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Un vent nouveau devait souffler sur l'Algérie... Premier test électoral en Algérie depuis la vague du printemps arabe, les élections législatives du 10 mai auraient pu être le premier tournant de la transition annoncée par le président Bouteflika.... «Je m'adresse aux jeunes qui doivent prendre le témoin, car ma génération a fait son temps. L'heure de la retraite a sonné pour les anciens ne pouvant gérer les affaires du pays», a t-il déclaré lors des commémorations du massacre de Sétif... n'hésitant pas à marteler que l'avenir de l'Algérie se jouait aujourd'hui, comme il s'était joué en 1954, au début de la guerre d'indépendance... Mais les symboles de la grandeur passée d'une Algérie qui a conquis son indépendance de haute lutte, les Algériens n'en ont cure... Dans un pays préoccupé par son quotidien, miné par le chômage et la corruption, hanté par la guerre civile des années 1990-2000 où la société civile a été laminée, les jeunes et les moins jeunes n'ont de cesse d'affirmer leur indifférence et leur défiance envers la classe politique dont ils se sentent coupés... Un vent mauvais a soufflé sur l'Algérie... Les indignés Algériens ne défilent pas... Ils refusent de voter, pour ne pas cautionner cette mascarade, appellent au boycott pour ne pas participer au naufrage du pays, au péril parfois de leur liberté tant, dans un dernier sursaut, le gouvernement essaye de réprimer cette vague contestataire... Des efforts vains... Car le grand vainqueur de cette élection demeure le parti de l'abstention, le premier parti algérien... et la majorité remportée par le FLN ne pourrait être qu'une victoire à la Pyrrhus. Alors, d'où viendra l'alternative politique? Des partis d'opposition récents ou anciens, laminés ou inexistants ; des islamistes de l'Alliance verte dont le raz de marée annoncé est à peine digne d'un clapotis ?

Et pendant combien de temps encore les artifices du pouvoir, le contrôle exclusif de la violence et de la redistribution des ressources pétrolières pourront contenir le vent nouveau et les aspirations d'une société civile dopée par le printemps arabe et désormais bruissante de micro-mobilisations politiques? Alors que les élections organisées au Maroc, en Tunisie et en Egypte ont produit des Assemblées dominées par les islamistes, en Algérie, au contraire, les partis islamistes ont été laminés. Le FLN et son allié, le Rassemblement national démocratique (RND), parti du premier ministre, remportent à eux deux la majorité absolue, avec 288 sièges sur 462, dont 220 pour le FLN. L'Alliance verte, coalition électorale de trois partis islamistes, n'arrive qu'en troisième position, avec seulement 48 députés. L'Alliance verte a dénoncé une «fraude massive » et annoncé son intention de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Le pouvoir algérien avance, pour sa part, une explication simple à la stabilité de l'électorat : le profond traumatisme de la guerre civile des années 1990. Il évoque aussi la confusion qui règne en Egypte, en Libye et dans le Sahel qui ont rendu les Algériens prudents. La rente du pétrole, grâce à laquelle le régime a pu distribuer à la population une série d'augmentations bienvenues lorsque le printemps arabe a menacé de se propager en 2011, est un autre facteur de stabilisation. Les élections du 10 mai ont produit une autre spécificité algérienne, beaucoup plus positive : l'irruption massive des femmes au Parlement, à la suite de l'introduction de quotas dans les listes électorales. Elles seront 145, soit près d'un tiers des députés, dans la nouvelle Assemblée algérienne. Pour parler de ce printemps prudent, de ce printemps rentré dans le rang, nous avons invité Amel Boubekeur , sociologue, chercheuse àl'EHESS et à l'ENS, auteur notamment de : *Le voile de la mariée : jeunes musulmanes, voile et projet matrimonial en France * (L'Harmattan, 2004) et Khattar Abou Diab , politologue, enseignant à l'université Paris-Sud, co-auteurdu Dictionnaire géopolitique de l'islamisme , Bayard, 2009 ; et Dictionnaire du Moyen-Orient , Bayard, 2011. Mais il ne sera pas question ce soir que de l'Algérie à contre-courant du printemps arabe, **Les Retours du Dimanche ** se penchent aussi dans la vie des idées qui agitent les pages débats du Monde sur... le dialogue entre Edgar Morin et Francois Hollande... Enfin notre tour du monde, en compagnie de Corine Lesnes , correspondante du Monde aux Etats-Unis, se projette aux sommets du G8 et du G20 où le nouveau Président Français

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manifestant algérien
manifestant algérien
© Radio France
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Production
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Avril Ventura
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