Barack Obama et sa femme Michelle le soir de son élection à la présidence des Etats-Unis, le 4 novembre 2008 ©Getty - Chuck Kennedy/MCT/Tribune News Service
Barack Obama et sa femme Michelle le soir de son élection à la présidence des Etats-Unis, le 4 novembre 2008 ©Getty - Chuck Kennedy/MCT/Tribune News Service
Barack Obama et sa femme Michelle le soir de son élection à la présidence des Etats-Unis, le 4 novembre 2008 ©Getty - Chuck Kennedy/MCT/Tribune News Service
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Résumé

Barack Obama a écrit ses mémoires, et ils sont décevants. On y entend une douce berceuse familiale, ode à sa femme entrecoupée de persiflages condescendants - notamment vis-à-vis de Joe Biden dont il fut le vice-président.

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Au-delà de ses piques à l'adresse de son successeur à la Maison Blanche, présenté avec condescendance comme un bavard compulsif, Barack Obama dans ses mémoires passe son temps à persifler l’univers.

Le plus frappant est que ce sont les mémoires d’un enfermé. On l’est par principe quand on écrit ce genre de livre, mais même un narcissique comme Chateaubriand a vu les Indiens : Obama semble n’avoir rien vu du monde. Dans le récit de sa jeunesse, il ne révèle aucun intérêt historique. "Ma mère était contre la guerre du Vietnam." Et puis ? Rien. Il ne dit pas davantage ce qu’il pense de Nixon, de Carter, de Reagan : à la place, des considérations de politique locale sur son implantation à Chicago.

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A part cela, il semble n’avoir d’intérêt que racial - comme en atteste le titre de son fameux discours prononcé le 18 mars 2008 à Philadelphie, et traduit en français par De la race en Amérique (Grasset) - et quand ce n’est pas celui-ci c’est sa femme. Michelle si intelligente, Michelle qui hait la politique et à qui il demande sans cesse la permission d’en faire, c’est assez petit bourgeois tout ça, même si on devine le placement électoral en vue d’une éventuelle campagne de ladite Michelle. Il ne nous épargne pas ses filles non plus. "Michelle me dit : je perds les eaux. Je l’accompagne à l’hôpital. Quelques heures plus tard m’étaient présentés quatre kilos et demi de perfection, Maya Lalala Obama." On sent qu’il se juge profondément moral d’avoir une famille. Ce livre est une berceuse familiale entrecoupée d’airs de la calomnie ; c’est trois fois par page Michelle, laquelle ne cède sa place qu’à des méchancetés sur à peu près tout le monde.
Cela donne quelques portraits en quatre lignes dédaigneux et vifs, mais il faut en plus supporter un train de marchandises de méticulosités politiciennes. En matière de vacheries, qui pourra jamais égaler le président Truman qui a eu ce jugement faux, mais succulent, à propos d’Eisenhower qui se lançait en politique : "Ce type n’en sait pas plus sur la politique qu’un cochon sur les dimanches" ?

Cette chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page.

À réécouter : Nos années Obama
59 min