La révolution égyptienne 10 ans plus tard ©AFP - Patrick Baz
La révolution égyptienne 10 ans plus tard ©AFP - Patrick Baz
La révolution égyptienne 10 ans plus tard ©AFP - Patrick Baz
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Résumé

Aiman a quitté l'Egypte pour la France à 20 ans, après des menaces de la police politique. Il y est retourné à 30 ans, avec le déclenchement de la Révolution. A 40 ans, il espère ne pas passer ses 50 ans en prison pour avoir répondu à nos questions.

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Aiman est originaire d'Alexandrie. En 2010, il habite à Paris et, avant qu'il ne rentre y faire la révolution, l'Egypte était presque devenue pour lui un pays étranger. D'un rassemblement place du Châtelet à l'attaque de la place Tahrir, un certain nombre d'événements le poussent à partir pour l'Egypte où quelque chose d'historique semble se jouer. Le 25 janvier 2011, l'amour enfui pour son pays natal renaît. Désormais il est prêt à mourir pour l'Egypte de la révolution et décide de s'y installer pour créer le nouveau monde que cette lutte a rendu possible. 

C'était une révolution totale, contre tout et aussi contre le patriarcat, ce qui faisait peur aux islamistes.

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On ne construit pas avec la révolution, on détruit. On construit autre chose par la suite, mais on était là pour détruire l'ancien pays.

32 min

Il décrit, malgré les différences, une utopie partagée qu'il n'aurait jamais cru voir, le sentiment qu'ensemble quelque chose allait se construire. 

Quand Moubarak a quitté le pouvoir, c'est la première fois de ma vie que j'avais le sentiment d'avoir mené un combat et de l'avoir gagné, j'en ai encore des larmes aujourd'hui.

On n'est que 10 ans après la révolution. Après la révolution française on a eu un empire et pourtant elle a marché, elle a changé le pays. Ce 25 janvier a tout de même créé une pensée révolutionnaire qui n'existait pas auparavant en Egypte. Cet esprit est toujours là. Il est caché mais il existe.

Aiman habite aujourd'hui à deux pas de la place Tahrir. Le lieu est désormais sous surveillance policière et il n'est plus question d'y manifester, pas même d'y prendre un selfie.

La place Tahrir est un symbole mais elle n'est pas le lieu de la révolution : c'est l'Egypte. Il y en a plein d'autres, des places, et même des plus grandes. On ira ailleurs!

Habitant au Caire, la plupart de ses amis en prison, Aiman mesure les risques de son insoumission. Sa résistance, sa page facebook, l'organisation de la fuite ou de la prochaine révolution: toutes ses actions sont des motifs d'emprisonnement. 

Reportage : Joseph Confavreux 

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

56 min

Chanson de fin : Mabrouk ya arsina de Nubyat, Label : Mirage, 2016