Illustration du film "Sex and the Single Girl", avec Natalie Wood, Tony Curtis, Lauren Bacall et Henry Fonda (1964).
Illustration du film "Sex and the Single Girl", avec Natalie Wood, Tony Curtis, Lauren Bacall et Henry Fonda (1964).
Illustration du film "Sex and the Single Girl", avec Natalie Wood, Tony Curtis, Lauren Bacall et Henry Fonda (1964). ©Getty - LMPC
Illustration du film "Sex and the Single Girl", avec Natalie Wood, Tony Curtis, Lauren Bacall et Henry Fonda (1964). ©Getty - LMPC
Illustration du film "Sex and the Single Girl", avec Natalie Wood, Tony Curtis, Lauren Bacall et Henry Fonda (1964). ©Getty - LMPC
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Résumé

Sandrine, mère d’enfants en bas âge est en burn out parental. Elle décide de voir un psy. Les séances deviennent sa bulle d'oxygène, mais elle tombe amoureuse de son thérapeute. Anne, elle, noue une relation de confiance avec son psy. Mais un jour, tout s'écroule : son thérapeute disparaît.

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Il y a une dizaine d’années, à la naissance de son petit dernier, Sandrine devait composer avec un mari très occupé par son travail. Submergée par la fatigue et les tâches domestiques, elle a décidé d’arrêter de travailler. Elle s'est peu à peu isolée, et le vide l'a envahie. 

Je n’avais plus de projets personnels, je n’existais qu’à travers mes enfants. Je me sentais un peu inexistante, je cherchais du sens à ma vie.

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Un matin, au réveil, Sandrine décide de se faire aider. Elle exhume les coordonnées d'un psychiatre notées sur un post-it jaune. Les consultations commencent, et Sandrine remarque que son thérapeute a toujours le même pull noir quand il la reçoit.

Peu à peu, les séances deviennent une bulle d’oxygène, une balise salvatrice pour la mère de famille.

J’attendais ce rendez-vous avec plus que de l’impatience. C’était le seul élément de ma vie, la seule chose qui faisait que je me levais le matin. Le seul endroit que je désirais, la seule chose qui me motivait.

Sandrine s'attache progressivement à cette relation, faite de hauts et de bas.

J'étais tellement seule dans ma tête, j'avais tellement besoin d'être valorisée, d'exister pour quelqu'un, que j'ai fait toute une histoire du moindre signe. 

Elle doit se rendre à l’évidence : elle est en train de tomber amoureuse de son psy. Son énergie mentale est tout entière rivée sur son thérapeute. Mais, un beau jour, Sandrine tombe des nues...

Je me suis sentie trompée, abandonnée.

Malgré le bouleversement que cet abandon provoque, Sandrine a progressivement nourri de nouveaux projets...

À réécouter : Service de psychiatrie

La perte, Anne la connaît, mais d'une façon différente. Alors qu’elle vingt ans, la jeune femme voit ses parents divorcer. Bouleversée, elle prend alors rendez-vous chez un psychiatre, qui lui conseille une psychanalyse. S'ensuivent des années passées sur plusieurs divans, dont une quinzaine avec la même thérapeute.

Je n’ai pas avancé de manière mirobolante. C’était quand même super lent. 

Anne en a assez et finit par arrêter. Mais l’angoisse persiste, et la naissance de son fils fait ressurgir beaucoup de questions. Elle décide de prendre rendez-vous avec un nouveau thérapeute, dont le cabinet est installé dans une pièce de sa maison. Anne s'y sent bien : 

Il pouvait me parler d’une œuvre, de telle phrase, évoquer des concepts qui volaient haut. J’avais parfois de la peine à suivre mais c’était intéressant et valorisant. 

Après trois ou quatre ans de thérapie, la santé de son psy commence à se dégrader nettement. Anne voit une bouteille d’oxygène s’inviter dans le cabinet. Elle ne voit pas la réalité en face et minimise la situation. 

Je ne pouvais pas penser qu’il était en danger. Pour moi, c’était un roc. C'était moi qui n'étais pas bien, lui, ça allait. Je n'ai jamais osé aborder le sujet, lui demander si ça allait. Je n'ai pas osé. C'est un mélange de pudeur et d'aveuglement.

Pourtant, quelques mois plus tard, un simple message lui apprend le drame. Un choc. 

Je me suis dit "personne ne peut comprendre". Si je pleure au boulot je ne peux pas dire que mon psy est mort. Tout le monde s’en fout. On est tout seul avec ce problème, on ne peut pas vraiment le partager. 

La tristesse se mêle au trouble. Sidérée, Anne finit par se résoudre à cette perte considérable. Le manque fait jaillir en elle quantité de sensations différentes, comme la jalousie ou le déni.

Ce lien avec cette personne, il est bizarre quand même. Qui est-elle dans notre vie ? On ne va pas boire des coups ensemble, on ne fait pas des dîners… Pourtant on se côtoie pendant des années, on lui dit les choses les plus secrètes. Mais on le connaît pas. 

À réécouter : De l'amour

Reportage : Karine Le Loët

Réalisation : Anne-Laure Chanel 

Merci à Anne, Sandrine, Zephyr, Marie-Gonzague, Alexis, Lula et Marina.

Musique de fin : "White Dress", Lana Del Rey - Album : Chemtrails Over The Country Club, 2021.

Mixage : Claude Niort et Nicolas Depagraff

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Mélissa Foust
Collaboration
Karine Le Loët
Production déléguée
Victor Kandelaft
Collaboration
Anne-Laure Chanel
Réalisation