Marseille, 2021.
Marseille, 2021.
Marseille, 2021.  ©Maxppp - Valérie Vrel - PHOTOPQR/LA PROVENCE
Marseille, 2021. ©Maxppp - Valérie Vrel - PHOTOPQR/LA PROVENCE
Marseille, 2021. ©Maxppp - Valérie Vrel - PHOTOPQR/LA PROVENCE
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Résumé

Au port de Saint-Elme, à la Seyne-sur-Mer, des traces de pas se forment sur la petite plage de sable fin : un enfant joue au pirate, un pêcheur regarde amoureusement les vagues, un adolescent part explorer les fonds marins, une femme raconte la légende des deux rochers accrochés à l'horizon.

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À quoi pense-t-on devant les vagues ? À quoi pense-t-on, assis sur la plage, en regardant la mer ? Les pensées qu’elle enfante se ressemblent-elles ? Est-ce qu’on pense à la mer quand on regarde la mer, ou plutôt aux poissons, aux coraux et aux baleines qui se moquent de la façon de parler des méduses ? Des brins de rêverie maritime.

À La Seyne-sur-Mer, à côté de Toulon, Didier contemple la Méditerranée en attendant le retour de pêche de son beau-fils. Issu d’une famille de pêcheurs, il a grandi à deux pas de la plage. Pour lui, la mer est un quotidien qu’il a toujours connu :

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C’est un espace de liberté. On y est bien. On est heureux sur l’eau, il y a de l’espace tout autour de nous, on est en contact permanent avec la nature, on vit avec elle.

Au bout de quelques minutes, le bateau revient. La pêche n’est pas bonne : la mer n’a pas été généreuse, et les marins n’ont ramené que des sèches et des rascasses. 

C’est la mer qui nous fait vivre : c’est elle qui commande, c’est elle qui nous donne à manger, c’est elle qui décide de notre sort. […] Il y a de moins en moins de poissons. On se rend compte que cette ressource a été surexploitée, et que les hommes ont de plus en plus de mal.

À réécouter : La classe de mer

À 7 ans et demi, Thomas vient à la mer et joue aux bandits avec ses amis. Avec son ami, il fait partie de l’équipe des méchants qui doivent voler le trésor des gentils.

J’aime bien la mer. J’y trouve des bâtons, des algues, des cailloux et des coquillages. Faut pas jeter de sac plastique dedans, sinon les tortues meurent.

Plus tard, Thomas souhaite être inventeur, pour remonter le temps :

J’inventerai des machines à remonter le temps. J’irai voir le temps des dinosaures pour voir s’ils ont vraiment existé. 

À réécouter : On entend la mer

Dans le port de Saint-Elme, on peut apercevoir au loin deux rochers. Une dame explique qu’il s’agit de la légende des deux frères. Deux frères qui auraient aimé la même sirène et se seraient déchirés. Face à cette rivalité, le dieu de la mer les aurait condamnés à rester ensemble toute la vie et les aurait transformés en rochers. Pour une petite fille, ça ne tient pas : elle ne croit pas aux sirènes, et pas plus qu’aux rochers.

Quelques mètres plus loin, deux adolescents jouent. Jérémy et Amdane, 14 ans, sont eux aussi des habitués de la mer. Ils y pêchent souvent. 

On pèche ce qu’on trouve. Des poulpes, parfois. On va voir ce qu’il y a.

Pour eux, la mer est calme. C’est un monde parallèle, un autre monde loin du bruit, du tumulte de la terre ferme. 

C’est comme si c’était notre maison. On y trouve tout : le plaisir, tout. On peut tout faire avec l’eau. C’est une seconde vie : c’est comme si on devenait poisson.

C’est aussi une forme de réconfort, une échappatoire pleine de promesses, si bien que l’un d’entre eux souhaite réaliser le rêve d’une vie sous l’eau :

Ils arrivent bien à faire des aquariums sous l’eau, des tunnels sous l’eau… Pourquoi pas vivre sous l’eau ?

À réécouter : Confinés en mer

Reportage : Élise Andrieu

Réalisation : Vincent Abouchar, Emmanuel Geoffroy

Merci à Didier, Thomas, Cyril, Jérémy et Amdoune, à la famille Fellouze et à la famille Amiel, à tous ceux qui ont accepté de nous dire à quoi l'on pense quand on regarde la mer.

Première diffusion : 11/01/2008.

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Elise Andrieu
Production déléguée
Mélissa Foust
Réalisation
Emmanuel Geoffroy
Réalisation
Vincent Abouchar
Réalisation
Victor Kandelaft
Collaboration