"Silver and Gold" de William Russel Flint
"Silver and Gold" de William Russel Flint ©Getty - Universal History Archive
"Silver and Gold" de William Russel Flint ©Getty - Universal History Archive
"Silver and Gold" de William Russel Flint ©Getty - Universal History Archive
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Après avoir enquêté sur les aphrodisiaques, les plantes et le viagra, notre journaliste Pauline Verduzier s'intéresse aux crèmes clitoridiennes, à la contraception et à la pilule. Au passage, elle s'interroge sur la charge mentale qui pèse sur les femmes dans la sexualité, et même sur l'abstinence.

Pour ce troisième et dernier épisode de la série Les molécules du désir, la journaliste des Pieds sur Terre Pauline Verduzier arpente de nouveau les sex-shops à la recherche de produits pour stimuler sa libido : elle a entendu parler des crèmes clitoridiennes et aimerait tester leur efficacité. Ressentira-t-elle les "effets chaud-froid", les "chatouillis", la tension "électrique" tels que les a décrits le vendeur ?

A la suite de cette tentative, Pauline Verduzier prend conscience qu'il lui faut se reconnecter avec son corps pour nourrir sa libido. Mais cela est souvent difficile pour les femmes quand pèse sur elles une lourde charge mentale autour de la sexualité et de la contraception. Pauline Verduzier décide alors d'aller à la rencontre de femmes qui ont souffert de ces multiples injonctions sociales…

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Sur les prescriptions de son médecin, Juliette, vingt-six ans, a pris la pilule pour réduire son acné. Si elle ne remarque tout d'abord pas d'effets secondaire notables, elle s'interroge toutefois sur sa libido, qu'elle trouve très basse après avoir commencé à prendre la pilule…

"J'en ai parlé à ma gynécologue de l'époque. Je lui dis timidement : "Je n'ai peut-être pas le désir que je devrais avoir. Est-ce que c'est vrai que la libido peut être impactée par la prise de la pilule ?" Ce à quoi elle m'a répondu : "Oui, mais bon, c'est mineur à côté de ce que ça rapporte." Et elle m'a prescrit de l'homéopathie." Juliette

Plus tard, après avoir changé de gynécologue, Juliette arrête la pilule et laisse à son partenaire la charge contraceptive : elle découvre alors la puissance de son désir et le soulagement de ne plus avoir à penser à sa contraception tous les jours.

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Mais arrêter la pilule n'est pas si facile, et la charge contraceptive n'est pas la seule pression à laquelle sont soumises les femmes : elles subissent également une injonction à la sexualité qui peut aussi bien causer des troubles de la libido, culpabiliser ou complexer les femmes qui ont moins de désir sexuel.  

"Ce que je trouve toujours oppressant, c'est la norme sociale selon laquelle il faudrait faire l'amour souvent pour être heureuse." Pauline Verduzier

Pauline Verduzier décide alors de consulter la sexologue Claire Alquier. Un entretien qui lui permet de considérer autrement la perception sociale de la baisse de libido.

"On n'interroge même pas le désir et sa qualité en tant que tels. On va interroger la quantité des rapports sexuels. Ça, évidemment, ce n'est pas du tout justifié." Claire Alquier

Magdalena, vingt-huit ans, a toujours eu une sexualité très active. Mais après sa deuxième grossesse, elle a ressenti beaucoup moins de désir. La jeune femme n'a jamais cherché à relancer sa libido, même une fois que ses enfants ont grandi. Au contraire, elle se dit libérée d'"être complètement sortie du marché sexuel".

Mais notre journaliste est-elle prête à renoncer tout à fait au désir sexuel ? Elle n'en est pas si certaine. Aussi, elle rencontre Camille, qui lui montre que le désir peut renaître sous différentes formes…

Merci à Juliette, Claire Alquier, Magdalena et Camille.

Reportage : Pauline Verduzier

Réalisation : Emily Vallat

Mixage : Philip Merscher

Musique de fin : "Sabali" d'Amadou et Mariam.

L'équipe

Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Production
Jeanne Coppey
Collaboration
Pauline Verduzier
Production déléguée
Emily Vallat
Réalisation
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Sonia Kronlund
Coordination