Encore ajourd'hui, le métier de secrétaire reste majoritairement féminin, à 98% (Insee, 2020).
Encore ajourd'hui, le métier de secrétaire reste majoritairement féminin, à 98% (Insee, 2020).
Encore ajourd'hui, le métier de secrétaire reste majoritairement féminin, à 98% (Insee, 2020). - Wikicommons
Encore ajourd'hui, le métier de secrétaire reste majoritairement féminin, à 98% (Insee, 2020). - Wikicommons
Encore ajourd'hui, le métier de secrétaire reste majoritairement féminin, à 98% (Insee, 2020). - Wikicommons
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Résumé

Gestionnaire, assistante, bras droit, confidente, figure maternelle, amante... Voilà quelques-unes des formes que peut prendre le métier de secrétaire. Pour le raconter, quatre secrétaires racontent la relation complexe qu’elles entretiennent avec leurs patrons. Récit des années 1960 à nos jours.

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"La plupart des secrétaires passent plus de temps avec leur patron qu’avec leur mari !"

Elysabeth, l’une des quatre secrétaires interrogées dans cet épisode raconte son quotidien professionnel. Avec son patron, ils passent leurs journées ensemble, au mépris le plus souvent de leurs vies de couple ou de leurs vies de famille. En ressortent des relations complexes : des histoires teintées d’admiration à laquelle répond un certain paternalisme, ponctuées de colères, de caprices ou d'abus de pouvoir.

Le premier récit se passe dans les années soixante. C’est celui d’une secrétaire qui s'estime heureuse dans son travail et dont les patrons ont toujours été bienveillants. Néanmoins, leurs relations se tendent quand les mouvements sociaux embrasent la décennie. Elysabeth est ainsi “marginalisée” au sein de son entreprise parce qu’elle a eu le malheur de faire grève, au grand dam de son patron. Ce dernier tient beaucoup à elle, mais ne peut se départir d'une certaine raideur. Ainsi, il se scandalise quand, par mégarde, sa secrétaire l’appelle par son prénom au lieu de l’appeler “Monsieur” - alors que lui, bien sûr, ne l'a jamais appelée autrement que par son prénom. Elysabeth finit par se lasser d’être “malmenée” et décide de se reconvertir.

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Au bout d’un moment, j’en ai eu marre de cette pression. A la fois, on est très exigeant avec nous, mais c’est très flou. Je suis rentrée en atelier, et ma vie a changé : j’étais payée comme les hommes, et pour mes compétences techniques.Elysabeth

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La deuxième histoire est celle d’une réceptionniste qui raconte ses débuts et les extravagances de son supérieur. Elle le décrit comme “un homme respectable”, “un chef d’entreprise qui en impose” avec une “démarche de cow-boy” et un “cigare de businessman”. Il l’appelle “Miss”, il est débonnaire, mais il n’hésite néanmoins pas à donner à ses employés des tâches qui outrepassent largement leurs fonctions officielles. Pour “récompenser” sa secrétaire d’avoir réceptionné un canapé pour son salon ou d’être allée arroser ses plantes pendant les vacances, il lui offre du parfum et des chocolats…

Dans ces métiers d’assistanat, de réception, d'accueil, on est la Maman du bureau. Dans la tête des gens, on est la personne sur qui on peut compter, quelque part.

Si les comportements de certains patrons sont parfois à la limite de l’acceptable, beaucoup de secrétaires considèrent malgré tout qu'il est de leur devoir de supporter ces écarts. Mais il y a aussi ceux dont les sautes d’humeur ne passent pas inaperçues et qui passent toutes les bornes. On avait pourtant prévenue notre troisième témoin qu’il lui faudrait un “sens de la diplomatie” pour assister cet avocat approchant de la retraite. Et très vite, elle se rend compte que l’exigence de son patron “tourne au caprice”, au point d’en devenir ridicule.

Un jour, il a perdu un dossier, il a commencé à fouiller dans mon bureau et à jeter mes affaires par terre. Il m’a rappelé mon petit neveu…

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Dans ces situations abusives, les secrétaires sont obligées de s’opposer à leur patron, mais ce n’est pas une mince affaire. Un autre témoin raconte en effet comment elle a subi des pressions de la part de sa patronne, qui l’exploitait sans scrupules. Seulement, quand elle décide de s’en plaindre auprès de sa hiérarchie, elle ne reçoit que du mépris.

Au bout de trois mois, je me suis rendue compte que je faisais des heures supplémentaires non rémunérées. Je lui ai dit, et j’ai découvert son vrai visage. Il ne fallait pas résister à cette femme.

Seulement, quand plusieurs employés se liguent pour résister, les patrons sont parfois obligés de céder…

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Merci à Isabelle, Elysabeth, Yoanna, Emilie, Veronique, Barberine, Jeanne, et Philippine. Merci aussi à Amazir Bourahla, stagiaire de première.

Première diffusion : 01/12/2015.

  • Reportage : Delphine Dhilly
  • Réalisation : Peire Legras et Emily Vallat

Chanson de fin : "Temporary secretary" (2011 remaster) de Paul Mc Cartney.

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