24 ans et vit dans la ville assiégé de Madaya. Sur la vidéo qu’elle prend elle-même on entend sa voix ; ses mots racontent que le seul repas qu’elle mange dans la journée, elle n’arrive pas à le garder plus de 20 minutes. Les graines de boulghour sont trop lourdes. Nous mangeons dans l’unique but de ne pas avoir faim dit elle alors que la vidéo montre une vidéo de sa petite sœur de 12 ans, en train de pétrir une toute petite pâte à pain. Une autre vidéo montre une jeune femme voilée de noir. Les traits creusés, le teint pâle, de grand yeux clairs cernés. Elle reste silencieuse sur les images. Sa voix, en off, nous dit qu’elle a oublié le goût de la nourriture. Que manger c’est juste désormais rester vivant. Dans toutes ces images et ces mots, il est question d’une lutte pour rester en vie, mais aussi pour la nourrir. Nourrir son imagination. Rêver à des fruits, rêver au plaisir de manger. Imaginer des morceaux de viande dans un plat de lentilles, tenter de faire du pain avec quelques centimètres de pâte, s’imaginer une table des grands jours parce que deux petits desserts, faits à partir d’un vieux gâteau, y font leur apparition. Ou encore plus troublant, dans l’une de ces vidéos, une rue animée à Damas/ des gens à la fenêtre d’un fast food aux prix décuplés, certes, mais qui donnent l’illusion, ou plutôt nourrissent là aussi, le rêve, du retour d’un temps de paix, en Syrie.

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Politics of sneaker pimps. Où il est question d’une certaine vision d’une politique de la rue. Entre deal et trafic de baskets. Autre genre de politique de la rue. Celle d’un engagement citoyen qui se passerait enfin de partis politiques. C’est un article publié hier sur le site du magazine Usbek et Rica. "Et si on liquidait les partis politiques ?" Article qui commence par un chiffre : les partis politique ne représenteraient plus aujourd’hui que 0,57% des votants. Et ces mots d’un Julien Bayou pourtant lui aussi étiqueté d’un parti politique, Europe écologie les Verts "Nous avons un gouvernement qui pourrait dater de 1993, avec Michel Sapin à l’économie et Ségolène Royal à l’environnement." L’article signé du journaliste Fabien Benoît propose 3 scénarios pour s’affranchir de ces partis : "l’essor des partis mouvements" comme les Indignés ou Nuit Debout. Mais force est de constater que l’on en est encore loin. Il y a aussi "l’avènement de la démocratie liquide", avec des mouvements qui refuse la personnalisation de la politique et veulent se concentrer sur des méthodes plutôt que sur un programme. Enfin "la création d’un Etat" plateforme où le citoyen coproduit le gouvernement et prend des décisions avec lui. 3 scénarios du futur. D’un futur qui ne s’appelle encore 2017, cependant.

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L'équipe

Emilie Chaudet
Production