"C'est ma fille qui compte le plus. Si je suis encore là, c'est grâce à elle."
"C'est ma fille qui compte le plus. Si je suis encore là, c'est grâce à elle."
"C'est ma fille qui compte le plus. Si je suis encore là, c'est grâce à elle." ©Getty - Malte Mueller
"C'est ma fille qui compte le plus. Si je suis encore là, c'est grâce à elle." ©Getty - Malte Mueller
"C'est ma fille qui compte le plus. Si je suis encore là, c'est grâce à elle." ©Getty - Malte Mueller
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Résumé

Michel et Franck sont pères et ont été sans domicile fixe. Ils viennent tout juste de retrouver un logement. Encore précaires et fragiles, ils passent une journée à la mer avec leurs enfants. Et la question est de savoir qui du père ou de l’enfant soutient l’autre.

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Pour Michel et Franck, cette journée à la plage est précieuse. Les deux hommes n’ont pas souvent l’occasion de voir leurs enfants respectifs : pour Michel, sa fille Lucie, dix ans, et pour Franck, ses fils Enzo et Tony, âgés de dix et sept ans. En effet, Lucie vit dans une famille d’accueil depuis deux ans, et Enzo et Tony sont le plus souvent chez leur mère. C’est pour cela qu’avec l’ABEJ Solidarité, une association lilloise qui accompagne les personnes passées par la rue ou qui y vivent encore, Michel et Franck ont organisé une excursion en famille à Dunkerque. Histoire de faire des châteaux de sable, de jouer sur la plage, de partager une assiette de frites, en somme, de se retrouver loin des problèmes de la vie quotidienne.

Car la vie de ces deux hommes est loin d’être aisée. Michel, orphelin de sa mère à onze ans et rejeté par son père, passe son adolescence dans un foyer, et enchaîne les boulots depuis ses vingt ans : "Il fallait que je travaille, je pouvais pas rester immobile." Quand il se retrouve contraint de dormir dans sa voiture, il a déjà sa fille Lucie. Michel continue de travailler six jour sur sept, et il lui reste donc peu de temps pour chercher un appartement, mais il tient à passer du temps avec Lucie malgré tout.

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Le premier jour où j'étais dans la rue, c’est pour ma fille que j'ai eu le plus peur, parce que je me suis demandé comment les assistantes sociales allaient le prendre. Elles ne l’ont pas mal pris. Elles ne m’ont pas dit qu’à cause de ça je ne pourrais plus voir ma fille.Michel

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Depuis, Michel a réussi à trouver un appartement, et il accueille Lucie le week-end et pendant les vacances. Le reste du temps, Lucie vit en famille d’accueil. Une décision difficile à prendre pour Michel, mais Lucie ne pouvait plus rester avec sa mère, et Michel, qui est lui-même passé par des foyers quand il était enfant, ne veut pas que sa fille ait à vivre la même chose. Lui-même ne peut pas l’accueillir, car depuis un an et demi, il fait face à un nouveau combat.

Ça fait un an et demi que je suis en arrêt de travail. J’ai un cancer. J’ai eu un traitement lourd, et le mois prochain j’ai de nouveau des examens pour voir où ça en est. J’espère vivre longtemps pour le bien de ma fille. C’est elle qui m’aide à surmonter ma maladie. Je pense à ma fille, à l’avenir, c’est tout. Je ne pense plus à la maladie. Quand on a un point d’attache, c’est déjà la moitié de la guérison.Michel

Michel et Lucie.
Michel et Lucie.
- Rémi Dyboswki Douat

Ainsi, même s’il a désormais un appartement, Michel ne peut pas travailler. Il est donc toujours dans une situation financière difficile et souffre de ne pas pouvoir vivre avec sa fille.

Financièrement, je ne peux pas lui offrir ce que je voudrais. Tout déduit, j’ai à peu près 600 euros par mois pour vivre. J’espère que ça ira en s’améliorant, mais pour l’instant, je suis satisfait du peu que j’ai.Michel

Six cents euros par mois, c’est aussi plus ou moins ce avec quoi doit vivre Franck, qui a également été sans domicile fixe très jeune. Autrefois toxicomane, il est parvenu à sortir à la fois de la rue et de la drogue. Même s’il est aujourd’hui alcoolique, il fait tout pour pouvoir passer du temps avec ses fils. Le studio dans lequel il a pu s’installer récemment reste trop petit pour les accueillir à plein temps : il les garde donc le week-end et pendant les vacances scolaires. Il espère trouver prochainement un travail afin de pouvoir déménager.

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Première diffusion : 27/9/2012.

Des nouvelles de Michel :

Depuis la diffusion de l’émission, Michel a pu récupérer la garde de sa fille et son cancer est en rémission, tout va bien. Ces nouvelles datent de 2017, dernière fois où nous avons été en contact avec Michel, qui a aujourd’hui semble-t-il changé de numéro de téléphone. Nous espérons qu’il va bien !

  • Reportage : Rémi Dybowski Douat
  • Réalisation : Alexandra Malka et Anna Holveck

Chanson de fin : "Mad world" de Renée Fleming.