“Je peux aller dans un parc, je m'assois, je dessine pour ne pas être dans de mauvaises conditions et pour ne pas fréquenter les mauvaises personnes.” Mustapha
“Je peux aller dans un parc, je m'assois, je dessine pour ne pas être dans de mauvaises conditions et pour ne pas fréquenter les mauvaises personnes.” Mustapha ©Getty - Oscar Porrasinfo
“Je peux aller dans un parc, je m'assois, je dessine pour ne pas être dans de mauvaises conditions et pour ne pas fréquenter les mauvaises personnes.” Mustapha ©Getty - Oscar Porrasinfo
“Je peux aller dans un parc, je m'assois, je dessine pour ne pas être dans de mauvaises conditions et pour ne pas fréquenter les mauvaises personnes.” Mustapha ©Getty - Oscar Porrasinfo
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Arrivés en France alors qu’ils sont encore mineurs, ils racontent la façon ubuesque dont ils ont été trimbalés de foyer en guichet et d’école en apprentissage.

En juin 2019, Mariama quitte la Côte d’Ivoire pour la France. Elle a alors 15 ans et est portée par son amour pour la littérature, son envie d’apprendre. La scolarisation qui lui avait été promise en France ne lui est finalement pas accessible. Elle doit alors se débrouiller seule pour s’en sortir. Mustapha quitte, lui, la Côte d’Ivoire à 17 ans. Son temps, il le passe entre les cours, rechercher un accès à la nourriture et dessiner. Deux parcours marqués par la solitude et l’insécurité, qui n’ont pourtant pas fait disparaître leurs rêves.

“Quand je suis arrivée là-bas, que j’ai parlé des études, on m’a dit : ‘On ne sait pas comment va évoluer ta situation. On ne peut pas t’inscrire à l’école. Pour le moment, on ne peut rien faire pour toi’.” Mariama

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Logée un temps à Belfort, Mariama prend ensuite la route pour Paris sur les conseils de sa cousine pour se rapprocher d’associations d’aide aux mineurs non accompagnés. A défaut de pouvoir rejoindre une classe, elle est intégrée dans une cellule accueillant des étrangers visant à leur apprendre le français, mais ce n’est pas ce dont Mariama a besoin. Aujourd’hui, elle n’est plus encadrée ou conseillée par qui que ce soit. Elle se retrouve seule, “donc on apprend à ne compter que sur soi”.

“Tu regrettes d’être venue. Tu t’en veux de t’être inventé des rêves qui sont impossibles, surtout pour des femmes africaines.” Mariama

54 min

Mustapha, de son côté, tente de trouver quelques moments d’apaisement en allant s’asseoir dans un parc pour dessiner. Il parvient ainsi à ne plus penser pendant un instant aux difficultés administratives qu’il rencontre au quotidien. Tandis que la dureté de la solitude a pu être atténuée grâce à un suivi psychologique. Ses rêves, il ne les oublie pas, il les garde simplement de côté.

Reportage : Alain Lewkowicz

Réalisation : Anne Depelchin

Merci à Mariama et Mustapha, Clémence Boué d'Envols, Morgane Magdelain de Droit à l'école, aux mineurs non accompagnés et aux bénévoles de ces associations qui nous ont accueillis.

Musiques

Abusey Junction par Kokoroko

Kano par Trio Ivoire

Wild World par Imany