En 2021, la police a enregistré une augmentation de 33% des plaintes pour violences sexuelles.
En 2021, la police a enregistré une augmentation de 33% des plaintes pour violences sexuelles.
En 2021, la police a enregistré une augmentation de 33% des plaintes pour violences sexuelles. ©Radio France - Rose Vidal
En 2021, la police a enregistré une augmentation de 33% des plaintes pour violences sexuelles. ©Radio France - Rose Vidal
En 2021, la police a enregistré une augmentation de 33% des plaintes pour violences sexuelles. ©Radio France - Rose Vidal
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Résumé

Comment réagit-on lorsqu’on est confronté à une violence sexuelle dans l'espace public ? Ignorer et détourner le regard ? S'interposer, au risque de se mettre en danger ? Trois récits de témoins d'agression ou d'agression sans témoins.

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Dans la rue, dans un parking, sur une place publique : les agressions relatées dans cette émission ont eu lieu au grand jour. Souvent, les témoins de telles violences, en grande partie dirigées contre des femmes seules, ne savent pas comment réagir. Parfois, ils détournent le regard. Dans d'autre cas, ils tentent de s'interposer, au risque de se faire agresser eux aussi.

"Une femme sans-abri, personne ne la regarde !"  

Marseille, en été. Une jeune femme boit un verre en terrasse avec des amies. Non loin d'elles, une femme, visiblement sans domicile fixe et alcoolisée, dort sur un matelas, en pleine rue. Soudain, la jeune femme voit un homme ivre, qui vient de se faire chasser du café par le serveur, rejoindre cette femme SDF sur le matelas. Il tente de l’embrasser, puis se place derrière elle et commence à la pénétrer.

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"Au début, je pensais qu’ils étaient en couple. Puis j’ai réalisé qu’elle dormait. Et qu’il était donc en train de la violer."

Toute la terrasse du café comprend alors qu'il s'agit d'une agression. On appelle la police, qui interpelle le coupable et emmène la victime à l'hôpital. Toutefois, la jeune femme regrette de ne pas avoir réagi plus rapidement.

"C'était en plein jour, à ciel ouvert, sans violence apparente, et c'étaient des personnes sans domicile fixe : ces gens-là, personne ne les regarde."

Aujourd'hui, elle se demande ce qu'est devenue la victime, qui, au vu de sa situation sociale, n'a certainement pas accès à un suivi psychologique adapté.

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"On a eu peur, on voulait partir..."  

À Londres, des adolescents en colonie de vacances sont témoins d'une agression dans un parking.

"On voyait une femme qui ne se débattait pas vraiment, elle voulait courir, ou avancer. Un homme derrière elle essayait de la déshabiller. Ils étaient tous les deux ivres, ça sentait fort l'alcool."

Le premier réflexe des garçons est de s'éloigner. Mais après quelques secondes d'hésitation, ils reviennent sur leurs pas. Avec quelques mots d’anglais hésitants, et malgré la peur, ils interviennent.

"On s'attendait à ce que la police réagisse rapidement, mais pas du tout. On leur expliquait les faits, mais on ne savait pas parler anglais. Ils ne nous prenaient pas au sérieux."

Les adolescents resteront très marqués par cet événement. "Je préfère avoir ce choc plutôt que cette femme se fasse violer", affirme l'un d'entre eux, qui se dit aujourd'hui particulièrement attentif au consentement de ses partenaires.

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"J'ai compris qu'il pouvait réellement passer à l'acte."  

A Strasbourg, une jeune femme qui sort d'une épreuve de concours, tôt le matin, traverse une place publique. Elle se fait agresser en pleine rue, sans témoin. La raison ? Elle a insulté l'homme qui a manqué de la renverser en vélo. Hors de lui, il la pousse dans les buissons, et sort un couteau. Il la menace de l'agresser sexuellement. Terrifiée, la jeune femme se rend soudainement compte "qu'il pouvait réellement passer à l'acte"

"J’ai courbé l’échine. Je me suis soumise à sa volonté de me dominer, et c’est ce qui m’a sauvée."

Même si elle a échappé au pire, aujourd'hui, quand une situation en apparence anodine lui rappelle son traumatisme, la jeune femme fond en larmes. Elle a "développé une phobie des hommes tenant un couteau" qui se rappelle parfois à elle dans les situations les plus incongrues...

Merci à Clarisse, à Elvire, aux garçons de la colonie de vacances, à Noémie, à Carine, à Soukaïna et à Pascal.

Diffusé pour la première fois le 26/11/2018.

  • Reportage : Delphine Dhilly
  • Réalisation : Anne-Laure Chanel

Musique de fin : "Mother" par Vashti Bunyan.

Références

L'équipe

Jeanne Coppey
Collaboration
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Delphine Dhilly
Production déléguée
Anne-Laure Chanel
Réalisation
Justine Callé
Stagiaire