Le faussaire et sa fille

Sarah et son père
Sarah et son père ©Radio France - Ilana Navaro
Sarah et son père ©Radio France - Ilana Navaro
Sarah et son père ©Radio France - Ilana Navaro
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Un jour, Sarah découvre que son père n’est pas éducateur de rue mais qu’il est un faussaire en retraite ; il a fait des faux papiers pendant 30 ans. En même temps, elle apprend qu’il a sauvé la vie de milliers de personnes.

Avec
  • Sarah Kaminsky Ecrivaine et comédienne
  • Adolfo Kaminsky photographe, ancien résistant et ancien faussaire

Né en 1925 à Buenos Aires de parents russes, Adolfo Kaminsky est arrivé en France lorsqu’il avait sept ans et a grandi à Paris. Il arrête l’école à douze ans et demi pour travailler à l’usine, puis dans une teinturerie. Son patron, ingénieur-chimiste, lui apprend des notions de chimie, sur la couleur notamment. Adolfo construit son propre laboratoire où il fait des expériences. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est déporté à Drancy puis, libéré grâce au consulat d’Argentine en France, passe dans la Résistance. C’est alors que sa carrière de faussaire commence.

A cette époque, quand on s’appelle Israelovitch David, il vaut mieux s’appeler Jean-Pierre Dupont. J’ai donc décoloré le nom existant pour y écrire le nouveau.

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Il modernise les techniques utilisées par son groupe de résistance, en utilisant par exemple la photo-gravure, et ne s’arrête pas de travailler.

Il est resté éveillé trois jours car dormir une heure signifiant trente faux papiers en moins pour les enfants le jour de la rafle. (Sarah Kaminsky)

Adolfo Kaminsky et sa fille Sarah - Ilana NavaroIl poursuit ce travail après la guerre, aidant des juifs à se rendre en Palestine, des militantes algériennes à s’évader de prison pendant la guerre d’Algérie, des opposants grecs, argentins, chiliens, brésiliens, des déserteurs américains, des républicains espagnols, des militants pour l’indépendance angolais, d’Afrique du sud, de Guinée-Bissau…Adolfo rencontre la mère de Sarah en Algérie, lorsqu’il y disparait dix ans, après avoir craint d’être découvert en France. Extrêmement attentif, Adolfo prend toutes les précautions possibles tout au long des années pour ne pas être arrêté. Jusqu’au jour où il révèle son activité illicite à sa fille.

Beaucoup d’indices nous ont mis la puce à l’oreille quant à ses activités cachées, mais à l’époque, on ne comprenait pas grand-chose.

  • Reportage : Ilana Navaro
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy 

Merci à Sarah Kaminsky, Adolfo Kaminsky et Linda Amiri.

Chanson de fin : "A Fond Farewell" par Elliot Smith - Album : "From A Basement On The Hill".

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