Les gratte-ciels New York en hiver
Les gratte-ciels New York en hiver ©Getty - Corbis/VCG
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Direction New York avec Blaise Cendrars, un Suisse s’étant rendu pour la première fois aux États-Unis à l’âge de vingt-trois ans.

"Arrivé au fameux pont suspendu de Brooklyn, je m’engage résolument sur la passerelle aérienne réservée aux piétons et c’est avec une espèce de joie émerveillée qui ressemble fort à de l’ivresse et qui se renouvelle à chaque pas que je m’avance à la rencontre de New York," raconte-t-il dans Trop c’est trop. Les grandes villes à gratte-ciel au bord de l’eau, qu’elles se nomment New York, Hong-Kong ou Vancouver, ont une qualité unique. Elles sont des contrastes absolus. La verticalité et l’horizontalité côte à côte. Le solide et le liquide. La "nature" la plus menaçante et l’urbanité la plus avancée. Les baleines et les automobiles. Ce sont ces contrastes qui créent de grands courants d’air pour l’esprit.

58 min

Blaise Cendrars a débarqué à Brooklyn le soir de Noël 1911. En 1912, il a publié un splendide poème recueilli dans le splendide volume Du monde entier, "Les Pâques à New York", composé de cent deux distiques en alexandrins. Cendrars si peu croyant, parle de transcendance dans des vers qui contiennent les mots cul et épluchure. Ce poème est peut-être l’un des premiers poèmes en français à contenir le mot gratte-ciel :

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"Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et mis à nu les gratte-ciel dans les airs."

Le XXe siècle aurait-il commencé ce jour-là ? Et il ne fait aucun doute qu’il s’est achevé quatre-vingt-dix ans plus tard quand, le 11 septembre 2001, le fanatisme a renversé deux autres gratte-ciel, les tours du World Trade Center.