À la polyniclinique de Cholet, une tente de dépistage.
À la polyniclinique de Cholet, une tente de dépistage.
À la polyniclinique de Cholet, une tente de dépistage. ©Maxppp - Josselin Clair - PQR/Le Courrier de l'Ouest
À la polyniclinique de Cholet, une tente de dépistage. ©Maxppp - Josselin Clair - PQR/Le Courrier de l'Ouest
À la polyniclinique de Cholet, une tente de dépistage. ©Maxppp - Josselin Clair - PQR/Le Courrier de l'Ouest
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Résumé

Dans le Morvan, les Morvandiaux viennent se faire dépister. Une tente est installée sur un parking et, dans une salle des fêtes, des infirmières ont improvisé un centre de dépistage. Venus parfois de loin, les patients accomplissent cette formalité avant de reprendre la vie au temps du Covid-19.

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Ça se passe dans le Morvan, dans une petite ville et un village de Bourgogne. On attend - ou non - devant la tente, on discute et remplit la formalité du test avant de reprendre le cours de la vie sous Covid.

À Autun, petite ville de 15 000 habitants, il n’y a qu’un seul endroit pour faire son test PCR : le laboratoire ACM Bio Unilabs. Du lundi au vendredi, à raison de deux heures le matin et deux heures l’après-midi, on arrive en voiture après avoir pris rendez-vous. Une tente est installée sur le vaste parking, chaque voiture s’y arrête quelques secondes puis repart.

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Parmi les patients, il y a un homme dont la femme est enceinte. Il vient se faire tester par principe, et notamment pour protéger sa femme. Il travaille dans une usine de production de gants en latex :

Je démoule des gants toute la journée.

Il y a aussi un couple qui s’est retrouvé des années après un amour de jeunesse ; une mère de famille travaillant dans le paramédical ; une dame qui doit subir une opération au nez, heureuse de voir son fils :

On est content parce qu’on est dans le haut du Morvan, on n’a pas de masque, on est libre ! Et quand on redescend, c’est vrai que c’est vrai que possible, ça. Moi, voir ma petite ville comme ça, ça me peine…

Il y a aussi le chagrin et l’ennui, la lassitude face à l’épidémie : 

Moi, je sais que je suis irritable depuis le covid. J’espère que ça va passer vite parce que moi-même je ne me supporte plus. […] Tout m’irrite, il y a plus rien qui va.

À réécouter : Double file d’attente

À Vermenton, bourgade de 1300 habitants au nord du Morvan, les tests PCR ont lieu deux après-midi par semaine sur rendez-vous, dans la salle des fêtes qui donne sur la place principale. Les deux infirmières libérales ont installé une chaise en plastique contre un mur. Le matériel de test et d'analyse se trouve sur une table dépliante, dans la grande salle vide et froide. « C’est sommaire », confie l’une d’entre elles. Les patients viennent des villages à vingt kilomètres à la ronde pour passer le test. Il n'y a pas d’autre option, à part Auxerre ou Avallon.

Une mère et son fils viennent justement se faire dépister. Ils habitent Arcy-sur-Cure, dans le canton de Vermenton.

C’est vraiment affreux l’accueil. C’est honteux même. C’est une salle des fêtes qui est lugubre. Ils ont mis du vert et du jaune, super. Bon ça c’est une question de gout, on dit rien… Mais c’est affreux quoi, c’est tiers-mondiste. J’ai l’impression de pas être en France, là.

La mère de famille travaille dans le tourisme, un milieu fortement marqué par la crise sanitaire. Malgré tout, la pandémie et les confinements lui ont permis de prendre du temps et profiter de son fils :

C’est plus calme. Pour le confinement, c’est sûr qu’on est chanceux, car on peut plus bouger qu’en ville, l’air est plus respirable. 

Mais, à la sortie de la salle des fêtes, un petit débat familial émerge…

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Il y a aussi, parmi les patients, un homme atteint d’une hernie. Il raconte ses déboires médicaux, ses ennuis de santé, l’évolution de sa hernie. Il a subi quatre opérations en l’espace d’une année, mais le Covid n’a pas frappé à sa porte :

Depuis un an c’est la galère, et je ne travaille pas depuis six mois.

Si les infirmières constatent une certaine anxiété chez les patients, notamment quant aux résultats, le bilan de la journée n’est pas alarmant : dix personnes testées, dix négatives.

Alors que la salle ferme, c’est bientôt l’heure du goûter. Deux jeunes filles s’installent près de la salle. Elles sont en classe de CM2. Leur maîtresse est assez stressée et de plus en plus sévère…

La prof en ce moment… Je crois que le Covid l’a rendue folle. Elle est énervée pour rien. — Si on copie pas un mot dans notre dictée, on est mort.

Le quotidien scolaire, rempli de paradoxes et de complications, est difficile pour les deux écolières. Taïs remarque d’ailleurs :

On a pas le droit de faire des câlins aux autres, on a pas le droit de les toucher, on n’a le droit de rien faire !

Les deux filles ont bien vu que les adultes étaient plus sévères et stressés. C’est le cas de la mère de l’une d’entre elles.

En fait, les adultes veulent pas écouter ce qu’on dit. Pour eux, c’est eux qui ont raison, parce qu’ils sont majeurs.

Le père de Taïs, lui, est aide-soignant :

Parfois, il en a marre. Mon père se fait victimiser par des papis mamies [rires]. Mais c’est parce que parfois les papis mamies ils sont racistes. Du coup mon père ça l’agace.

Et les deux écolières continuent à discuter, débattre, avant de devoir rentrer...

Reportage : Léa Minod et Pauline Maucort

Réalisation : Cécile Laffon

Merci aux infirmières de Vermenton, à Taïs et sa copine, merci à Valérie Perenno et Nicoletta Sacalean.

Musique de fin : « J’veux du Soleil », Au P’tit Bonheur- Album : Le Mal de vivre, 1992 - Label : Universal Music.

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Cécile Laffon
Réalisation
Mélissa Foust
Collaboration
Victor Kandelaft
Collaboration
Pauline Maucort
Production déléguée
Léa Minod
Production déléguée