Deux jeunes adultes, un verre de champagne à la main, et deux adolescents des beaux quartiers. ©Getty - David De Lossy
Deux jeunes adultes, un verre de champagne à la main, et deux adolescents des beaux quartiers. ©Getty - David De Lossy
Deux jeunes adultes, un verre de champagne à la main, et deux adolescents des beaux quartiers. ©Getty - David De Lossy
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Résumé

Adolescents à l'époque, trois jeunes adultes racontent leur évolution au sein d'une famille riche. Ils confient leurs souvenirs de virées shopping dans un taxi privé aux vitres teintées. Malgré une vie sans problème apparent, chacune de leur histoire raconte une gêne.

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La première personne qui nous raconte son histoire est étudiante en école de commerce. Elle a grandi dans une famille noble, entre un père financier et une mère travaillant pour une marque de prêt-à-porter. Scolarisée dans un établissement catholique, elle a intégré un collège public lors de son entrée en classe de cinquième, ce qui a changé sa vision du monde.

"J'ai grandi dans une bulle, où tout le monde est plus ou moins catholique, où tout le monde a un certain train de vie. En rentrant au collège, j'ai du m'adapter et ouvrir les yeux sur le fait que tout le monde n'habite pas dans les beaux quartiers, dans des appartements de 300 mètres carrés."

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"Cela me paraissait très bizarre de voir que tout le monde ne partait pas skier l'hiver. Pour moi tout le monde sait skier. Je trouve ça drôle de me dire qu'on fait des choses toute notre vie que des personnes n'ont jamais fait."

Malgré son ouverture d'esprit, ce changement est compliqué, cela prend du temps de changer ses automatismes.

"Aujourd'hui, je me considère toujours comme snob, parce que ce sont mes racines. Si j'arrêtais d'être snob, c'est comme si j'arrêtais de porter mon nom de famille. Mon éducation me colle à la peau : on m'a appris à juger et à porter un regard critique sur plein de choses."

27 min

Le second est étudiant en droit et habite à Paris. Fils d'un directeur de fonds d'investissement, il regrette qu'on lui colle des "étiquettes".

"Quand j'étais en seconde, deux filles de ma classe m'avaient attribué l'étiquette de 'gros catho riche'. Elles le disaient comme un reproche, comme si ce n'était pas bien. Moi, j'étais outré : c'est ridicule de coller ces étiquettes. Je préfère juste ne pas en parler, parce que je ne veux pas que l'on pense à ça lorsqu'on pense à moi".

Il veut devenir artiste contemporain, et "faire des expositions dans de grands centres comme le Pompidou ou le Tate Modern. (...) J'ai envie de faire des choses spectaculaires."

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Le troisième est architecte. Entre ses treize et ses dix-sept ans, il a vécu dans l'Est parisien avec ses parents, dans un quartier populaire.

"Mes amis venaient de milieux assez différents. On jouait beaucoup au basket, on regardait des clips et on mixait. J'avais plus de moyens qu'eux et je le partageais."

Il se souvient de la honte qu'il ressentait vis-à-vis de copains bien moins privilégiés.

"Le lundi, nous remplissions régulièrement un caddie au centre commercial, de plusieurs milliers de francs. Nous y allions dans une Berline Mercedes noire. Lorsque nous arrivions dans le quartier, je me dépêchais de rentrer les courses, je fermais la porte et les rideaux avant de commencer à préparer à dîner."

Première diffusion : 17/09/2020

  • Reportage : Alice Babin
  • Réalisation : Cécile Laffon et Anne-Laure Chanel

Des nouvelles

La première personne qui parle est en école de commerce et s’apprête à partir à l’étranger pour son master.

Le deuxième témoin a quitté le droit pour des études d’histoire de l’art. Il poursuit son travail artistique et plastique. Aujourd’hui contrairement à hier, vivre de son art lui paraît être un exploit…

Enfin, le troisième témoin vit toujours à Paris, et il est toujours architecte.

Musique de fin : "Deux hirondelles" de Aline.

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Jeanne Coppey
Collaboration
Cécile Laffon
Réalisation
Anne-Laure Chanel
Réalisation
Sandrine Chapron
Collaboration
Justine Callé
Stagiaire
Alice Babin
Production déléguée