©Getty - Sara Monika
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Elles ont eu une mère, mais elles ont aussi reçu la marque d’un amour maternel et inconditionnel de la part d’autres femmes. Cathy l'a reçu de sa nourrice, et Mathilde d’une femme qui l’accueillait chez elle. Elles témoignent de ce lien de toute protection, donné sans les liens du sang.

« Monique, c’est la première adulte qui m’a témoigné de l’affection » 

Ma mère a dû gérer sept enfants dans une maison au milieu de nulle part, et dans laquelle elle ne voulait pas être. Elle était l'aînée d’une famille paysanne de sept enfants dont elle a dû s’occuper. Elle avait le rêve de devenir médecin, mais s’est exténuée à la tâche dans une grande solitude.

Jusqu’à ses dix ans, elle passe du temps chez Monique, la mère d’une amie. Elle trouve très vite en elle la figure maternelle qui lui manque. 

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Je me revois enveloppée par cette femme douce. C’est la première fois que quelqu’un s’occupait de moi avec tendresse. 

J’espérais toujours qu’en m'absentant plusieurs semaines, ma mère me dise que je lui manquais. Mais ça n’a pas fonctionné.

« J'ai eu une relation d'amour maternel avec ma nourrice »

Jusqu’à ses trois ans, Cathy est confiée à une nourrice venue d’Iran avec laquelle elle noue une relation forte. 

Elle venait chez nous et s’occupait de moi. Elle a toujours cherché à me faire plaisir, à me gâter, à m’apporter du bien-être. Je garde un souvenir de marques d’attention que je ne trouvais pas chez moi, comme le pyjama qu’elle avait pris soin de mettre sur le radiateur avant de sortir du bain.

Plus encore que de l’amour, sa nourrice lui transmet le goût pour la culture iranienne d’où elle est issue. 

J’ai aussi développé une relation affectueuse à sa langue maternelle, que j’ai apprise par la suite. 

C'est quelqu'un qui m'a fait comprendre à quel point l'amour pouvait faire traverser des frontières. Je me suis attaché à son pays. Finalement, je me suis retrouvée à faire ma vie avec un Iranien. Aujourd'hui, mon petit garçon est franco-iranien. 

Reportage : Elise Andrieu

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Merci à Mathilde, à Cathy et à sa nounou.

Chanson de fin : "A textile dream" par Zara Tabatabayi et Fardin Khalatbari - 2012