France Culture
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Résumé

Où il sera question de reflets, d'apparitions, de revenants, d'un valet de pique, de l'utilité du "vote utile", de l'après-Bouteflika en Algérie et de l'amour au temps du Brexit.

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Ce sont des images manquantes. Tellement manquantes, en fait, qu’on veut les voir quand même. Qu’on se les invente dans son esprit et qu’elles finissent par s’imprimer de toute façon, sur la photo. Ou dans notre regard. On ne sait plus très bien. Les couleurs sont absentes. Passées ou pas encore apparues. Le temps n’y a aucune prise. Le paysage, c’est un grand champ de blé. Désert. Etendu. Et dedans il y a un homme qui apparaît. Parfois. On distingue mal son visage. Crâne brillant, sourire aux lèvres, chemise blanche, regard qui fixe l’objectif. C’est tout. C’est tout ce qu’il nous donne. Une présence étrange, inattendu dans le paysage, comme s’il s’y intégrait de force. Un corps d’homme superposé à ce champ vide. Il y a des lumières, des contrastes, du flare, comme des rayons qui irradient le paysage, qui l’annulent presque de leur blancheur. Il y a dans ces photos, la recherche d’autre chose que de l’image elle-même. L’auteure et photographe Loo Hui Pang recherche les ombres et les lumières invisibles hors objectifs. Elle cherche ce que lui révèle la photo. Dans celles qu’elle a prises au Laos, son pays de naissance, ou à Hanoi au Viêt-Nam, il y a des silhouettes lointaines, des lumières inattendues qui viennent approfondir le paysage. Comme si elle nous ouvrait une porte supplémentaire. Un autre monde, une autre dimension. Une question de plus posé à la photo elle-même : que veux-tu, que peux-tu, nous montrer ? Qui pourrais-tu nous ramener ? Il y a des reflets dans le miroir, des silhouettes floues et lointaines qui annulent en une seconde la solitude des sujets. Une présence inattendue, une ombre bienveillante qui nous accompagne, et qui reste encore dans le domaine de la quasi invisibilité. Loo Hui Phang donne ce soir au BAL à Paris, une conférence spirite, avec d’autres photographes, intitulée Petite sismologie des croyances. Des photos qui nous mènent vers une forme de fiction, qui nous offrent les signes dont parfois nous rêvons. Font trembler nos paysages à nous. Comme un Blow up que nous rejouerions pour nous-mêmes. On s’accroche à un rayon de lumière on y voit autre chose. On y voit l’intérieur de soi et ce qui nous manque. On y croit.

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Références

L'équipe

Emilie Chaudet
Production