Juin 1992 : des jeunes filles se promènent dans les rues bombardées de Sarajevo, capitale bosniaque.
Juin 1992 : des jeunes filles se promènent dans les rues bombardées de Sarajevo, capitale bosniaque. ©AFP - Christophe Simon
Juin 1992 : des jeunes filles se promènent dans les rues bombardées de Sarajevo, capitale bosniaque. ©AFP - Christophe Simon
Juin 1992 : des jeunes filles se promènent dans les rues bombardées de Sarajevo, capitale bosniaque. ©AFP - Christophe Simon
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Bosnie, 1992 : en pleine guerre yougoslave, Mediha, bosniaque de Sarajevo, se souvient du jour où elle fut sauvée par un Serbe.

Que dit la guerre de la vie ? En 1992, il y a maintenant 29 ans, la guerre éclate en Yougoslavie. Au milieu des massacres et des morts, quelques lueurs d'humanité sont toutefois présentes, et même quelques éclats de joie au milieu des éclats de bombes...

Cette guerre est arrivée : nous, les Bosniaques, nous n'étions pas prêts. On ne savait pas ce que c'était, la guerre.

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Née à Sarajevo, Mediha a vécu en Bosnie jusqu'à l'âge de 28 ans. Quand la guerre a commencé à Sarajevo, elle a vécu l'état de siège par les armées serbes. Elle vivait alors avec son mari et son fils de six ans. Elle qui avait connu la liberté et la démocratie apprend alors à vivre autrement, au milieu du chaos de la guerre :

On ne pensait pas alors que c'était la guerre, on pensait que c'était quelque chose comme un rêve. On espérait se réveiller, mais on ne se réveillait pas. C'était la guerre. 

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Un matin de mai, elle décide de traverser un pont, sans prendre conscience qu'elle risque sa vie. Elle est arrêtée par l'armée serbe qui lui demande de décliner son identité et de présenter son passeport. Elle prend alors conscience de l'état de guerre. 

On était enfermé dans l'immeuble pendant un mois en tant que prisonniers des Serbes. Ce mois-là, les soldats serbes entraient comme ils voulaient, pillaient la maison, prenaient les affaires. On devait se taire, rester là sans rien dire.

Un jour, son mari et son fils décident de quitter la ville sous les balles. Restée seule, Mediha subit les pillages et la terreur.

Les hommes ils les tuaient, et les femmes ils les violaient. Je trouvais ça moins grave d'être violée que de voir le père de mon fils être tué.

Mediha regarde son mari et son fils partir au milieu des tirs de snipers :

Je les ai vus partir derrière l'immeuble, et presque quinze secondes après j'ai entendu les tirs de fusil. Je ne savais pas ce qui se passait, je suis restée... paralysée, sans aucun sentiment. Je n'avais plus de peurs, plus de doutes, j'étais comme une statue...

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Seule, Mediha ne sait pas comment s'enfuir. Pendant plusieurs jours, elle reste cloîtrée chez elle, avec pour seul appui le téléphone. Elle cohabite avec les soldats serbes qui envahissent l'immeuble. Un jour, l'un d'entre eux se présente chez elle et l'aborde ainsi.

Il m'a dit : "Salut. Écoute, je viens te chercher pour te passer de l'autre côté. Tu as dix minutes pour préparer vite ce que tu as, et on part de suite".

Mediha arrive dans une voiture avec l'homme, qui s'avère être son sauveur...

  • Reportage : Elise Andrieu
  • Réalisation : Thomas Dutter, Angélique Tibau

Merci à Mediha, à Milomir Kovacevic et à l’association Mir Sada. Merci à Joseph Confavreux qui présentait l'émission alors.

Première diffusion : 14/04/2010.

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