A Niort, rencontre franco-ukrainienne entre réfugiés, familles d'accueil et bénévoles du collectif Ukraine soutien niortais. ©Maxppp - BENOIT FELACE
A Niort, rencontre franco-ukrainienne entre réfugiés, familles d'accueil et bénévoles du collectif Ukraine soutien niortais. ©Maxppp - BENOIT FELACE
A Niort, rencontre franco-ukrainienne entre réfugiés, familles d'accueil et bénévoles du collectif Ukraine soutien niortais. ©Maxppp - BENOIT FELACE
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Résumé

Diane a mis un de ses appartements à disposition pour accueillir une famille ukrainienne. Marylène et Régis ont ouvert leur porte à Anna et ses deux fils. Ils racontent comment ils ont appris à se connaître, malgré la barrière de la langue et les difficultés administratives.

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En 1998, par le biais d’une association humanitaire, Marylène a rencontré Sergueï, un orphelin ukrainien. Il vient de la région de Tchernobyl, et elle l’accueille chaque été pendant neuf ans chez elle à Verneuil-sur-Seine, dans les Yvelines. Malgré quelques incidents, pour Marylène, Sergueï finit par faire “partie de la famille”. De loin en loin, ils gardent contact au fil des années. Sergueï se marie et a deux enfants. Quant à Marylène, elle déménage à Lille avec son nouveau compagnon, Régis. Plusieurs années plus tard, le 24 février 2022, la guerre éclate en Ukraine. “J’ai tout de suite pensé à eux. J'ai envoyé un petit message en lui disant : on s'inquiète pour toi, donne-nous des nouvelles. Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle.”

Sergueï demande alors à Marylène et Régis d’accueillir sa femme Anna et ses deux fils de trois et six ans, David et Daniel. Marylène et Régis acceptent immédiatement et leur cèdent leur chambre. Anna, David et Daniel s’installent. Au départ, la communication est difficile. “On a essayé d’apprendre des mots, mais on communiquait surtout par gestes.” Marylène et Régis décident de laisser leurs invités “s’approprier les lieux”, sans les brusquer. “On voulait qu’ils se sentent comme chez eux !

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Petit à petit, ils parviennent à créer des liens. Ils jouent avec les enfants, les emmènent à la mer, et bientôt, ils constatent avec bonheur que les enfants les appellent “papy” et “mamie”.

On a tout fait pour qu'ils oublient la guerre, pour qu'ils vivent normalement, qu’ils soient joyeux, qu’ils oublient ce qui se passe là-bas, en Ukraine.Marylène

Régis et Marylène sont prêts à accueillir la famille encore pendant des mois, voire des années. Mais Anna veut rentrer en Ukraine très rapidement : “Elle se sentait trop privilégiée alors que ses parents étaient là-bas et qu'ils étaient dans une certaine difficulté. Elle n'avait qu'une envie, y retourner pour les aider.” Quelques semaines plus tard, ils reprennent le chemin de l’Ukraine, et Régis et Marylène ont le cœur gros. “On pense beaucoup à eux, c’est un lien qui ne disparaîtra jamais.

59 min

Si l’histoire de Régis et Marylène s’est déroulée sans accroc, toutes les expériences d’accueil de réfugiés ne sont pas aussi idylliques. Diane a 50 ans et elle est propriétaire d’une grande maison divisée en appartements à Saint-Michel-sur-Orge. En février, bouleversée par les images de la guerre en Ukraine, elle décide de mettre l’un de ses appartements à disposition pour une famille de réfugiés. Le mardi suivant, Yana débarque avec ses deux enfants. Mais très vite, Diane déchante. Elle doit se débrouiller seule pour les vêtir, les nourrir, et accomplir les démarches pour fournir à Yana et ses enfants des papiers : “Je passais mon temps à faire de l’administration” avoue-t-elle.

“Je pensais qu’en passant par une association, il y aurait quelqu'un qui allait assurer un suivi, mais en fait non. Soit je n’ai pas trouvé les bons renseignements, soit on ne me les a pas donnés. Je me disais : "Bon bah voilà, on prête un logement six mois ça ne va pas m'empêcher de partir en week-end, ni en vacances." Mais en fait, si.” Diane

Malgré tout, Diane parvient à trouver un travail à Yana et à lui faire ouvrir un compte en banque. Une petite victoire, d’autant que Yana souhaite rester en France. Quant à Diane, elle s’inquiète pour la suite : elle comptait mettre son appartement à disposition jusqu’en septembre seulement…

“Ce n’est pas la famille ni les amis, mais il y a une complicité. On ne se voit pas les mettre dehors, on espère que l’Etat ou les associations vont les aider.” Diane

28 min

Merci à Diane, Marylène Zasio, Régis Lecareux, François Blanchet et Nicole Cadenel.

  • Reportage : Karine Le Loët
  • Réalisation : Anne Depelchin et Emily Vallat
  • Mixage : Bastien Varigault

Chanson de fin : "Everything Matters" d'AURORA ft Pomme

Références

L'équipe

Karine Le Loët
Production déléguée
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Jeanne Coppey
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation
Emily Vallat
Réalisation
Justine Callé
Stagiaire