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Zaki Laïdi, Alain Frachon et Jean-Luc Gréau © Radio France

Les chantres de « la mondialisation heureuse » seraient-ils en train de déchanter ? L’illusion d’une planète prospère s’en est allée en 2008, entraînée par la crise économique et financière, celle de l’Euro et de la dette souveraine qui met les Etats au bord de faillite et les peuples au bord de la crise de nerfs. Dans la vieille Europe, des Indignés crient leur colère face à des Etats impuissants à contrôler des marchés financiers débridés… Et voici qu’émerge dans le débat public, le concept de démondialisation. Ses nouveaux apôtres prônent une relocalisation de l’économie, un protectionnisme ciblé, voire à une sortie de l’euro. Une « contre-révolution libérale » en somme, un contrôle démocratique de l’économie « Réactionnaire », « absurde », « irréaliste », « démagogique » crient les détracteurs. Il n’empêche, le débat enflamme les primaires socialistes et s’invite, de fait, dans la prochaine élection présidentielle...

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Après la « déconstruction », qui visait en philosophie à faire vaciller la toute puissance de la Raison, puis la « décroissance », qui propose de sortir des errements du développement, la « démondialisation » gagne en effet l’opinion. Il faut tout d’abord rappeler qu’il s’agit d’un concept forgé en 2002 par le sociologue philippin Walden Bello, qui fit ses études à Princeton et qui a connu l’exil aux Etats-Unis sous la dictature du président Marcos. Pour lui – et les adeptes de son concept, qui vont d’Arnaud Montebourg à Nicolas Dupont-Aignan, en France, ou du démographe Emmanuel Todd à l’économiste Jacques Sapir, la mondialisation désintègre les liens économiques, politiques et communautaires qui fondaient les nations. Face aux délocalisations, il convient de relocaliser les économies, et pour certains – ni plus ni moins – de démanteler le FMI. Puisque les nations européennes ne sont pas homogènes en terme de balance commerciale ou d’inflation, il faut sortir de l’euro. Ce concept détrône celui d’altermondialisation. Mais il est sévèrement combattu par ceux qui rappellent que le protectionnisme est une idée vaine puisqu’aujourd’hui, le I-Phone, exporté de Chine vers l’Europe, est composé à plus de la moitié de composant et de technologie venant d’ailleurs. Bref, sortie de la religion du marché d’un côté, et chimère de la préférence nationale appliquée à l’économie, de l’autre.

Régulation ou démondialisation : pour en débattre ce soir dans vos Retours du dimanche, nous accueillons l’économiste Jean-Luc Gréau , ancien expert du Medef qui a notamment écrit "La trahison des économistes" (Gallimard, 2008) et Zaki Laïdi , directeur de recherche à Sciences Po et fondateur du site ainsi que de l’agence intellectuelle Télos, et auteur de nombreux ouvrages, comme "Le Monde selon Obama", (Stock, 2010).

Mais, il ne sera pas question ce soir que du combat entre les fétichistes de la globalisation et les thuriféraires de la démondialisation. Place à la querelle née de manuels de Sciences de la vie et de la terre (SVT), accusés d’introduire le loup (social) du genre dans la bergerie (naturelle) de la biologie. Car l’identité sexuelle, expliquée aux enfants à coups de photos de la Gay Pride, réveille des clivages entre la droite et la gauche et déchaîne la polémique sur les « études de genre » ou si vous préférez les « gender studies ». Enfin, cette semaine, vos Retours se font prospectifs. Cap avec Alain Frachon , directeur éditorial au Monde, sur le débat à venir: la demande d’adhésion de l’Etat de Palestine à l’ONU …

Références

L'équipe

Nicolas Truong
Production
Agnès Chauveau
Production
Avril Ventura
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation