Jacques Chirac dans le métro parisien, le 5 décembre 1980.
Jacques Chirac dans le métro parisien, le 5 décembre 1980.
Jacques Chirac dans le métro parisien, le 5 décembre 1980. ©AFP - Jean-Claude Delmas
Jacques Chirac dans le métro parisien, le 5 décembre 1980. ©AFP - Jean-Claude Delmas
Jacques Chirac dans le métro parisien, le 5 décembre 1980. ©AFP - Jean-Claude Delmas
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Résumé

À l'agence de recouvrement des TCL à Lyon, dans le métro parisien avec un "super fraudeur", sur le réseau de l'agglomération d'Aubagne où tous les transports sont gratuits, et dans le bureau du président des transports lyonnais : enquête satirique sur le prix des transports en commun en ville.

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Tout commence avec des jeunes pris en flagrant délit de fraude à Lyon. L’un d’entre eux a écopé d’une amende :

Y'en a marre de payer ! Ça coute trop cher, et on est étudiants, donc payer trente euros par mois… Je fraude tout le temps, depuis 2 mois. […] Tous les prix augmentent, c’est normal qu’après tout le monde fraude ! On n’a pas tous les mêmes moyens.

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Olivier Minot avoue lui aussi ne pas toujours payer ses trajets. Il a aussi écopé d’une amende à Lyon. En se rendant au bureau de recouvrement des amendes, il rencontre Khaled, qui a passé un mauvais moment :

Ils ont appelé la B.A.C. Ils en ont profité pour me mettre deux amendes, vous voyez : là, c’est un défaut de validation ; là, refus de paiement. 87 et 61 euros. […] Ils m’ont dit : « on fait ce qu’on veut, et va te plaindre ! »

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À Paris, cette fois-ci, Matthieu est « super fraudeur ». Il est fier de n’avoir jamais eu d’amende après avoir croisé 10 fois des contrôleurs. Dans le métro parisien, il explique sa technique :

S’ils te voient sauter, ils te font payer plus cher. […] Trois options : soit tu demandes à la personne qui passe, gentiment ; soit tu demandes rien, mais tu te mets derrière la personne, tu sautes au-dessus du tourniquet et tu mets un coup de pied dans la porte pour qu’elle ne se ferme pas ; soit, tu grimpes par-dessus la machine.

En arrivant à Paris, Matthieu a continué à frauder comme il le faisait par le passé à Lyon. Il justifie cela par la manière de vivre la ville au quotidien :

Je préfère sauter la barrière que biper avec ma carte Navigo, et me sentir trop emmerdé le jour ou je ne l’ai pas.

Le fraudeur rodé a des réflexes et reste sur ses gardes. Toutefois, quand il embarque pour de longs trajets, il achète un ticket. Il fait même partie d’un club : 

Je fais partie d’une mutuelle de fraudeurs : c’est un groupe de gens qui se réunissent et payent une cotisation mensuelle. Nous, on met cinq euros par mois dans un pot commun. Dès qu’un membre se prend une amende, on prend dans le pot commun pour la rembourser.

Parfois, dit Matthieu, il existe des collaborations inter-mutualistes : une mutuelle prête de l’argent à une autre. Bref, Matthieu connait beaucoup de rouages. Quand, soudain…

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Y a pas de tickets ? — Non, c’est gratuit !

À Aubagne, les transports sont gratuits. Pas de ticket, pas de stress. Magali Giovannangeli, présidente communiste de l’agglomération à l’époque, revient sur les réactions des citoyens quand l’annonce a été faite :

Une dame m’a même dit : « c’est le plus beau jour de ma vie ». Elle avait six enfants, et c’était pour elle un allègement considérable en termes de pouvoir d’achat.

Une mesure qui n’est pas sans avoir certains avantages, selon elle :

Il y a des jeunes qui, plutôt que de rester au pied de leur immeuble de cité, sont partis voir les villes et villages de leurs territoires.

Sauf que, selon deux femmes dans le bus, la gratuité ne l’est pas totalement. Elle ne concernerait que les non-imposés. En outre, selon un chauffeur, elle ouvre la porte à des comportements parfois peu courtois.

En commentant la politique d’Aubagne en matière de transports, le grand chef des transports lyonnais, Bernard Rivalta, se montre quant à lui critique. Il défend la non-gratuité des transports en commun. En allant le rencontrer, Olivier espère que son amende lyonnaise sera annulée :

— Moi qui suis fraudeur, qu’est-ce que je suis pour vous ?  
— Vous manquez de culture, de culture collective. Quand vous ne payez pas, ce n’est pas que vous qui êtes « impacté », c’est ceux qui payent à votre place.

Et le chef continue :

Un jour ou l’autre, il n’y aura plus de transports en commun parce qu’il n’y aura plus d’argent. Il y aura un bus sur trois, un bus sur quatre.

Olivier verra-t-il son amende remboursée ? Mystère...

À réécouter : La fraude dans les transports mise à l'amende

Reportage : Olivier Minot

Réalisation : Marie Plaçais (et Annabelle Brouard)

Merci à Olivia Dufour, à Jean Louis Sago Duvorou, Bubu, Franklin, Manu, Chloé et Nico, Mathieu, Khaled, Kaoula, Magali Gionvanengelli et Bernard Rivalta.

Musique de fin : "Roll Bus Roll", Jeffrey Lewis & The Junkyard - Album : Roll Buss Roll - Single, 2009 - Label : Rough Trade.

Première diffusion : 08/12/2014.

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Mélissa Foust
Collaboration
Marie Plaçais
Réalisation
Olivier Minot
Production déléguée
Victor Kandelaft
Collaboration
Annabelle Brouard
Réalisation