Prêtres et homo

Comment les religieux vivent-ils leur homosexualité, au cœur d’une institution bardée d’interdits et de non-dits ?
Comment les religieux vivent-ils leur homosexualité, au cœur d’une institution bardée d’interdits et de non-dits ? ©Getty - Tunart
Comment les religieux vivent-ils leur homosexualité, au cœur d’une institution bardée d’interdits et de non-dits ? ©Getty - Tunart
Comment les religieux vivent-ils leur homosexualité, au cœur d’une institution bardée d’interdits et de non-dits ? ©Getty - Tunart
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Ils ont choisi de donner leur vie à Dieu, se sont mariés avec l'Église et ont fait vœu de célibat. Mais les choses n'ont pas été si simples pour Jacques et Giovanni, homosexuels.

Jacques Fraissignes, quatre-vingt-trois ans, a grandi dans une famille bourgeoise, conservatrice. A dix-huit ans, il entre au séminaire. En lisant un jour un livre sur l’homosexualité, des contradictions enfouies en lui ressurgissent, et il traverse une période de grand trouble.

A l'époque, mon homosexualité était une anomalie, une abomination, etc. Je n’en voulais pas. 

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Ses nombreux voyages avec le mouvement « Action catholique ouvrière » lui permettent de rencontrer des hommes, et d'avoir avec eux des relations furtives. Comprenant progressivement à quel point son éducation familiale et l’Église comprimaient ses désirs, il obtient après dix ans de séminaire une année sabbatique. Il s’installe alors à Paris et rencontre Christian, avec qui il vit toujours aujourd’hui. Plus tard, il reprend son activité de prêtre.

Mon évêque m’a seulement demandé si l'on connaissait mon homosexualité. Cela ne se savait pas, donc vogue la galère.

Giovanni Crochet-Leducq a passé son enfance à Méault, dans la Somme. Vers ses dix-huit ans, il part vivre à Strasbourg où il peut enfin vivre son homosexualité librement. Il se découvre une passion pour le strip-tease. Bien qu’il y prenne grand plaisir, il aspire néanmoins à une vie plus haute et décide d’être prêtre.

Après m’être donné nu sur une scène, je voulais me donner pour les plus pauvres et pour l’Église. C’était différent.

Une fois dans l’Église, il constate, à sa grande surprise, que l’homosexualité y est extrêmement répandue. Son rapport à cette institution se complique.

Au grand séminaire, des évêques étaient des folles finies. Entre les hommes, il y avait des regards… Et de l’acte, beaucoup.

  • Reportage : Thibaut Cavaillès
  • Réalisation : Marie Plaçais (et François Caunac)

Première diffusion le 08/09/2015

Chanson de fin : "Danseur inutile" par FEDADEN et Dominique A . Album "Broader" - Nacopajaz records, 2009.

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