Angélique
Angélique - Leila Djitli
Angélique - Leila Djitli
Angélique - Leila Djitli
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Vivre au camping toute l'année, c'est la solution trouvée par Angélique, 63 ans et Christian, 71 ans.

Ils sont voisins de mobil-home et c’est au camping municipal d'Itteville dans l'Essonne qu'ils se sont installés après un divorce qui les a mis dans une situation financière plus que précaire. Aujourd’hui, ils ne changeraient d’endroit pour rien au monde tant ils ont pris goût à cette nouvelle liberté.

Angélique et ses voisins
Angélique et ses voisins
- Leila Djtili

Christian a 71 ans. Il s'est installé dans ce camping il y a trois ans, à la suite d'un divorce qui l'a ruiné. 

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Ma retraite est très petite. Le fait de ne payer que 200 euros par mois me permet de mettre de l'argent de côté. Je peux donc me constituer une petite réserve pour le moment où je ne pourrai plus travailler. 

Au moment où je me suis trouvé face à ces difficultés financières, j'ai construit une muraille avec des pierres que j'avais en moi. Je me suis réfugié dedans. Je me protège de cette manière. 

La mairie veut construire une série de chalets sociaux pour nous loger. Mais nous ne voulons pas partir parce qu’on est très bien ici. Au début, habiter ici est une contrainte. Puis ça devient une habitude. A la fin, on n'est pas si mal que ça

A part un fournisseur que je connais et qui a vu ma dégringolade, les gens avec qui je travaille ne savent pas que je vis ici. Il n’y a pas de quoi se vanter. 

Angélique, elle, habite ici depuis sept ans. 

Je vivais dans une voiture avec mes chiens. J'étais à l'époque avec un homme violent et j'avais décidé de partir, de tout abandonner. J'ai roulé et le hasard m'a amenée ici

C'est comme si j'avais raté quelque chose de moi. J'ai toujours fait beaucoup de choses dans tout, mais je n'ai pas fait une seule chose qui me rapporte quelque chose. Ce sera à refaire, je travaillerais, j'aurais un métier à moi. Là je n'ai aucune retraite, rien. 

Quand j'étais jeune, je n'aimais pas tellement le camping. Mais là, j'ai l'impression que c'est à moi toute seule : je ne dépends pas de quelqu'un. J'ai toujours dépendu de quelqu'un. Et je me rends compte que la liberté, il n'y a rien de mieux. 

1ère diffusion le 23/01/2013

  • Reportage : Leila Djitli
  • Réalisation : Assia Khalid (et Annabelle Brouard)

Chanson de fin : "Les neiges de l'été" sur la musique du lac des cygnes de Tchaïkovski - chanté par Roger Varnay

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Assia Khalid
Réalisation
Leila Djitli
Production déléguée
Sandrine Chapron
Collaboration