Lille 07/03/2021 Acheté par Anne de la Baume, une Parisienne, cet hôtel particulier de Lille a été transformé, à  ses frais, en résidence pour les mal-logés. Anne de la Baume, la propriétaire, chez elle à  Paris.
Lille 07/03/2021 Acheté par Anne de la Baume, une Parisienne, cet hôtel particulier de Lille a été transformé, à ses frais, en résidence pour les mal-logés. Anne de la Baume, la propriétaire, chez elle à Paris.
Lille 07/03/2021 Acheté par Anne de la Baume, une Parisienne, cet hôtel particulier de Lille a été transformé, à  ses frais, en résidence pour les mal-logés. Anne de la Baume, la propriétaire, chez elle à  Paris. ©Radio France - Cécile Bidault
Lille 07/03/2021 Acheté par Anne de la Baume, une Parisienne, cet hôtel particulier de Lille a été transformé, à ses frais, en résidence pour les mal-logés. Anne de la Baume, la propriétaire, chez elle à Paris. ©Radio France - Cécile Bidault
Lille 07/03/2021 Acheté par Anne de la Baume, une Parisienne, cet hôtel particulier de Lille a été transformé, à ses frais, en résidence pour les mal-logés. Anne de la Baume, la propriétaire, chez elle à Paris. ©Radio France - Cécile Bidault
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Résumé

Anne de la Baume, riche héritière d'une famille de collectionneurs d'art, a créé une résidence qui héberge à prix très modéré personnes âgées et étudiants. Pour habiter ce bel hôtel particulier lillois, aucune condition de ressource, ni garant ou chèque de caution ne sont requis.

En savoir plus

Anne de la Baume est la riche héritière d'une famille de collectionneurs d'art. Elle habite seule dans un grand appartement qu'elle a entièrement re-décoré, notamment avec des tableaux appartenant à ses grands-parents.

J'étais fière parce que mon grand-père avait les tableaux des calendriers et pas l'inverse.

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Anne est née à Londres, en 1944, d'un père général et d'une mère résistante. Très fière de ses racines familiales, elle a conscience de la chance qu'elle a, elle sait qu'elle est privilégiée. 

Quand on n'a plus de place sur les murs, on met les tableaux au plafond. 

Bien qu'elle soit riche, Anne n'est pas avare pour autant. Elle partage ses privilèges avec son entourage en leur offrant des cadeaux, des repas, des vacances... 

Je sais bien qu'en France, c'est honteux d'être riche... Mais c'est divin de pouvoir être généreux avec de l'argent justement. C'est festif l'argent !

Anne a mené une vie romanesque, aux cotés d'artistes et d'intellectuels parisiens. Elle n'a que 15 ans lorsque l'idée de logements sociaux intergénérationnels germe dans son esprit. Alors qu'elle rend visite à des vieilles dames dans une maison de retraite d'aristocrates, elle est choquée par l'hermétisme des maisons de retraite : 

Le repas, cette réunion dans le réfectoire de toutes ces vieilles personnes ensemble, avait un coté atroce. J'ai dit à ma meilleure amie "pourquoi on ne met pas des gens jeunes avec elles ?"

De là, elle développe le rêve de créer des maisons partagées par des personnes âgées, des étudiants, des gens de tous horizons. 

J'ai vendu des tableaux qui appartenaient à ma mère et à mon grand père pour avoir suffisamment d'argent pour faire un fond de dotation. J'ai réuni 3 millions. 

Elle réfléchit à un moyen de réunir les jeunes et les personnes âgées dans la vie, dans la ville : pour que les jeunes puissent aller à l'université et pour que les personnes âgées aient accès aux commerces du centre-ville. 

Elle se lance dans un projet à Lille, un hôtel particulier à réaménager pour installer "Villa-Village", elle crée 11 logements, beaux, confortables et destinés à des personnes qui n'ont pas les moyens de se loger décemment. Aux cotés d'une architecte, elle agrandit l'hôtel particulier en créant une partie moderne, alliant l'ancien et le contemporain.

J'ai contacté une architecte qui m'a fait un projet magnifique, un bâtiment très contemporain en tôle ondulée miroir, ce qui fait que le bâtiment du 17e siècle se reflète dans le miroir, et ça reprend l'idée des personnes âgées et des étudiants, de l'ancien et du moderne. 

Villa Village à  Lille
Villa Village à Lille
© Maxppp - Cécile Bidault / Radio France

Anne a réfléchi aux principes du vivre-ensemble : l'indépendance est centrale, chacun a sa salle de bain, ses WC, ses meubles, sa cuisine. Les logements sont prêts à l'emploi, tout équipés et prêts à être habités. Anne a également pensé aux espaces partagés pour favoriser la convivialité : une cuisine pour recevoir de grandes tablées, une buanderie belle et spacieuse et une salle des fêtes. Autant d'espaces pour privilégier les rencontres spontanées et les échanges.

Je me dis qu'il faut que les habitants soient bien, soient heureux. Même des gens qui vont mal, qui ont eu de mauvaises histoires avant, parce qu'ils sont bien quand ils rentrent chez eux, ils vont aller mieux. 

Pour choisir les candidats, Anne est passée par une association. Les locataires ont été choisis avec soin, ce sont des personnes qui ont connu des difficultés personnelles ou qui louaient un logement insalubre, voire qui étaient à la rue. L'expérience est une réussite, les locataires s'épanouissent et s'habituent à leur nouvelle vie. 

Mais je n'ai pas fini, je ne suis qu'à la moitié du chemin. Maintenant je dois convaincre d'autres personnes de faire la même chose ! 

  • Reportage : Rémi Dybowski-Douat
  • Réalisation : Emily Vallat 

Merci à Anne de La Baume.

Musique de fin : "Moonshine Freeze", This is The Kit. 

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Mélissa Foust
Collaboration
Rémi Dybowski Douat
Production déléguée
Victor Kandelaft
Collaboration
Emily Vallat
Réalisation