Ils ont vécu des licenciements douloureux ou humiliants et ils racontent leurs derniers jours au travail...
Ils ont vécu des licenciements douloureux ou humiliants et ils racontent leurs derniers jours au travail...
Ils ont vécu des licenciements douloureux ou humiliants et ils racontent leurs derniers jours au travail... - Constance Kowalik
Ils ont vécu des licenciements douloureux ou humiliants et ils racontent leurs derniers jours au travail... - Constance Kowalik
Ils ont vécu des licenciements douloureux ou humiliants et ils racontent leurs derniers jours au travail... - Constance Kowalik
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Résumé

Que ce soit au bout de deux ans de CDD ou de vingt ans de CDI, ils ont été licenciés. Ils racontent la découverte de leur lettre de licenciement, et leurs derniers moments au bureau, douloureux ou humiliants.

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“J’ai travaillé licencié”

Le premier témoin était chargé de production dans une entreprise d’audiovisuel. Quand il a pris ce poste, il venait de terminer ses études, et a signé un CDD de deux ans destiné à être reconduit. Pendant sa période d’essai, son directeur de production est désagréable avec lui et intransigeant sur les retards. Plus les semaines passent et plus la situation empire. “Quand il a commencé à m’insulter, j’ai commencé à avoir peur.” Mais la période d’essai se termine sans que notre témoin soit congédié.

Seulement, au bout de quelques mois, il trouve dans les dossiers partagés un étrange document qui semble lui être destiné. Intrigué, il l’ouvre et tombe des nues : il s’agit d’une lettre de licenciement prête à être envoyée - il ne manque plus que de la date et la signature. Comprenant qu’il ne lui reste plus longtemps dans la boîte, le jeune homme redoute le moment fatidique. “J’ai attendu toute la journée dans l’angoisse, mais l’annonce du licenciement n’est pas venue.

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Notre témoin continue de venir au travail, la boule au ventre. Il évite au maximum les contacts avec son directeur : leur relation se dégrade de plus en plus.

Il a fini par me convaincre que je pouvais être aussi mauvais qu’il le prétendait. C’était une entreprise de destruction. Une descente aux enfers pendant deux ans.

A la fin de son CDD, la question se pose : va-t-on enfin lui envoyer la lettre ?

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“J’aurais préféré qu’il me dise que j’étais trop vieille”

Christine est traductrice dans une entreprise appartenant à un grand groupe américain depuis dix-neuf ans. Quand elle reçoit une lettre recommandée, à son nom, elle pense à un chèque.

Je ne me doutais absolument de rien. On m’a tendu cette lettre, j’ai vu le logo de la société. J’ouvre la lettre, je tremblais déjà. J’ai cru qu’ils s’étaient trompés de Christine.Christine

Abasourdie, Christine se rend à son bureau et demande immédiatement à parler à son chef. Elle hausse le ton, mais son patron reste muet. “Tout le monde me regardait.” Sachant qu’elle va être obligée de partir, Christine décide tout de même de rassembler toutes les preuves possibles pour démontrer que le licenciement n’est pas justifié. “C’est long et douloureux de ranger 19 ans de tiroir”, raconte-t-elle, blessée par l’attitude de son chef qui n’a pas daigné lui dire au revoir. Mais ce n’est rien à côté de l’excuse que lui donne, quelques jours plus tard, le directeur général de la société…

"Être dégagée pour ça, c’était ravageur. J’aurais préféré qu’il me dise que je suis trop chère ou trop vieille.” Christine

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“Ils ont fouillé dans mes mails pour trouver une faute grave”

Audrey a réussi à obtenir le “job de ses rêves”. Elle est chargée de production et de billeterie dans le milieu associatif. Quand on lui annonce qu’elle va être licenciée pour cause de restructuration, elle a du mal à encaisser le coup.

Je me suis effondrée. J’aurais voulu être beaucoup plus forte.” Audrey

Au départ, on lui propose une rupture conventionnelle, mais comme elle s’insurge contre la manière très paternaliste et expéditive avec laquelle on la traite, on lui impose de démissionner. Audrey refuse. Ses supérieurs passent alors à l’étape suivante.

Ils ont fouillé dans mes mails pendant mon absence et ils ont déniché des motifs de licenciement pour faute grave. Je pense que ça faisait un moment qu’ils regardaient ce qu’il se passait sur mon ordinateur.” Audrey

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Merci à Audrey, Christine, Vincent, Xavier et Pascal ainsi qu'à Hélène Cazalis de l'association Solidarités nouvelles face au chômage.

Première diffusion : 22/09/2015.

  • Reportage : Emilie Chaudet
  • Réalisation : Sylvain Richard et Emmanuel Geoffroy

Des nouvelles :

Peu de temps après l'émission, le premier licencié s’est reconverti en professeur d'anglais, d’abord en milieu pénitentiaire et puis en collège-lycée comme contractuel. Il vient de passer le concours pour devenir enseignant et attend les résultats le 15 mai.

Après son licenciement, Christine a retrouvé un job de traductrice, mais nous ne savons pas si elle l'occupe encore. Elle a attaqué son ancien employeur aux prud’hommes pour licenciement abusif et obtenu 42 000 euros, soit douze mois de salaire.

Audrey a déménagé à Lyon et elle a eu une petite fille il y a deux ans et demi. Elle a complètement changé de secteur, elle travaille pour la ville de Lyon en tant que gestionnaire de subventions à la direction des sports. Elle dit ne jamais s'être sentie aussi bien au travail depuis cette embauche.

Chanson de fin : "J.E.K." par Jaako Eino Kalevi

Références

L'équipe

Jeanne Coppey
Collaboration
Emilie Chaudet
Production déléguée
Emmanuel Geoffroy
Réalisation
Sylvain Richard
Réalisation
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Justine Callé
Stagiaire