"Dire qu'on ne peut plus se battre, démissionner, c'est abandonner la vie publique pour toujours".
"Dire qu'on ne peut plus se battre, démissionner, c'est abandonner la vie publique pour toujours". ©Getty - Murat Deniz
"Dire qu'on ne peut plus se battre, démissionner, c'est abandonner la vie publique pour toujours". ©Getty - Murat Deniz
"Dire qu'on ne peut plus se battre, démissionner, c'est abandonner la vie publique pour toujours". ©Getty - Murat Deniz
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Dans notre société, "démissionner" rime souvent avec "abandonner". Alice, Philippe et Awa en ont récemment fait les frais. Trois histoires autour de cet acte fort qui racontent un certain rapport au travail et au devoir.

C’était il y a cinq ans, un jour de février. Devant des cardinaux réunis pour l’occasion, en latin, le pape Benoît XVI annonce sa "renonciation". Oui, le pape démissionne. Il quitte la fonction papale. Il jette l’éponge. Un tel événement n’était pas arrivé depuis 1415 et Grégoire XII qui fut poussé à abdiquer à la suite d’une crise au sein du concile. Tout en sobriété et modestie, Benoît XVI lui-même, dit qu’il manque de forces pour continuer.

D’autres démissions plus ou moins fracassantes ont depuis attiré l’attention. Car elles viennent de ceux dont on l’attend le moins. Et que la démission demeure suspecte, c’est une tâche, ou un coup d’éclat.

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Quelque part, c'est un abandon, une manière de baisser les bras.

Il y a quelques mois, Alice a quitté un poste qui, sur le papier, avait tout l'air du job de ses rêves. Mais sur la papier seulement. Après de longs mois à hésiter, alternant les journées de boulot et les arrêts de travail, elle a finalement sauté le pas ... 

A 72 ans, Philippe n'avait jamais entendu parler de la démission. Ce n'était pas dans sa culture, dans son éducation. Maire d'une petite commune située près de Clamecy, dans la Nièvre, il a pourtant, avec trente autres maires des alentours, déposé sa démission pour lutter contre le fermeture d'un service d'urgence de nuit à l'hôpital. 

Awa voulait être aide à domicile, pour aider les personnes à vivre mieux chez elles. Mais très vite, au bout de deux, trois mois, Awa s'est rendu compte que l'aide à la personne pouvait vite tourner au cauchemar et devenir un travail d'usine, répétitif, déshumanisant...

On dirait que c’est tabou de démissionner. On ne m’a jamais appris à faire une lettre de démission !

Chanson de fin : "J'veux du soleil" par Au P'tit Bonheur - Album : Le Mal de Vivre (1992) - Label  : Polydor.

  • Reportage : Alice Babin
  • Réalisation : Cécile Laffon

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L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
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Production
Cécile Laffon
Réalisation
François Caunac
Réalisation
Charlotte Bienaimé
Charlotte Bienaimé
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Production déléguée
Elise Andrieu
Production déléguée
Emmanuel Geoffroy
Réalisation
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Ilana Navaro
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Martine Abat
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Pascale Pascariello
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Leila Djitli
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Philippe Baudouin
Réalisation
Olivier Minot
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Rémi Dybowski Douat
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Sandrine Chapron
Collaboration
Valérie Borst
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Pauline Maucort
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Clémence Gross
Réalisation
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Adila Bennedjaï-Zou
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Inès Léraud
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Delphine Saltel
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Delphine Dhilly
Production déléguée
Léa Minod
Production déléguée
Léa Veinstein
Production déléguée
Stéphanie Thomas
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Judith Chetrit
Production déléguée