Pendant une manifestation du collectif #NousToutes, une zone non-mixte est créée au sein de la marche.
Pendant une manifestation du collectif #NousToutes, une zone non-mixte est créée au sein de la marche.
Pendant une manifestation du collectif #NousToutes, une zone non-mixte est créée au sein de la marche. ©Maxppp - Vincent Isore IP3 PRESS
Pendant une manifestation du collectif #NousToutes, une zone non-mixte est créée au sein de la marche. ©Maxppp - Vincent Isore IP3 PRESS
Pendant une manifestation du collectif #NousToutes, une zone non-mixte est créée au sein de la marche. ©Maxppp - Vincent Isore IP3 PRESS
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Résumé

A l’ENS de Paris, en 2017, l’association féministe organise une réunion de rentrée “sans hommes cisgenres”, ce qui en mécontente certains. A Bobigny, la Women’s house est un lieu d’accueil exclusivement destiné aux femmes... ou presque. Deux histoires où la non-mixité résiste aux épreuves.

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"On ne peut pas exclure une partie de la société !"

En 2017, à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm à Paris, l’association féministe propose aux élèves une réunion de rentrée en non-mixité choisie “sans hommes cisgenres”. En d'autres termes, sont conviées les femmes cisgenres et transgenres, les hommes transgenres et les personnes non-binaires. Pour les membres de l'association, il s'agit d'un moyen de réfléchir à l'avenir de l'association entre personnes concernées par les problématiques sexistes ou autres discrimination de genre. Mais lorsqu’ Olivia , qui organise la réunion, envoie le mail d’information, elle s’aperçoit que certains élèves sont réfractaires, voire insultants.

"Quelqu'un nous a comparé à l'Arabie Saoudite en disant qu'on allait mettre des panneaux en bambou dans la cantine de l'école pour séparer les hommes et les femmes." Olivia

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Pour Achille, qui vient d'entrer en première année de l'ENS, "on ne peut pas avoir des réunions qui excluent une partie de la société". Il cherche donc un moyen de participer coûte que coûte à la réunion.

"À ce moment là, un peu en boutade avec des amis, j'avais dit quelque chose du style : il suffirait de se travestir pour y aller et puis pour pouvoir participer. C'était une blague, mais finalement je me suis dit : pourquoi ne pas le faire ?" Achille

Maquillé et légèrement féminisé, Achille se présente le jour de la réunion, en s'exprimant avec une voix plus aiguë que d'habitude. Alors qu'il s'attendait à être rejeté, rien ne se passe vraiment comme prévu...

28 min

La Maison des femmes à Bobigny : entre femmes... ou presque

A Bobigny, la “Women’s house” de l’association Utopia 56 est un lieu d’accueil en non-mixité de genre. Les mineures accueillies sont encadrées par des bénévoles femmes. Pour les filles, c’est une question de survie. En effet, pendant leur exil pour rejoindre la France, elles ont vécu des violences de la part des hommes qui leur ont laissé de profonds traumatismes.

"L'intérêt de la maison, c'est qu'on puisse établir des relations de confiance, qu'elles se sentent bien avec nous, qu'elles puissent se confier si elles en ont envie." Kenza, bénévole à Utopia 56

Certaines résidentes ont dû fuir leur pays à cause de leur sexualité. Gracia explique qu'elle a quitté le Congo-Kinshasa parce que son lesbianisme n'était pas accepté dans sa famille. Mais ce n'est pas tout : alors qu'elle a un corps de femme, elle se sent "garçon". C'est aussi le cas de Fatoumata, une amie de Gracia qu'elle a rencontré dans l'équipe de foot Les Dégommeuses, composées de lesbiennes et personnes trans. Fatoumata a fui le Mali, et habite aujourd'hui avec sa femme à Château-Rouge. Elle se dit lesbienne, mais aussi garçon.

"Mon père et mon cousin m'ont menacée de mort. Ma famille ne m'a jamais aimée comme je suis. Moi, je suis fière d'être comme je suis. Je n'ai pas moi qui ai choisi d'être lesbienne, c'est mon corps, c'est comme ça. On m'a créée femme, mais je suis garçon." Fatoumata

C'est donc en arrivant en France que Fatoumata et Gracia ont pu exprimer leur identité de genre. Aujourd'hui, Gracia voudrait prendre des hormones, pour avoir de la barbe et une voix plus grave. Mais si Gracia est en fait un homme, quid de la non-mixité ? Faut-il l'ouvrir aux hommes trans ? Qu'en pensent les autres femmes ?

27 min

Merci à Zelda Charlotte et Kenza de l’association Utopia 56, ainsi que toutes les filles accueillies dans la Maison ; Jeanne Coppey, Achille et Olivia.

  • Reportage : Léa Veinstein
  • Réalisation : Yaël Mandelbaum
  • Mixage : Philippe Merscher

Pour aller plus loin :

Devenir bénévole au sein des maisons d'accueil d'Utopia

Emilie Rappeneau, « On veut garantir la sécurité des femmes par les femmes » : une maison refuge pour les mineures isolées, Basta !, 25/06/21

Chanson de fin : Khalouni (Laissez-moi) de Rabah Khalfa & Souad Massi

Références

L'équipe

Jeanne Coppey
Collaboration
Yaël Mandelbaum
Réalisation
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Léa Veinstein
Production déléguée
Justine Callé
Stagiaire