Le harcèlement scolaire, les violences physiques et psychologiques peuvent déclencher une phobie scolaire chez un adolescent.
Le harcèlement scolaire, les violences physiques et psychologiques peuvent déclencher une phobie scolaire chez un adolescent.
Le harcèlement scolaire, les violences physiques et psychologiques peuvent déclencher une phobie scolaire chez un adolescent. ©Getty - Studiostockart
Le harcèlement scolaire, les violences physiques et psychologiques peuvent déclencher une phobie scolaire chez un adolescent. ©Getty - Studiostockart
Le harcèlement scolaire, les violences physiques et psychologiques peuvent déclencher une phobie scolaire chez un adolescent. ©Getty - Studiostockart
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Résumé

Dans quelques mois, Clémence en aura enfin fini avec l'école. De la maternelle aux études supérieures, elle a subi du harcèlement. Au fil des années, elle a développé une phobie scolaire qui la poursuit encore, alors qu'elle est sur le point d'obtenir enfin son diplôme d'éducatrice spécialisée.

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Clémence a vingt-et-un ans, elle habite Lille, et dans quelques mois, si tout se passe bien, elle sera enfin éducatrice spécialisée. Elle ne cache pas sa joie d’être enfin débarrassée de l’école, pour toujours. Elle traîne derrière elle un long parcours de phobie scolaire, lié au harcèlement qu’elle a subi très jeune, parce qu’elle ne cadrait pas avec les stéréotypes de genre.

“Physiquement, je rentrais pas dans la norme sociale d’une petite fille. Une fille, c'est petit, c'est fragile, ça joue à la marelle, ça sait se coiffer. Moi, du coup, je n’en étais pas une.” Clémence

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Moquée et violentée à l’école, Clémence trouve un refuge dans son nid familial. Elle vit alors chez ses parents et ses grands-parents, dans un petit village près de Valenciennes. Elle ne leur en parle pas pour ne pas les alarmer. “S’ils l’avaient su, ils m’auraient changé d’école. Mais j’avais peur de perdre mes repères.” Alors Clémences’adapte à la douleur” pendant toutes ses années de primaire, attendant la rentrée au collège comme une délivrance, “l’espoir d’un renouveau.

Tout commence bien. A son arrivée en sixième, Clémence se fait des amies, et commence à reprendre espoir. Mais l'année suivante, le harcèlement reprend de plus belle. Poussée à bout, Clémence finit par en parler à ses parents, qui l'amènent consulter une spécialiste. Elle est diagnostiquée haut potentiel intellectuel.

“Ça été un grand soulagement d'avoir une explication à tout ça. Si je me sens totalement en décalage avec les autres. c'est pas juste parce que je fais 1m75 et que je suis un peu bizarre et un peu moche. Et c'est peut-être parce qu'au delà de ça, en fait, je ne pense pas comme eux.” Clémence

Même si elle commence à avoir des éléments de réponse, Clémence n'est pas guérie des traumatismes qu'elle a subis pendant toutes ces années. Au contraire : quand il faut retourner au collège, à la rentrée de quatrième, elle se rend compte qu'elle a un "blocage".

“Même pas un mois avant la rentrée, j'ai commencé à être prise de peur panique de retourner à l'école. Je faisais des grosses crises de larmes et je ne voulais pas y aller. Je ne voulais pas revoir les gens que j'avais pu côtoyer les années d'avant. J'étais vraiment très, très mal.” Clémence

Désemparés, ses parents lui proposent de l'inscrire dans une école spécialisée, mais Clémence refuse d'aller dans un internat loin de sa famille. Elle reprend le chemin de l'école, alors que les symptômes de la phobie scolaire lui pèsent de plus en plus.

“J'avais peur, peur de ce qui pouvait se produire, peur de qu'est ce qu'on allait encore pouvoir me dire aujourd'hui. Comment est-ce qu'on allait encore pouvoir me blesser ? Qu'est ce qui allait se passer ? C'était terrifiant. J’avais l’impression d’aller à l’abattoir.” Clémence

Nausées, maux de têtes, crises d'angoisse… Les années passent et Clémence tient bon, aidée par ses professeurs au lycée pour avoir son bac, sautant la seconde pour s'épargner une année de souffrance. Mais quand elle arrive à la fac avec l'espoir d'aller mieux, ses symptômes ne font qu'empirer, se transformant en trouble anxieux généralisé…

“Est ce que c'est seulement l'école ou est ce que c'est juste le fait d'avoir une activité ? Est ce que c'est trop dur d'avoir une activité pour moi ? Est ce que finalement je vais réussir à travailler un jour ?” Clémence

Merci à Clémence et à Odile Mandagaran, présidente de l’Association Phobie Scolaire.

  • Reportage : Sophie Simonot
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Chanson de fin : "Some Heroes" de Moonkiddo