Vincent Demassiet, "entendeur de voix"
Vincent Demassiet, "entendeur de voix" - Leila Djitli
Vincent Demassiet, "entendeur de voix" - Leila Djitli
Vincent Demassiet, "entendeur de voix" - Leila Djitli
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Pendant des années, Vincent Demassiet a entendu des voix qui lui hurlaient des insultes aux oreilles. Grâce à un groupe de parole, il est finalement parvenu à les dompter et s'engage désormais pour ouvrir d'autres espaces de parole sur le territoire français.

Depuis l'âge de dix-sept ans, Vincent Demassiet entend des voix. Diagnostiqué schizophrène, il subit pendant quatorze ans un traitement médical lourd, qui n'arrange pas sa situation.

J’étais envahi par des voix. Je vivais isolé chez moi. La seule relation que j’entretenais était avec mon compagnon. Je n’allais plus chez les gens car je m’auto-stigmatisais.

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Je faisais 203 kilos, j’avais la tête de travers, un filet de bave et des tics.                        
 

"J’ai obligé les voix à me laisser tranquille" 

Vincent intègre alors un groupe de parole coordonné par le Réseau français sur l'Entente de Voix (REV). Le groupe lui permet très vite de mieux comprendre ses voix, de les nommer, de les qualifier et, progressivement, de les maîtriser.  

Ce groupe m’a redonné la joie de vivre et m’a sorti du diagnostic médical dans lequel on m’a enfermé. J’étais quelqu’un de désespéré qui ne croyait plus en l’avenir. Je n’étais plus le malade, mais, moi, Vincent. 

J’allais au groupe tous les 15 jours. On n'est plus seul et on est enfin compris. On m’a donné des techniques : je pouvais répondre à mes voix dans la rue en simulant un appel au téléphone. J’ai repris le pouvoir sur les voix.

Aujourd’hui Vincent y participe comme expert, tout en poursuivant son parcours de rétablissement.

Au bout de deux ans, je n’ai plus eu besoin de traitement médical. J’ai perdu 111 kilos. Je suis maintenant libéré de mes voix mais je suis avant tout heureux et libre. Aujourd’hui j’essaie de participer à l’ouverture de nouveaux groupes. Je ne suis pas un révolutionnaire mais je suis engagé.

  • Reportage : Leila Djitli 
  • Réalisation : Marie Plaçais (et Milena Aellig)

Chanson de fin : "Le vent nous portera" par Sophie Hunger - Album : "Pop rock station (by Zegut) - volume 1 - Label : Two Gentlemen Records.