La littérature de prostitué.es : les réalistes libidineux

Photo de 1969 illustrant la prostitution dans le quartier des Halles, à Paris.
Photo de 1969 illustrant la prostitution dans le quartier des Halles, à Paris. ©AFP - STAFF / AFP
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Photo de 1969 illustrant la prostitution dans le quartier des Halles, à Paris. ©AFP - STAFF / AFP
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La prostitution n’a jamais été considérée avec frivolité par la littérature. C’est un des cas où une humanité certaine se manifeste en faveur des faibles.

On pourrait dire que si la prostitution était bien vue, c’est parce qu’elle rendait service aux clients des prostituées dans une littérature majoritairement écrite par des hommes. C’est une vision statistique, sinon cynique. Quand Zola crée Nana, il n’a aucune complaisance envers ceux qui la payent.

Les prostituées ont toujours eu bonne réputation en France. On les comprend, on les plaint, on les soutient.

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La littérature, si nous restons en France, n’a pu commencer à parler des prostituées qu’au moment où la puissance sociale de l’église diminuait, c’est-à-dire à la moitié du XVIIIe siècle. Les auteurs dits libertins se sont amusés des prostituées, qu’ils ont faites insolentes et vénériennes. Au siècle suivant, les auteurs réalistes en ont raffolé. Il y entrait un voyeurisme salace. Sous prétexte de montrer la réalité, bien de ces auteurs montraient surtout une imagination libidineuse. Par exemple, Alphonse Daudet et les frères Goncourt. La fille Elisa de ceux-ci, la Séphora des Rois en exil de celui-là, demi-mondaine qui excite d’autant plus cet antisémite de Daudet qu’il l’a faite juive. L’attitude envers les prostituées tient moins aux écoles littéraires qu’à la personnalité des romanciers. Tout ce qui pouvait contribuer à entretenir le mépris antidémocratique des Goncourt et de Daudet leur était bon à prendre. Un autre réaliste, Maupassant, regarde ces femmes avec humanité. Et ce n’est pas parce qu’il était un grand consommateur de prostitution, Daudet en était un autre, c’est probablement ainsi qu’il a contracté la syphilis qui l’a tué. Il s’agit d’une attitude générale envers l’humanité.

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