Jérôme Bénozillo en 2011. ©Philippon JOEL, Maxppp
Jérôme Bénozillo en 2011. ©Philippon JOEL, Maxppp
Jérôme Bénozillo en 2011. ©Philippon JOEL, Maxppp - PHILIPPON JOEL
Jérôme Bénozillo en 2011. ©Philippon JOEL, Maxppp - PHILIPPON JOEL
Jérôme Bénozillo en 2011. ©Philippon JOEL, Maxppp - PHILIPPON JOEL
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Résumé

Il livre des capotes comme d’autres livrent des pizzas. Ses clientes, la plupart des prostituées de Lyon, le surnomment le « capotier ». Récit d'une de ses tournées, dans la joie et la bonne humeur, une nuit d'octobre 2010.

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C'est son fils qui a inventé le terme de "capotier", quand on lui a demandé quel métier exerçait son père. Il fallait en effet un nouveau mot pour décrire ce métier peu commun, qui consiste à livrer des préservatifs et d'autres produits d'hygiène aux travailleuses du sexe, à un prix avantageux. Le but : offrir à ses clientes de meilleures conditions de travail autant sur le plan sanitaire qu'économique. Depuis 2006, Jérôme Benozillo a même inventé un modèle de préservatifs "renforcé" afin de garantir une protection optimale.

"Les filles m'appellent vingt-quatre heures avant. Pour être dans la légalité, il ne faut pas leur proposer, il faut que soient elles qui demandent. Je livre à domicile ou dans les camionnettes." Jérôme

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Jérôme s'est rapidement fait connaître dans le milieu du travail du sexe lyonnais. "A Lyon, il y a environ 200 prostituées. En 2010, on va faire pas loin du million de préservatifs distribués." Pendant sa tournée nocturne, Jérôme va de point de rendez-vous en point de rendez-vous, dans la rue ou directement chez ses clientes, dont il connaît tous les prénoms. Ils échange avec elles deux ou trois mots, en français, en anglais ou en espagnol, il blague, leur fait la bise, mais pas plus.

"Si je commence à accepter une prestation contre une boîte de préservatifs, c'est fini, ça va me griller." Jérôme

Ses clientes lui racontent leurs difficultés pour exercer un métier légal, mais peu reconnu. "Il faudrait changer la loi, qu'on ait un endroit où aller", affirme l'une d'entre elles, déplorant les conditions de travail de plus en plus dégradées. Une autre est veuve, mère de deux enfants, et a du mal à joindre les deux bouts. Jérôme lui souhaite bonne chance, et reprend sa tournée, un peu fatigué, mais toujours au rendez-vous.

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Merci à Jérôme Bénozillo et toutes les personnes rencontrées.

Première diffusion : 23/11/2010

  • Reportage : Alain Lewkowicz
  • Réalisation : Annabelle Brouard et Cécile Laffon

Des nouvelles de Jérôme :

Après 18 années de bons et loyaux services, Jérôme Bénozillo a décidé prendre sa retraite. Il cherche un repreneur. Il nous a indiqué que des investisseurs voulaient racheter son entreprise, mais qu'il était méfiant : rien ne lui garantit qu’on continuera à fournir à ses clientes ce dont elles ont besoin pour travailler en sécurité. Les investisseurs lui proposent aussi de créer un site Internet, mais il refuse : il veut que son activité demeure artisanale.

Musique de fin : "Le Garçon épicier" de Fernandel

Références

L'équipe

Cécile Laffon
Réalisation
Jeanne Coppey
Collaboration
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Annabelle Brouard
Réalisation
Alain Lewkowicz
Production déléguée