Trois récits d’orgasmes racontés par des femmes, à trente ou soixante-quatorze ans. ©Getty - Rehulian Yevhen
Trois récits d’orgasmes racontés par des femmes, à trente ou soixante-quatorze ans. ©Getty - Rehulian Yevhen
Trois récits d’orgasmes racontés par des femmes, à trente ou soixante-quatorze ans. ©Getty - Rehulian Yevhen
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Résumé

Cinquante ans après la libération sexuelle, les femmes sont encore nombreuses à découvrir la jouissance tardivement. Monique a eu son premier orgasme à soixante-quatorze ans. Sylvia et Clémentine, elles, l’ont atteint à la trentaine. Mais toutes en sont aujourd’hui convaincues : jouir, ça s’apprend.

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"Mieux vaut tard que jamais", se résigne Monique. Il lui aura fallu un mariage, un divorce et une sexologue pour parvenir enfin à atteindre l’orgasme à l’âge de la retraite. Comme Sylvia et Clémentine, ce n’est pas avec son partenaire qu’elle a joui pour la première fois, mais avec un sextoy. L’objet redonne une place toute particulière à la masturbation, longtemps écartée de la vie sexuelle. Monique l'explique par une "vieille culpabilité" héritée de la religion catholique qui réserve le plaisir sexuel à l'acte de procréation.

En commençant à se masturber à 74 ans, Monique découvre des sensations nouvelles. "Je suis devenue plus consciente de mon corps."

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"Je n'aime pas le mot "masturbation". Ça veut dire "polluer", alors que c'est du plaisir." Monique

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28 min

Sylvia a découvert l'orgasme a presque 30 ans. Quand sa vie sexuelle a commencé, à l'âge de 19 ans, c'était sans jouissance. "J'ai simulé, sans même savoir ce que je devais mimer !" Pour la jeune fille qu'elle était, faire plaisir à son partenaire était déjà amplement suffisant et plaisant en soi. Quand elle essayait de se masturber, elle n'arrivait pas à atteindre l'orgasme : "je me suis dit que c'était pas mon truc !"

Un jour, elle a déclic. Elle s'achète un vibromasseur, et là, dans l'intimité de son lit, l'orgasme survient enfin… "C'était une sensation de soulagement. Je n'avais plus aucun contrôle : ce n'est plus mon cerveau, c'est mon corps." Forte de cette découverte, elle apprend à jouer sur le rythme et l'intensité pour découvrir les nuances de son plaisir…

28 min

Pour Clémentine, utiliser un godemichet a été la manière plus "soft" de trouver l'orgasme, comparé aux séances endiablées avec son partenaire. "Le problème avec les garçons, c'est qu'ils nous masturbent comme ils se masturbent eux-mêmes, sans délicatesse." Toute seule, elle prend le temps, découvre les choses plus en douceur, et réussit à jouir, beaucoup plus facilement qu'à deux.

"Je préfère être seule et me masturber que d’avoir du mauvais sexe avec quelqu’un." Clémentine

Première diffusion : 13/11/2018

  • Reportage : Olivia Müller
  • Réalisation : Clémence Gross et Anne-Laure Chanel

Des nouvelles 

Monique a emménagé dans une colocation seniors, elle s'y amuse bien. Elle reste, dit-elle, toujours aussi "sensible et sensuelle" mais n'a toujours pas trouvé de partenaire. "Pas grave", dit-elle. En attendant, elle envoie toutes ses amies rencontrant des problèmes sexuels chez sa sexologue.

Sylvia n'a toujours pas trouvé "la personne avec qui jouir, à part moi-même !", dit-elle. En clair, elle ne parvient toujours pas à jouir en faisant l'amour. Elle peine à lâcher prise et espère, un jour, y parvenir.

Clémentine a trouvé "un gars bien" avec qui elle s'épanouit sexuellement. "Un garçon bien dans sa peau et qui a accepté de se remettre en question. Il a vu ce qui ne me plaisait pas et il s'est adapté." Ensemble ils ont quitté "une sexualité très normée par le porno pour aller vers quelque chose de plus intuitif." Avant ça, elle a traversé deux étapes : un ralentissement radical de sa sexualité puis une sexualité ultra exacerbée en explorant toutes les facettes de "l'érotico-porno".

Chanson de fin : "Paraguaya" par Juana Molina

Références

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination
Olivia Müller
Production déléguée
Clémence Gross
Réalisation
Anne-Laure Chanel
Réalisation
Jeanne Coppey
Collaboration
Sandrine Chapron
Collaboration
Justine Callé
Stagiaire