L'affaire des chevaux mutilés.  ©Getty -  Jacky Parker Photography
L'affaire des chevaux mutilés. ©Getty - Jacky Parker Photography
L'affaire des chevaux mutilés. ©Getty - Jacky Parker Photography
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Résumé

Depuis le mois de février 2020 en France, des propriétaires d'équidés retrouvent leurs bêtes mutilées et parfois tuées dans leurs champs. Qui peut bien s'en prendre aux chevaux ? Ces actes de cruauté sont-ils le fait d'un déséquilibré, de personnes effectuant des rituels sataniques ou d'une secte ?

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Ce drame est connu sous le nom de l’«affaire des chevaux mutilés». Depuis des mois, chaque acte de mutilation envers un équidé fait parler, mobilise enquêteurs, propriétaires, chercheurs, citoyens inquiets, politiques et défenseurs de la cause animale. 

De nouveaux cas de mutilation d'animal sont régulièrement rapportés par les médias locaux ; retour sur cette enquête qui aborde les différentes hypothèses évoquées.

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Mutilations de chevaux : un drame animalier et humain

Une passionnée d'éducation des chevaux qui tient un centre équestre en Sologne raconte son effroi lorsqu'elle trouve un jour un de ses poneys dans une mare de sang, lacéré de plusieurs coups de couteau : «Je considère avoir perdu un ami, ce poney était né ici, nous avions un rapport affectif.» Le motif de ce crime enver l'animal reste un mystère, tout comme de l'identité du coupable.

Un autre éleveur en France retrouve son âne mort, amputé de ses yeux et d'une oreille. Dans les cas recensés par les propriétaires, l'animal est sont systématiquement victime de mutilations. Des organes sont parfois prélevés et des bêtes retrouvées baignant dans leur sang.

Une chose est sûre : ce crime est organisé pour parvenir à maîtriser les animaux et ne laisser aucune trace.

Alors que l'enquête n'apporte pas les réponses espérées, c'est une vie dans la peur que mènent les éleveurs et propriétaires de chevaux. Face à l'ampleur et l'émotion suscitée par ce phénomène, et demeurant sans explications malgré de nouveaux signalements, les politiques se mêlent assez rapidement de la question. 

Affaire des chevaux mutilés : une enquête infructueuse pour le moment

Au cours de l'enquête, les gendarmes ont introduit les réseaux sociaux pour tenter d'en découvrir davantage sur les cas de mutilations en France. Ils croient tout d'abord, au vu de la multiplication des faits, à un phénomène de mimétisme, ne trouvant pas de raison véritable à ces actes barbares en dépit de certaines hypothèses.

On a imaginé des rituels sataniques, des dérives sexuelles, mais sur 478 [cas comptabilisés], on ne parvient pas à définir de mobile véritable.

Constatant le climat de psychose, la gendarmerie, par les patrouilles, entend a minima jouer un rôle d'apaisement face à des paysans inquiets pour leurs animaux – pour certains, prêts à en venir aux armes en cas d'attaque.

En Suisse, une affaire similaire avec une vague de mutilation envers des équidés avait suscité la psychose jusqu'à ce que l'on découvre que les morts des bêtes étaient naturelles, et que les organes étaient prélevés par des charognards. Pour autant, rien ne permet de dire que le même phénomène est à l'œuvre en France.

Plus d'infos sur ce documentaire à écouter

  • Reportage : Clawdia Prolongeau
  • Réalisation : Anne-Laure Chanel
  • Musique de fin : Hurt de Johnny Cash

Merci à Loïck Crampon, Nicolas Demajean, le collectif Urgence chevaux et milieu rural en danger, Olivier Ribaux, Solène, Jean-Yves Gauchot, Jean-Jacques Le Gloanec et les autres gendarmes avec qui elle a été en contact. Merci aussi plus largement à ceux qui ont bien voulu lui répondre, mais qui ont souhaité rester anonymes.