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. ©Getty - Gary John Norman
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En Belgique, trois jeunes femmes racontent la façon dont elles ont accompagné - jusqu’au bout - leur grand-mère bien-aimée qui a souhaité mourir dans la dignité.

Julie, Suzon et Louise ont toutes les trois pu dire au revoir à leur grand-mère quand est venu le jour du rendez-vous avec le médecin. Il leur a d’abord fallu accepter cette décision irréductible et voir défiler les derniers jours de leur grand-mère pour se rendre compte du "cadeau" qui leur est fait.

“Le médecin est venu, avec son agenda. Il a ouvert ces petites pages et a dit : ‘Lundi ?’ “ Julie

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Depuis plusieurs années, la grand-mère de Julie était décidée à mourir quand elle le souhaiterait. A 92 ans, voyant son corps faiblir et son autonomie diminuer, elle prend la décision de fixer un rendez-vous avec son médecin pour une euthanasie. Pendant la semaine qui la sépare du rendez-vous fixé avec le médecin, Julie voit les derniers jours de sa grand-mère défiler un à un. “On veut la garder pour nous.”

“On s'est tous dit qu'il fallait vraiment une dose de courage assez incroyable pour vivre cette dernière semaine en se sachant condamnée, puisqu’on sait qu’il y a une dead line qui est là et qu’après il n’y aura plus rien.” Julie

Lorsque Julie lui dit au revoir, sa grand-mère lui répond : “A demain”.

28 min

Aux alentours de ses 90 ans, la grand-mère de Suzon “a exprimé le fait qu'elle trouvait qu'elle avait fait sa vie. Son fils était malade et elle trouvait que ce n'était pas juste qu'elle parte après lui.”

Peu à peu, la santé de sa grand-mère se détériore. Atteinte d'Alzheimer, la veille du rendez-vous, elle n’est plus en capacité de confirmer à son médecin sa volonté d’être euthanasiée. Le jour du rendez-vous, le médecin arrive et lui demande : “Est-ce que vous voulez mourir, Madame Libert ?”. Sa grand-mère répond : “Oui, je veux mourir.”

“Elle a regardé le médecin et lui a dit : ‘Voilà, je suis prête’.” Suzon

Quant à la grand-mère de Louise, très active et aimant voyager, “elle a commencé une phase d'ennui en se disant qu'à partir du moment où elle ne pouvait plus faire tout ce qu'elle voulait, toutes ses passions s'éteignaient les unes après les autres”.

“Elle me dit : ‘J’ai 93 ans, j’ai eu une belle vie, et j’ai décidé qu’elle devait maintenant être terminée.’” Louise

Aujourd’hui, Louise se questionne : “Pourquoi est-ce qu’on ne prépare pas la mort du parent qui a envie de terminer sa vie sans devenir un fardeau ou être dans la souffrance ?”

“C’est un cadeau magnifique qu’elle nous fait de partir en nous permettant de lui parler, de lui poser nos questions, de lui dire au revoir.” Louise

28 min

Merci à Ariane Papeillanse, à Julie, à Suzon et à Louise.

  • Reportage : Stéphanie Thomas
  • Réalisation : Jeanne Cherequefosse et Laure-Hélène Planchet

Musique de fin : Take This Waltz par Ebba Forsberg