"Les oiseaux, c'est la première musique..." Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d'oiseaux.
"Les oiseaux, c'est la première musique..." Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d'oiseaux.
"Les oiseaux, c'est la première musique..." Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d'oiseaux. - Jean-François Robert
"Les oiseaux, c'est la première musique..." Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d'oiseaux. - Jean-François Robert
"Les oiseaux, c'est la première musique..." Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d'oiseaux. - Jean-François Robert
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Résumé

Depuis notre première rencontre avec Jean Boucault, il y a quatorze ans, celui-ci a continué d’imiter les oiseaux, et en a même fait son métier. Avec son ami d’enfance Johnny Rasse, ils parcourent le monde pour donner des concerts de chants d’oiseaux. Portrait d'un duo étonnant et complice.

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Depuis notre première rencontre avec Jean Boucault, il y a quatorze ans, celui-ci a continué d’imiter les oiseaux. Il en a même fait son métier, et a fondé un duo musical et ornithologique unique avec son ami d’enfance, Johnny Rasse. Les deux compères sont désormais chanteurs d'oiseaux et multiplient les concerts, où ils interprètent des chants d'oiseaux devant un public ébahi. Ensemble, ils voyagent dans le monde entier, mais n'oublient pas leurs racines, là où tout a commencé, dans la baie de Somme.

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Goéland argenté, rouge-gorge, uguisu, accenteur mouchet, courlis, chevalier gambette ou arlequin, alouette des champs… A moins que ce ne soient Jean ou Johnny qui imitent le chant de tous ces oiseaux à la perfection. En bottes de caoutchouc, indispensables pour une telle expédition, les deux amis et collègues emmènent Elise Andrieu en balade vers le Cap Hornu, dans la baie de Somme. Pas à pas, ils lui présentent un à un les chants d’oiseaux qui ont bercé leur enfance.

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"De trois à huit ans, je n'ai fait qu'offrir des dessins d'oiseaux à mes parents. C'est comme ça que ça a commencé. Tous les jours, je dessinais des rouges-gorges, des canards... J'avais un livre de chevet dans ma chambre avec tous les oiseaux d'Europe et ça me fascinait. J'avais envie de partir en voyage avec eux. J'étais inspiré par le son, mais surtout par la forme, les plumes, les couleurs." Johnny Rasse

Les oiseaux ont toujours fait partie de la vie de Johnny. Son père est berger, et il est réputé pour connaître tous les oiseaux de la baie. Un jour, Jean, le fils du pharmacien, débarque chez eux pour demander au père de Johnny de lui apprendre à "faire les oiseaux". Johnny découvre alors le talent d’imitateur de Jean.

"Tout s'est arrêté d'un coup. Il criait à gorge déployée. Il y avait un oiseau qui était rentré dans la maison. Il faisait ça avec sa voix, mais il avait une puissance… C'était un enfant de neuf ans !" Johnny Rasse

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Dans l'enfance, les deux garçons entretiennent une concurrence quasi fraternelle, une amitié profonde qui n'est pourtant pas exempte de zones d'ombre. Pour Johnny, en effet, "Jean était un peu le fils adoptif, le fils chéri" et il a souvent eu la sensation d'avoir "dû récupérer [s]a place d’office”, d'avoir dû lutter pour exister aux yeux de son père_._ 

De rivaux, les jeunes adolescents deviennent néanmoins partenaires à l’occasion du prestigieux concours d’imitation de chants d'oiseaux d’Abbeville qu’ils remportent haut la main. Ils ont vingt ans : c’est le début d’un duo qui, depuis, a pris son envol à travers le monde.

"Ce jour-là, je dis à Jean : je crois qu'on tient quelque chose. On a quelque chose à défendre artistiquement. On a rencontré Jean-François Zygel [pianiste et compositeur français, NDLR] qui nous a fait comprendre que notre matière brute était musicale et qu'il fallait donc l'associer à du Ravel, à du Beethoven, travailler musicalement ces oiseaux. A partir de là, on a commencé à travailler ensemble." Johnny Rasse

Le duo remporte un franc succès. Jean et Johnny participent à diverses émissions radiophoniques et télévisuelles, notamment aux Victoires de la Musique Classique, à la cérémonie des Molières, à la Nuit de la Voix ou encore à la Folle Journée de Nantes en 2016. Ils se produisent dans toute la France, mais aussi à l’étranger, aux côtés des plus grands orchestres. Entre une tournée au Japon et une autre aux Etats-Unis, les deux amis atterrissent et se posent là, au cap Hornu. Ils aiment à rechausser leurs bottes pour revenir à l’essentiel : l’écoute attentive des oiseaux. Rien ne remplace pour eux le plaisir de reconnaître des voix familières, comme celle de l'accenteur mouchet, si apaisante.

"Les oiseaux sont à portée d'oreille. On ouvre la porte, on ouvre la fenêtre, il y a des oiseaux qui chantent : c'est la première musique." Jean Boucault

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Mais le chant des oiseaux a également permis à Jean de faire d'autres rencontres. Quand nous l'avions rencontré il y a quatorze ans, le jeune homme imitait les oiseaux, chantait à gorge déployée dans la baie de Somme, mais il cherchait aussi l'amour. Cette fois-là, ce n’est pas le goéland que Jean imitait, mais la mésange. Un chant peut-être moins spectaculaire que le cri qui avait tant marqué Johnny, mais qui n’a pas manqué d’attirer l’attention d’une jeune randonneuse, qui partage aujourd’hui le nid de Jean, avec "deux petits oisillons"...

Merci à Jean Boucault et Johnny Rasse.

Reportage : Elise Andrieu   

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Pour aller plus loin :

Retrouvez le site des Chanteurs d'Oiseaux, ainsi que leur album "La Symphonie des oiseaux" (Mirare, 2017) sur Spotify et sur Deezer.

Musique de fin : “Where we belong” de Edward Hogston & Josh Oliver.