Ikram et Vincent
Ikram et Vincent
Ikram et Vincent - © Inès Léraud
Ikram et Vincent - © Inès Léraud
Ikram et Vincent - © Inès Léraud
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Résumé

Dannie, Vincent et Ikram sont intersexué.e.s - ou hermaphrodites. Les médecins et leurs parents leur ont choisi un sexe à la naissance. Ils.elles racontent aujourd’hui leurs difficultés et leurs besoins.

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Dannie n'a pas poursuivi d'études, mais il.elle se met très tôt à pratiquer cette langue universelle qu'est la musique. 

Quand j'avais dix ans je suis tombé.e par hasard sur La Métamorphose de Kafka. Un homme qui se réveille et qui se transforme en blatte, en cafard. Je rêvais ensuite que j'étais un cafard qui se transformait en humain. C'était tout aussi horrifiant. 

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J'ai fait une longue introspection pour comprendre ce qui n'allait pas dans ma tête. Au bout d'un moment, dans le ciel gris de mon âme, j'ai aperçu une petite lumière bleue. C'était l'espoir. 

On m'a fait jouer un rôle dès le départ. Assigner une vie à quelqu'un est un enfer. 

Le handicap n'existe pas. La seule chose qui existe c'est la différence. Les intersexes se battent contre la barbarie des mutilations à la naissance, qui visent à normaliser ces enfants.  

Ikram et Vincent sont très ému.e.s par leur rencontre. Vincent explique à quel point il est dur d'affirmer cette différence déniée par les autres. 

Les cicatrices sur mon torse, mon sexe, s'infectent parfois. C'est écrit dans mon corps que j'ai été modifié et malgré ça je me demandais souvent si je ne délirais pas. Pour ceux qui sont transformés en filles c'est pire, car les cicatrices sont à l'intérieur. Il n'y a pas de traces. 

Vincent a été mutilé.e tard, à sept ans. 

Quand j'ai eu l'appendicite, les médecins m'ont ouvert et ont dit à mes parents qu'ils allaient me réparer. Pendant toute mon adolescence, ils ont mené ce qu'ils appellent des "explorations fonctionnelles". Personne ne sait ce qu'ils ont fait précisément. 

Ikram a ainsi été élevé.e comme une fille sans jamais réussir à s'y faire. 

Quand j'étais petit, je me travestissais. Ma mère ne me genre plus aujourd'hui, elle a peur surtout de la méchanceté des autres. Un jour un homme m'a insulté, je lui ai alors renversé mon café dessus et je me suis réveillé à l'hôpital. 

Il y a des caractéristiques biologiques à l'intersexuation, j'aimerais que ce soit reconnu et qu'on arrête de me prendre pour un fou. 

1ère diffusion le 12/03/2014

Chanson de fin écrite et interprétée par Dannie, la première personne qui intervient.

  • Reportage : Inès Léraud
  • Réalisation : Delphine Lemer (et Vincent Abouchar)

Vers le site OII Francophonie, Organisation Internationale des Intersexes

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
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Production
Sonia Kronlund
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Coordination